Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2401681
mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401681 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 avril 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 23 février 2024 procédant au classement sans suite de sa demande de naturalisation.
Il soutient qu'il a produit tous les documents qui lui ont été demandés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les dispositions de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993 prescrivent que " L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ".
2. M. A B, ressortissant marocain, a présenté une demande de naturalisation par courrier recommandé avec accusé de réception le 28 septembre 2022. Il a reçu une mise en demeure datée du 14 novembre 2024 de produire avant le 15 décembre 2023 des documents qu'il avait déjà transmis et l'original de son acte de naissance algérien. Il a envoyé un mail le 8 décembre 2023 signalant cette erreur et il a reçu par mail une réponse le jour même confirmant qu'il s'agissait d'une erreur et lui indiquant que le document à transmettre est l'original de la copie intégrale de son acte de naissance marocain en langue arable accompagné de l'original de la traduction et qu'un timbre fiscal de 55 euros lui était demandé au motif que lors de l'envoi initial son timbre n'a pas été transmis à la plateforme. M. B, qui produit un mail du 14 décembre 2023 aux termes duquel il a envoyé lesdits documents par envoi recommandé avec accusé de réception le 13 décembre 2023 et soutient avoir reçu confirmation de leur réception le 24 janvier 2024, demande au tribunal d'annuler la décision du 23 février 2024 procédant au classement sans suite de sa demande de naturalisation au motif qu'il n'a pas produit les autres documents demandés le 14 novembre 2023.
3. Le préfet d'Indre-et-Loire soutient aux termes de ses écritures en défense que le requérant n'a transmis les documents relatifs à son acte de naissance que le 27 février 2024, soit au-delà du délai imparti et postérieurement à la décision attaquée en date du 23 février 2024.
4. S'il ressort des pièces du dossier qu'ainsi qu'il est dit au point 2 M. B produit un mail de la plate-forme de la naturalisation de la préfecture d'Indre-et-Loire en date du 24 janvier 2024 accusant réception des pièces qu'il a transmises, il n'établit, par la seule production de la copie d'un bordereau d'un recommandé avec accusé réception acquitté le 13 décembre 2023 sur lequel ne figure au demeurant pas de destinataire ni d'expéditeur, ni avoir procédé à cet envoi, ni son contenu, ni que celui-ci a été reçu en préfecture. Par suite, en l'état du dossier, le moyen tiré de ce que la préfecture a à tort procédé au classement sans suite de sa demande de naturalisation ne peut qu'être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède, et en tout état de cause, le courrier de classement sans suite ne constituant pas, lorsque le dossier n'est pas complet et n'a pas été complété dans le délai imparti par des pièces essentielles conformes, une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A B, qui peut saisir de nouveau le préfet d'Indre-et-Loire d'une nouvelle demande de naturalisation en produisant devant cette autorité toutes les pièces conformes nécessaires à l'instruction de sa demande, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet d'Indre-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 3 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Keiflin, première conseillère,
M. Garros, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.
La présidente-rapporteure,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
L'assesseure la plus ancienne,
Laura KEIFLIN
Le greffier,
Vincent DUNET
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.