Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2401039

lundi 30 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2401039
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en urgence, a rejeté la requête de Mme B contestant le rejet partiel de ses demandes de remise gracieuse d’indu de revenu de solidarité active (RSA) et de prime d’activité. Les indus, d’un montant total initial de 4 003,50 euros, avaient déjà été réduits de moitié par la caisse d’allocations familiales du Cher. Le juge a estimé que la déclaration tardive du séjour en Turquie par la requérante et l’absence de preuve de sa précarité ne justifiaient pas une remise supplémentaire. La décision s’appuie sur le code de l’action sociale et des familles et le code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mars 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 19 décembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Cher a rejeté partiellement sa demande de remise gracieuse de la somme de 3 080,92 euros de revenu de solidarité active indûment perçue et la décision du 19 janvier 2024 par laquelle la caisse a rejeté partiellement sa demande de remise gracieuse de la somme de 922,58 euros de prime d'activité indûment perçue.

Elle soutient qu'elle n'arrivait pas à retrouver du travail en France et elle est partie en Turquie pour travailler ce dont elle a informé la caisse d'allocations familiales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2024, le département du Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la demande de la requérante n'est pas fondée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2024, la caisse d'allocations familiales du Cher conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la demande de la requérante n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active et de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

2. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les indus de revenu de solidarité active et de prime d'activité d'un montant respectif de 3 080,92 euros et de 922,58 euros ont été ramenés à 1 540,46 euros et 461,29 euros par les décisions attaquées. Ces indus ont pour origine l'omission de déclaration par la requérante de son séjour en Turquie du 1er janvier au 31 mai 2023. Sans contester l'indu d'aide personnelle au logement, la requérante demande la remise gracieuse totale de sa dette en faisant valoir qu'elle a déclaré son départ en Turquie à la caisse d'allocations familiales. Toutefois, elle n'a fait cette déclaration que le 31 mai 2023, soit après son retour en France. Cette déclaration tardive lui a permis de percevoir indûment le revenu de solidarité active et la prime d'activité. En outre, elle ne produit aucun décompte mensuel de l'ensemble des ressources et des charges de son foyer permettant au tribunal d'apprécier sa capacité de remboursement des sommes de 1 540,46 euros et de 461,29 euros. Dans ces conditions et compte tenu de l'ensemble des éléments précités, il ne résulte pas de l'instruction que, à la date du présent jugement, la situation de précarité de la requérante serait telle qu'il devrait être fait droit à sa demande de remise gracieuse des sommes précitées.

3. Il résulte de qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la caisse d'allocations familiales du Cher et au département du Cher.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2024.

Le magistrat désigné,Le greffier,

Jean-Michel DELANDRELaurent BOUSSIERES

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi et au préfet du Cher, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.