Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402078

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402078
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a été saisi par M. et Mme D d'un recours en plein contentieux contre un titre exécutoire émis par la commune de Chambray-les-Tours pour des frais de scolarité à l'école de musique. En cours d'instance, la commune a retiré l'acte litigieux. Le juge, appliquant l'article R. 222-1 du code de justice administrative, a constaté que la requête avait perdu son objet et a prononcé un non-lieu à statuer.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 mai 2024, M. et Mme B D demandent au tribunal d'annuler le titre exécutoire émis le 31 décembre 2023 par le maire de la commune de Chambray-les-Tours d'un montant de 780 € correspond aux frais de scolarité concernant l'école de musique municipale pour l'année 2023.

Ils soutiennent que le titre est illégal au motif que :

- leurs deux enfants étaient inscrits dans cette école en tant que non chambraisiens et ont finalement obtenu une place dans leur commune de résidence à Veigné ;

- ils ont averti l'école de musique le 12 septembre 2023 ;

- ils ne sont pas de mauvaise foi ;

- ils sont dans une situation financière difficile en raison de leur découvert.

Par un mémoire enregistré le 12 octobre 2024, la commune de Chambray-les-Tours conclut au non-lieu à statuer sur la requête au motif qu'elle a procédé au retrait de l'acte litigieux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Selon l'article R. 222-1 du même code : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () ".

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors la disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait pas lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

3. Les deux enfants, C et A, de M. et Mme D ont été inscrits à l'école municipale de musique de Chambray-les-Tours (37170) pour l'année 2023 avant de finalement obtenir une place dans l'école municipale de musique de Veigné (37250) où ils résident. Ils contestent le titre exécutoire émis à leur encontre le 31 décembre 2023 par la commune de Chambray-les-Tours pour un montant de 780 €. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la commune de Chambray-les-Tours justifie avoir procédé au retrait du titre contesté. Aussi la requête de M. et Mme D a-t-elle perdu son objet. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur celle-ci.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. et Mme D.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B D et à la commune de Chambray-les-Tours.

Fait à Orléans, le 21 octobre 2024.

Le président de la 5e chambre,

Samuel DELIANCOURT

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.