Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400932
mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2400932 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 mars, 11 avril et 22 juillet 2024,
Mme B C, née A, demande au tribunal d'annuler les décisions des 15 février et 19 juin 2024 par lesquelles la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire a rejeté, partiellement, ses demandes de remise gracieuse des sommes de 2 585,13 euros et de 599,51 euros de prime d'activité indument perçues.
Elle soutient qu'elle ne peut rembourser les sommes restant dues de 1 551,08 euros et 449,53 euros dès lors que son mari est décédé, que ses ressources sont faibles, qu'elle a une fille handicapée à charge.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 octobre et 30 octobre 2024, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requérante n'est pas recevable à contester la décision du 19 juin 2024 ;
- la requérante est responsable de l'indu de 2 585,13 euros de prime d'activité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme charge de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé aux allocations ou à leur montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
3. Pour solliciter une remise gracieuse des sommes de 1 551,08 euros et de 449,53 euros restant dues sur des indus de 2 585,13 euros et de 599,51 euros, la requérante soutient que son mari est décédé, que ses ressources sont faibles, qu'elle a une fille handicapée à charge. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'indu de 2 585,13 euros résulte de l'omission de déclaration de pensions versées par la mutualité sociale agricole et la CARSAT. Par ailleurs, si la requérante produit diverses pièces pour justifier de ses charges, elle ne donne aucun élément sur le montant total des ressources et des charges mensuelles de son foyer ne permettant pas ainsi au tribunal d'apprécier la situation financière de son foyer. Dans ces conditions et compte tenu des remises gracieuses accordées par la caisse d'allocations familiales sur la base d'un quotient familial de 625 euros et de 693 euros qui prend en compte les ressources, les charges et la composition du foyer, il ne résulte pas de l'instruction que, à la date du présent jugement il devrait être fait droit à la demande de Mme C tendant à la remise gracieuse des sommes de 1 551,08 euros et de 449,53 euros de prime d'activité restant dues par elle.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales, que la requête de Mme C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
Le magistrat désigné,Le greffier,
Jean-Michel DELANDRE Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.