Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402209

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402209
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL EQUATION AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Rouillé-Mirza, demande à la juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en date du 16 avril 2024 portant cessation d'octroi des conditions matérielles d'accueil (CMA), jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité ;

2°) d'enjoindre à l OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- née le 1er janvier 1994 de nationalité guinéenne elle a quitté la Guinée le 1er janvier 2022 et a rejoint le territoire européen par l'Espagne, avant d'arriver en France où elle a déposé une demande d'asile ; elle a été placée sous procédure Dublin vers l'Espagne et s'est vue notifier un arrêté de transfert accompagné d'une assignation à résidence ; au mois de janvier, alors qu'elle allait signer au commissariat dans le cadre de son assignation à résidence, on l'a informée qu'un billet d'avion pour un vol à destination de Madrid au départ de l'aéroport de Roissy avait été réservé pour le 31 janvier 2024 à 9h25 ; cependant, étant enceinte de huit mois à cette date, elle a expliqué ne pas pouvoir prendre l'avion. La police lui a demandé leur donner un justificatif de grossesse qu'elle leur a fourni ; elle n'a donc pas été transférée le 31 janvier 2024, mais a continué à respecter son assignation à résidence jusqu'à son accouchement qui a eu lieu le 18 février 2024 à l'Hôpital Bretonneau à Tours ; à la suite de celui-ci, elle a envoyé un justificatif d'hospitalisation au commissariat de Tours et n'est plus allée signer ; le délai de six mois pour procéder au transfert s'étant écoulé, Madame A a déposé une nouvelle demande d'asile en vue d'être enregistrée sous procédure normale ; cependant, lorsqu'elle s'est rendue au guichet unique des demandeurs d'asile (GUDA) le 6 mars 2024, elle a de nouveau été placée sous procédure Dublin ; le même jour, elle s'est vue notifier par l'OFII une décision de notification d'intention de cessation des conditions matérielles d'accueil, au motif qu'elle n'avait " pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en présentant une nouvelle demande d'asile en France après avoir été transférée le 31/01/24 vers l'Espagne " ; elle a présenté ses observations dans un délai de quinze jours suivant la notification de ladite décision, par lettre recommandée avec avis de réception adressée à l'OFII, expliquant qu'elle n'avait jamais pu être transférée du fait de sa grossesse ; l'OFII a cependant maintenu sa position en lui notifiant une décision de cessation des conditions matérielles d'accueil en date du 16 avril 2024 au motif qu'elle a présenté une nouvelle demande d'asile en France après avoir été transférée le 31 janvier 2024 vers l'Espagne, Etat membre responsable de l'instruction de sa demande d'asile et que si elle déclare ne jamais avoir été transférée, son nom, suivi de la mention " Bien embarqué ", apparaît sur le compte rendu d'activité du groupe d'appui à l'embarquement du 31 janvier 2024 fourni par le pôle régional Dublin ;

- la condition d'urgence est remplie car la décision de cessation des CMA préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate sa situation alors qu'elle est accompagnée d'un nourrisson, né le 18 février 2024 et, qu'actuellement hébergée avec son enfant par le 115, elle ne bénéficie d'aucune solution de logement pérenne et dès lors qu'elle la prive de toute ressource, la place dans une situation de précarité extrême ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige car :

* elle est entachée d'une erreur de fait ; d'une part il appartient à l'OFII de produire le compte rendu d'activité du Groupe d'Appui à l'Embarquement du 31/01/2024, fourni par le Pôle Régional Dublin et à supposer que ce document existe, il est manifestement erroné car elle était, à la date indiquée, enceinte de près de neuf mois et démontre avoir accouché au CHRU de Tours le 18 février 2024, seulement 18 jours après la date du prétendu transfert ; elle produit en outre la liste de ses rendez-vous médicaux les 17 janvier 2024, 30 janvier 2024, 12 février 2024 et 14 février 2024 dont il ressort qu'alors sur le point d'accoucher, elle n'a pas pu prendre l'avion pour l'Espagne et revenir en France directement et alors qu'à partir de la 28ème semaine de grossesse, la plupart des compagnies aériennes exigent une attestation d'un professionnel de santé pour assurer qu'aucun problème de santé ne s'oppose à un voyage en avion et qu'au-delà de la 35ème semaine, la plupart des compagnies refusent l'embarquement aux femmes enceintes et qu'à la date du 31 janvier 2024, elle était précisément dans sa 35ème semaine de grossesse ; au surplus, le Foyer " La Nuitée " de l'association Emergence, auprès duquel elle était hébergée du 24 octobre 2023 au 14 mai 2024, témoigne du fait qu'elle n'est pas sortie du territoire durant toute la période d'hébergement ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle compte tenu de sa vulnérabilité particulière, et ainsi d'une méconnaissance de l'article 20 § 5 de la directive " Accueil " et des dispositions de l'article L. 551-16 alinéa 3 du CESEDA, l'obligation des autorités de toujours prendre en compte la vulnérabilité de la personne intéressée s'imposant, peu importe les faits ayant motivé le retrait des conditions matérielles d'accueil ;

* l'OFII a, pour le même motif, entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence ne peut être regardée comme étant remplie car, d'une part, la requérante s'est elle-même placée dans la situation d'urgence qu'elle dénonce en présentant une nouvelle demande d'asile en France après avoir été transférée vers l'Espagne, État membre responsable de l'instruction de sa demande alors qu'elle était parfaitement consciente que la France n'était pas responsable du traitement de sa demande d'asile et qu'elle n'établit pas avoir sérieusement entrepris les démarches nécessaires en Espagne pour l'examen de sa demande d'asile, pays où elle n'est restée que quelques jours ; d'autre part, revenue en France par ses propres moyens, n'apporte aucun élément à l'instance permettant d'attester qu'elle se trouve actuellement dans une situation de précarité, elle ne justifie pas qu'elle serait dépourvue de toutes ressources alors même qu'elle a été en mesure de revenir se présenter devant les autorités françaises à Orléans depuis l'Espagne et elle déclare être hébergée par le dispositif du 115 de sorte qu'elle n'est pas dépourvue de solution d'hébergement avec son fils ; en outre, elle bénéficie de l'accompagnement et de l'assistance qui lui est nécessaire dès lors qu'elle perçoit une aide financière de la part de son conjoint et en tout état de cause, elle bénéficie de l'accompagnement de la SPADA qui peut l'orienter vers son réseau de partenaires pour une aide alimentaire et la distribution de produits d'hygiène le cas échéant et elle est également en mesure de solliciter l'assistance des structures locales si le besoin se présentait et elle n'apporte aucun élément à l'instance permettant d'attester qu'elle aurait effectué toute démarche en ce sens ou se serait vu refuser une telle assistance ; elle n'a fait état d'aucun besoin particulier d'adaptation lors de son entretien du 6 mars 2024 effectué à son retour de transfert et n'a pas plus fourni d'éléments au sein de ses observations permettant de la regarder comme nécessitant une prise en charge particulière alors qu'elle n'apporte par ailleurs aucun élément probant permettant d'attester que l'Espagne ne l'aurait pas prise en charge sur le plan médical ;

- il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée car :

*elle est suffisamment motivée ;

* l'OFII a tenu compte de son courrier d'observations du 15 mars 2024 ;

* l'intéressée, reçue par les services de l'OFII tant à l'enregistrement de sa demande d'asile le 20 juillet 2023 qu'à son retour de transfert le 6 mars 2024, a bénéficié d'un entretien au cours duquel de sa situation personnelle et familiale, dont sa vulnérabilité, a été examinée par un agent formé spécifiquement ;

* il ne ressort de son entretien du 6 mars 2024 aucun besoin particulier d'adaptation ;

* la requérante a bien embarqué le 31 janvier 2024 à 9h25 au vol AF1300, depuis Roissy 2F jusqu'à Madrid, prévu pour son transfert vers les autorités espagnoles ; elle ne saurait légitimement soutenir qu'elle n'était pas en mesure de prendre l'avion alors qu'elle transmet uniquement des comptes rendus de rendez-vous en date du 17 janvier, 30 janvier, 12 février et 14 février 2024 ; elle n'apporte aucun élément permettant d'attester qu'elle aurait effectivement été immobilisée le 31 janvier 2024 à 9h25, date et heure du vol ;

* elle ne produit aucun élément justifiant que les autorités espagnoles en charge de sa demande auraient refusé d'examiner sa demande d'asile ;

* il est manifeste qu'en revenant en France, rendant ineffectifs les objectifs de la procédure Dublin dès lors qu'elle s'est soustraite aux autorités responsables du traitement de sa demande d'asile, la requérante ne pouvait qu'être regardée comme ayant méconnu les exigences des autorités chargées de l'asile ;

* à supposer que le tribunal considère que l'OFII ne pouvait mettre fin à son bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour ce motif, il sollicite qu'il soit substitué aux dispositions du 3° de l'article L. 551-16 du CESEDA, les dispositions du 3° de l'article L. 551-15 du même code et que la décision attaquée soit regardée comme une décision de refus des conditions matérielles d'accueil pour réexamen ;

* la requérante actuellement accompagnée dans ses démarches par la SPADA, les associations et son compagnon, ne fait état d'aucun besoin réel d'adaptation justifiant un rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil eu égard à ce qui a été déjà exposé.

Vu :

- la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

- et la requête au fond n°2402210 présentée par Mme A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Lefebvre-Soppelsa pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 11 juin 2024, présenté son rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Après avoir, à l'issue de l'audience publique, prononcé la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, et alors que Mme A a présenté une demande d'aide juridictionnelle le 23 mai 2024, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge de référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

3. Pour l'application de ces dispositions, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. En l'espèce il résulte de l'instruction que Mme A qui, en qualité de demandeur d'asile, bénéficiait des conditions matérielles d'accueil proposée par l'OFII est, en conséquence de la décision en litige, privée d'hébergement, le dispositif du 115 ne pouvant être regardé comme une solution d'hébergement, et de ressources propres alors même qu'elle est accompagnée de son fils né le 18 février 2024. Dans ces conditions, la condition d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.

5. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. " et aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. "

6. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que la décision attaquée fondée sur les dispositions du 3° de l'article L. 551-16 du CESEDA est entachée d'un défaut d'examen, d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation et les moyens tirés de ce que la décision attaquée si elle était fondée sur les dispositions de l'article L. 551-15 du CESEDA, l'OFII demandant en défense une telle substitution de base légale, est entachée d'un défaut d'examen et d'une erreur d'appréciation, sont de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de cette décision.

7. Il résulte de ce qui précède que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant réunies, il y a lieu de de prononcer la suspension de l'exécution de la décision de l'OFII en date du 16 avril 2024 portant cessation d'octroi des conditions matérielles d'accueil, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur les conclusions tendant à son annulation.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

8. Eu égard aux motifs de la présente ordonnance, il y a lieu d'enjoindre à l'OFII de rétablir provisoirement Mme A dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, dans un délai de 3 jours et à compter de la notification de cette ordonnance, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

9. Mme A étant admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Rouillé-Mirza renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Rouillé-Mirza de la somme de 1 200 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros lui sera versée.

ORDONNE :

Article 1er : Mme B A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'exécution de la décision de l'OFII en date du 16 avril 2024 portant cessation du bénéfice par Mme B A des conditions matérielles d'accueil est suspendue jusqu'à ce que le tribunal se prononce au fond sur la légalité de cette décision.

Article 3 : Il est enjoint au directeur général de l'OFII de rétablir provisoirement Mme B A ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Rouillé-Mirza renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Rouillé-Mirza une somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros lui sera versée.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et à Me Rouillé-Mirza.

Fait à Orléans, le 12 juin 2024.

Le juge des référés,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.