Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2401859
mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401859 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 mai 2024, la SAS du Chapitre de Vallières, représentée par M. A en qualité de président, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du président du syndicat mixte de gestion de la cuisine centrale de Fondettes du 26 février 2024 de conclure un contrat de commodat avec la commune de Fondettes à compter du 1er mars 2024 portant sur la parcelle cadastrée section YC n° 149 ;
2°) de mettre à la charge dudit syndicat les dépens et frais irrépétibles en application des dispositions des articles R. 761-1 et L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision est illégale au motif que :
- elle est entachée d'une erreur matérielle dès lors qu'elle ne peut se fonder sur une décision qui lui est postérieure ;
- la motivation est erronée ;
- elle est privée de base légale dès lors que l'objectif recherché n'est pas réaliste.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil, et notamment les articles 1875 et suivants ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat mixte de gestion de la cuisine centrale de Fondettes, créé en 2010 par la commune de Fondettes (37230) et le département d'Indre-et-Loire, a pour objet de fournir une alimentation de qualité, locale et biologique et servir 370.000 repas par an. La commune de Fondettes, en sa qualité de propriétaire de la parcelle cadastrée section YC n° 149 d'une superficie de 4.823 m² au lieudit " La Saulaie ", a conclu avec ledit syndicat un contrat de prêt à usage concernant cette parcelle à compter du 1er mars 2024 pour une durée de 3 ans renouvelable par tacite reconduction. Le maire de la commune a adopté une décision en ce sens le 26 février 2024. Ce même jour, le président du syndicat mixte a conclu avec ladite commune une convention de commodat " dans le cadre d'une parcelle agricole " à compter du 1er mars 2024. Ces deux actes du 26 février 2024 précisent que le prêt est gratuit et que l'immeuble dont s'agit est destiné à une activité de maraîchage. L'article 3 de la décision du 26 février 2024 du président du syndicat mixte prévoit que les cultures produites sur cette parcelle seront destinées à constituer les menus pour nourrir les convives du syndicat mixte selon les objectifs fixés par les collectivités constituantes. La SAS du Chapitre de Vallières demande au tribunal d'annuler la seule décision du 26 février 2024 du président du syndicat mixte de gestion de la cuisine centrale de Fondettes.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative: " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".
3. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique () est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ". Selon l'article L. 2211-1 du même code : " Font partie du domaine privé les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1, qui ne relèvent pas du domaine public par application des dispositions du titre Ier du livre Ier. () ".
4. La contestation par une personne privée de l'acte par lequel une personne morale de droit public ou son représentant, gestionnaire du domaine privé, initie avec cette personne privée, conduit ou termine une relation contractuelle, quelle qu'en soit la forme, dont l'objet est la valorisation ou la protection de ce domaine et qui n'affecte ni son périmètre ni sa consistance, ne met en cause que des rapports de droit privé et relève, à ce titre, de la compétence du juge judiciaire.
5. L'acte contesté a trait, selon son énoncé, à la conclusion d'une convention de commodat, ou prêt à usage, portant sur " une parcelle agricole " non aménagée et les photographies produites montrent une parcelle clôturée de près de 0,5 hectare qui est en friche depuis plusieurs années. Il ne ressort d'aucun des éléments produits à l'appui du présent recours que la parcelle cadastrée section YC n° 149 de 4.823 m² située au lieudit " La Saulaie " à Fondettes et qui est seulement destinée à une activité maraîchère serait affectée à l'usage direct du public, tant du fait de sa situation que de son absence d'usage, ou affectée à une activité de service public, ni qu'elle l'aurait été ou le serait de manière certaine. Dans ces conditions, la présente contestation qui a trait à la conclusion d'une convention d'occupation d'une dépendance relevant du domaine privé de la commune de Fondettes ne relève manifestement pas de la juridiction administrative. Il s'ensuit qu'il a lieu de rejeter la présente requête en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1, 4° du code de justice administrative,
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du syndicat mixte de gestion de la cuisine centrale de Fondettes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme, au demeurant non chiffrée, que demande la SAS du Chapitre de Vallières au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SAS du Chapitre de Vallières est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS du Chapitre de Vallières.
Copie en sera adressée pour information à la commune de Fondettes et au syndicat mixte de gestion de la cuisine centrale de Fondettes.
Fait à Orléans, le 15 octobre 2024.
Le président de la 5e chambre,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.