Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2401846
mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401846 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | SELARL EQUATION AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête, enregistrée le 10 mai 2024 sous le n° 2401846, Mme C H née E, représentée par la Selarl Equation Avocats, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2024 du préfet d'Indre-et-Loire l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixant le pays de destination de sa reconduite et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire jusqu'à la décision de la cour nationale du droit d'asile ;
3) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile ;
4) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire méconnaît l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire sera accordée en application des articles L. 542-6 et L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée en conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, est entachée d'une erreur de fait, n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux de sa situation personnelle et méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée en conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire et de la décision fixant le pays de renvoi et elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2024, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requérante ne sont pas fondés.
II - Par une requête, enregistrée le 10 mai 2024 sous le n° 2401847, Mme A H, représentée par la Selarl Equation Avocats, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 23 avril 2024 du préfet d'Indre-et-Loire l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixant le pays de destination de sa reconduite et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire jusqu'à la décision de la cour nationale du droit d'asile ;
3) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
4) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le refus de séjour n'est pas suffisamment motivé, est entaché d'un vice de procédure et méconnait l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'obligation de quitter le territoire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de séjour et méconnaît l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire sera accordée en application des articles L. 542-6 et L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée en conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, est entachée d'une erreur de fait, n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux de sa situation personnelle et méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée en conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire et de la décision fixant le pays de renvoi et elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet d'Indre-et-Loire qui n'a pas produit de mémoire.
III - Par une requête, enregistrée le 10 mai 2024 sous le n° 2401848, M. B H, représenté par la Selarl Equation Avocats, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 23 avril 2024 du préfet d'Indre-et-Loire l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixant le pays de destination de sa reconduite et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire jusqu'à la décision de la cour nationale du droit d'asile ;
3) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile ;
4) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le refus de séjour n'est pas suffisamment motivé, est entaché d'un vice de procédure et méconnait l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'obligation de quitter le territoire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de séjour et méconnaît l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire sera accordée en application des articles L. 542-6 et L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée en conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, est entachée d'une erreur de fait, n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux de sa situation personnelle et méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée en conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire et de la décision fixant le pays de renvoi et elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet d'Indre-et-Loire qui n'a pas produit de mémoire.
Mme E, M. H et Mme G ont été admis à l'aide juridictionnelle totale par décisions du 14 juin 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision du 9 octobre 2015 fixant la liste des pays d'origine sûrs du conseil d'administration de l'office français de protection des réfugiés et apatrides ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mmes H, nés en Arménie les 10 juillet 1970, 12 août 1974 et en Russie le 1er novembre 2003, ont déclaré être entrés en France le 4 août 2023 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités grecques le 21 juillet 2023 valable du 27 juillet au
25 août 2023. Le 5 septembre 2023, ils ont sollicité leur admission au séjour au titre de l'asile auprès des services de la préfecture du Loiret. Leurs demandes ont été rejetées par des décisions du 21 décembre 2023 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, notifiées le
18 janvier 2024. Par ailleurs, Mme A et M. B H ont sollicité, le 20 novembre 2023, leur admission au séjour au titre de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par les arrêtés attaqués des 8 et 23 avril 2024, le préfet d'Indre-et-Loire a rejeté les demandes d'admission au séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils seront éventuellement reconduits et leur a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
2. Les trois requêtes susvisées de M. et Mmes H ont pour objet le droit au séjour d'un couple d'étrangers et de leur fille majeure. Elles présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les refus de séjour opposés à M. B H et à Mme A H :
3. En premier lieu, les décisions de refus de séjour attaquées des 23 avril 2024 opposées à M. B et Mme A H visent la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention de Schengen, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le code des relations entre le public et l'administration et mentionnent les éléments de fait propres à la situation des requérants, notamment relatifs à leur état de santé, à raison desquels le préfet a refusé de leur délivrer un titre de séjour au titre de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, le préfet a indiqué qu'après un examen approfondi de la situation, aucun élément du dossier ni aucune circonstance particulière ne justifie de s'écarter de cet avis. Ainsi, le préfet ne s'est pas cru lié par l'avis du collège de médecins mais a estimé qu'aucun élément du dossier des requérants et aucune circonstance particulière ne permettait de contredire l'avis du collège des médecins. Il suit de là que le préfet n'a pas méconnu sa compétence et la décision de refus de séjour est suffisamment motivée au regard de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". En vertu de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins. Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. En cas de défaut de présentation de l'étranger lorsqu'il a été convoqué par le médecin de l'office ou de production des examens complémentaires demandés dans les conditions prévues au premier alinéa, il en informe également le préfet. Dans ce cas le récépissé de demande de première délivrance d'un titre de séjour prévu à l'article R. 431-12 n'est pas délivré. Lorsque l'étranger dépose une demande de renouvellement de titre de séjour, le récépissé est délivré dès la réception, par le service médical de l'office, du certificat médical mentionné au premier alinéa. Le collège peut demander au médecin qui suit habituellement le demandeur, au médecin praticien hospitalier ou au médecin qui a rédigé le rapport de lui communiquer, dans un délai de quinze jours, tout complément d'information. Le demandeur en est simultanément informé. Le collège de médecins peut entendre et, le cas échéant, examiner le demandeur et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. Il peut être assisté d'un interprète et d'un médecin. Lorsque l'étranger est mineur, il est accompagné de son représentant légal. () ". Enfin, en vertu de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, le collège de médecins du service médical de l'OFII désigné afin d'émettre un avis doit préciser : " a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".
5. D'une part, les requérants soutiennent qu'il n'est pas démontré que les avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration concernant
Mme A et M. B H ont été émis conformément à l'article 6 de l'arrêté du
27 décembre 2016 précité, notamment quant à la collégialité des débats et à l'interdiction faite au médecin qui a établi le rapport médical de siéger au sein du collège des médecins. Toutefois, le préfet d'Indre-et-Loire produit les avis du collège des médecins en date du 27 mars 2024 qui mentionnent le nom du médecin rapporteur ainsi que les noms des trois médecins formant le collège qui ont rendu l'avis, lequel ne comprend pas le médecin rapporteur, ainsi que les " bordereaux de transmission " mentionnant que les rapports médicaux ont été établis le 4 mars 2024 par le docteur D F et que les rapports de ce médecin ont été transmis au collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration le 5 mars 2024 lequel a rendu ses avis le 27 mars 2024 après en avoir délibéré ainsi que le mentionnent les avis. Au demeurant, les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus, pour répondre aux questions posées, de procéder à des échanges entre eux, l'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative et, par suite, la circonstance que, dans certains cas, ces réponses n'aient pas fait l'objet de tels échanges, oraux ou écrits, est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis. Aucun élément des dossiers ne permet d'établir que le docteur F aurait participé aux délibérations des deux collèges de médecins. En outre, les avis comportent la signature des trois médecins du collège ainsi que, de manière lisible, leurs prénoms et noms. Les dispositions précitées de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 n'exigent pas que la signature des médecins soit lisible. Par ailleurs, les dispositions des articles L. 212-1 et L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration ne peuvent être utilement invoquées à l'encontre de l'avis du collège des médecins, qui ne lie pas le préfet, dès lors qu'elles ne s'imposent à peine d'illégalité qu'aux décisions prises par les autorités administratives. De même, les dispositions de l'article 1367 du code civil ne peuvent davantage être utilement invoquées à l'encontre de l'avis dès lors que ces dispositions ne s'appliquent qu'aux actes juridiques lesquels sont, selon l'article 1100-1 du même code, des manifestations de volonté destinées à produire des effets de droit. Si les requérants mettent en doute l'authenticité des signatures des médecins, la circonstance que leurs signatures aient été apposées sous la forme de fac-similés n'est pas de nature à établir que les intéressés, dont l'identité est clairement précisée, n'en seraient pas les auteurs. Il est constant en tout état de cause que l'application informatique dénommée Thémis, qui permet l'apposition des signatures électroniques, n'est accessible aux médecins signataires qu'au moyen de deux identifiants et de deux mots de passe qui leur sont propres et qu'elle présente ainsi les garanties de sécurité de nature à assurer l'authenticité des signatures ainsi que le lien entre elles et leurs auteurs. En outre, les docteurs Alain Sébille Medzo, Christian Nétillard, Pierre Horrach, José-Hector Aranda Grau, Laurent Ruggieri et Charles Candillier, qui composaient les deux collèges de médecins, ont été régulièrement désignés par la décision du
11 janvier 2024 du directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration modifiant la décision du 17 janvier 2017, régulièrement publiée sur le site internet de l'office, portant désignation au collège de médecins à compétence nationale de l'office français de l'immigration et de l'intégration. Enfin, si les requérants soutiennent que l'avis du collège de médecins concernant Mme A H mentionne qu'elle est de nationalité arménienne alors qu'elle est de nationalité russe, cette erreur sur la nationalité a été, en tout état de cause, sans incidence sur la régularité de l'avis dès lors que cet avis indique que l'état de santé de Mme A H nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'ainsi, le collège de médecins n'avait pas à se prononcer sur la possibilité pour l'intéressée de bénéficier de soins appropriés à son état de santé soit en Russie, soit en Arménie. Il s'ensuit que les avis ont été émis dans le respect des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'arrêté du 27 décembre 2016, notamment dans le respect de la règle selon laquelle le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Par suite, le moyen des requérants tiré de l'irrégularité de la procédure suivie devant le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ne peut être accueilli.
6. D'autre part, selon les avis du 27 mars 2024 du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, l'état de santé de Mme A et de M. B H nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et leur état de santé peut leur permettre de voyager sans risque vers leur pays d'origine. Aucun des documents médicaux que les intéressés produisent ne précise que le défaut de prise en charge de leurs pathologies aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, Mme A et M. B H ne peuvent prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les obligations de quitter le territoire :
7. En premier lieu, il ressort de ce qui précède que les refus de séjour opposés à Mme A et M. B H ne sont pas entachés d'illégalité. Par suite, les intéressés ne sont pas fondés à demander l'annulation des obligations de quitter le territoire en conséquence de l'annulation des refus de séjour.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :/ () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. /. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin :1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : 1° () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; () /. Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. ".
9. En l'espèce, le préfet d'Indre-et-Loire a pris les obligations de quitter le territoire attaquées au motif que les demandes d'asile des requérants présentées le 5 septembre 2023 avaient été rejetées par des décisions du 21 décembre 2023 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides notifiées le 18 janvier 2024 et qu'au regard des dispositions du d) du 1° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les intéressés ne disposaient plus du droit de se maintenir sur le territoire français.
10. Les requérants soutiennent que si l'autorité administrative est en droit de prendre en considération la décision prise par l'office français de protection des réfugiés et apatrides, l'examen et l'appréciation portée par cette instance sur les faits allégués et les craintes énoncées ne lient pas l'autorité administrative qui ne peut motiver sa décision uniquement par référence à l'autorité de la chose jugée et que le fait que l'office ait rejeté leurs demandes d'asile n'exempte pas le préfet de l'examen du risque au titre de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, il ne ressort pas des pièces des dossiers, et notamment des termes des arrêtés attaqués, que le préfet d'Indre-et-Loire se serait cru lié par les décisions de l'office français de protection des réfugiés et apatrides. Par ailleurs, l'obligation de quitter le territoire n'a pas pour objet de fixer le pays de destination de l'étranger, lequel est déterminé par une décision distincte et, par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison des risques encourus en cas de retour dans leur pays d'origine est, en tout état de cause, inopérant à l'encontre des obligations de quitter le territoire. En outre et en tout état de cause, ils n'ont pas la qualité de réfugié politique à la date des décisions attaquées et ne peuvent donc se prévaloir des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève qui n'est applicable qu'aux étrangers auxquels cette qualité a été reconnue.
Sur les décisions fixant le pays de renvoi :
11. En premier lieu, il ressort de ce qui précède que les obligations de quitter le territoire français ne sont pas entachées d'illégalité. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions fixant le pays de renvoi en conséquence de l'annulation des obligations de quitter le territoire.
12. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces des dossiers que le préfet d'Indre-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle des requérants avant de prendre les décisions fixant le pays de destination.
13. Enfin, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
14. Les arrêtés attaqués mentionnent dans leurs visas que les intéressés ont la nationalité arménienne et précisent, à l'article 2 ou 3 de leur dispositif, que s'ils n'ont pas quitté le territoire français à l'expiration du délai de départ volontaire, les décisions d'éloignement seront mises à exécution à destination du pays dont ils déclarent posséder la nationalité et précisent, à l'article 2 ou 3 de leur dispositif, que s'ils n'ont pas quitté le territoire français à l'expiration du délai de départ volontaire, les décisions d'éloignement seront mises à exécution à destination du pays dont ils déclarent posséder la nationalité, l'arrêté concernant Mme C H précisant, en outre, " à savoir l'Arménie " ou de tout pays dans lequel ils sont légalement admissibles ou de tout pays dans lequel ils sont légalement admissibles.
15. D'une part, les requérants soutiennent que le préfet d'Indre-et-Loire a commis une erreur de fait en considérant, à tort, qu'ils avaient la nationalité arménienne alors qu'ils ont la nationalité russe. Si M. et Mme B et C H produisent la copie, avec la traduction, de leurs passeports russes délivrés en 2015, il ressort de leurs actes de naissance, également produits par eux, qu'ils sont nés en Arménie les 10 juillet 1970 et 12 août 1974. De même, Mme A H produit une copie de son acte de naissance selon lequel elle est née dans la ville de Toula en Russie le 1er novembre 2003 et ses père et mère sont de nationalité arménienne. En outre, M. et Mme B et C H indiquent, dans leurs requêtes, qu'ayant vécu trente-cinq et trente-quatre ans en Russie, ils ont obtenu, en 2015, la nationalité et un passeport russe et, dès lors, admettent qu'ils avaient jusqu'alors la nationalité arménienne. Par ailleurs, les attestations de demande d'asile délivrées le 3 mai 2024 par les services préfectoraux du Loiret à la suite de leurs demandes de réexamen de leurs demandes d'asile mentionnent qu'ils ont la nationalité arménienne. Ainsi, les requérants n'établissent pas qu'ils n'auraient pas ou auraient perdu, en 2015, la nationalité arménienne même si M. B et Mme C H justifient résider en Russie depuis leur départ d'Arménie en 1987 et 1988 et ont obtenu un passeport russe en raison de leur durée de séjour en Russie. Par suite, l'erreur de fait alléguée n'est pas établie et ils doivent être regardés comme ayant les nationalités russe et arménienne.
16. D'autre part, les requérants soutiennent qu'ils craignent d'être exposés à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Russie en raison de l'insoumission de
M. H à la mobilisation dans le cadre de la guerre en Ukraine. Toutefois, ils se bornent à produire le livret militaire de l'intéressé et une convocation, avec sa traduction, de la commission régionale d'appel du service militaire de la région de Toula. Compte tenu de leur contenu, ces documents sont insuffisants pour établir que les requérants feraient l'objet de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Russie. En outre, ils soutiennent que si M. H devait être considéré comme étant de nationalité arménienne, il court un risque sérieux en cas de retour en Arménie d'être renvoyé en Russie afin de combattre. Mais cette circonstance n'est pas, en elle-même, de nature à établir qu'ils feraient l'objet de persécutions en cas de retour en Arménie ou en Russie. D'ailleurs, l'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leurs demandes d'asile. Par suite, les décisions fixant le pays de renvoi ne méconnaissent pas les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les interdictions de retour sur le territoire français :
17. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 621-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
18. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
19. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
20. En premier lieu, il ressort de ce qui précède que les obligations de quitter le territoire français et les décisions fixant le pays de destination ne sont pas entachées d'illégalité. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français doivent être annulées en conséquence de l'annulation des obligations de quitter le territoire et des décisions fixant le pays de renvoi.
21. En second lieu, les requérants soutiennent que les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français sont disproportionnées dans la mesure où seulement deux critères sur quatre sont susceptibles de justifier une telle mesure en faisant valoir que si les arrêtés attaqués font apparaître les quatre critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet en tire une conclusion totalement contradictoire de leur application car ils ne représentent pas une menace pour l'ordre public et ils n'ont jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Toutefois, les dispositions précitées au point 17 n'imposent pas que, pour prendre une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'étranger remplisse les quatre critères qui y sont mentionnés mais précisent que l'édiction et la durée d'une interdiction de retour sur le territoire français doit être appréciée au regard de ces quatre critères. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que les requérants sont entrés très récemment en France, le 4 août 2023, qu'ils font l'objet de décisions similaires, que la demande d'asile de leur fils et frère mineur a été rejetée et qu'ils n'établissent pas, ni même n'allèguent, avoir des attaches familiales en France et en être dépourvus dans leur pays d'origine. Par suite, alors même que les requérants ne représentent pas une menace pour l'ordre public, le préfet d'Indre-et-Loire, qui a pris en compte les quatre critères prévus à l'article
L. 612-10 précité, était en droit, pour ces motifs, de prendre des interdictions de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions tendant à la suspension de l'exécution des mesures d'éloignement :
22. Aux termes de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b, c ou d du 1° de l'article L. 542-2, l'étranger peut demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement. / Cette demande est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 752-5 à L. 752-12 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2. () ". Aux termes de l'article L. 752-5 du même code : " L'étranger () peut () demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision () soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 752-6 du même code : " Lorsque le juge n'a pas encore statué sur le recours en annulation formé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 614-1, l'étranger peut demander au juge déjà saisi de suspendre l'exécution de cette décision ". Selon l'article L. 752-11 du même code :
" () le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 () fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".
23. Il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à la demande de protection, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office. A l'appui de ses conclusions à fins de suspension, le requérant peut se prévaloir d'éléments apparus et de faits intervenus postérieurement à la décision de rejet ou d'irrecevabilité de sa demande de protection ou à l'obligation de quitter le territoire français, ou connus de lui postérieurement.
24. En application des dispositions précitées, les requérants demandent de suspendre l'exécution des obligations de quitter le territoire des 8 et 23 avril 2024 du préfet d'Indre-et-Loire. Toutefois, ils ne produisent aucun élément ou document de nature à créer un doute sérieux sur le bien-fondé des décisions de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 21 décembre 2023. Dès lors, il n'y a pas lieu de suspendre l'exécution des obligations de quitter le territoire français prises les 8 et 23 avril 2024 à l'encontre des requérants dans l'attente que la cour nationale du droit d'asile se prononce sur le bien-fondé de leurs demandes de protection.
25. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de M. et Mmes H doivent être rejetées, y compris, par voie de conséquence, leurs conclusions en injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes présentées par M. et Mme H sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B H, à Mme C H née E, à Mme A H et au préfet d'Indre-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel DELANDRE
La greffière,
Céline BOISGARDLa République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2401846