Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402463
vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402463 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juin 2024, M. C A, représenté par Me Rouillé-Mirza, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 juin 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a assigné à résidence dans le département de Loir-et-Cher pour une durée de quarante-cinq jours et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- la délégation consentie au signataire de l'acte n'est pas produite ;
- la mesure d'éloignement du 10 août 2021 n'est pas produite ;
- la décision ne cite pas la version applicable de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision n'est ni nécessaire, dès lors que la mesure d'éloignement a été prise et que son passeport est périmé et qu'ainsi son départ du territoire français ne constitue par une perspective raisonnable, ni proportionnée, compte tenu des obligations de présentation alors qu'il ne dispose d'aucune ressource.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 10 août 2021, le préfet de Loir-et-Cher a obligé M. A, ressortissant arménien né en 1996, à quitter le territoire français dans un délai d'un mois. Le requérant s'étant maintenu irrégulièrement sur le territoire français, le préfet de Loir-et-Cher a décidé son assignation à résidence dans le département de Loir-et-Cher pour une durée de quarante-cinq jours, par l'arrêté litigieux du 17 juin 2024.
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile , dans sa rédaction applicable : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : /1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ". La circonstance que l'arrêté du 17 juin 2024 ne cite pas l'article L. 731-1 dans sa version applicable est sans incidence sur sa légalité.
3. L'arrêté attaqué a été signé par M. Faustin Gaden, secrétaire général de la préfecture de Loir-et-Cher. Par l'article 1er de l'arrêté n° 41-2023-08-21-00023 du 21 août 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 41-2023-08-015, le préfet de Loir-et-Cher lui a donné délégation " à l'effet de signer tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département de Loir-et-Cher () " à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figure pas l'arrêté attaqué. Cet article précise " () qu'à ce titre cette délégation comprend donc, notamment, la signature de tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. La circonstance que l'obligation de quitter le territoire français fondant la mesure d'assignation à résidence a été édictée le 10 août 2021 et que M. A ne dispose que d'un passeport périmé n'a pas par elle-même pour conséquence que son éloignement effectif ne pourrait être regardé comme une perspective raisonnable au sens des dispositions précitées. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ne pourrait obtenir un passeport arménien valide.
5. Si M. A soutient que l'obligation de se présenter les lundis, mercredis et vendredis à 8h30 au commissariat de Blois, sis quai Saint-Jean, est disproportionnée en ce qu'il ne peut acquitter le coût des transports en commun, il n'apporte aucun commencement de preuve suffisant, qu'il est seul à même de produire, au soutien de cette allégation, alors que l'arrêté mentionne qu'il est domicilié 4 rue des Cordeliers à Blois et non à Tours, contrairement à l'attestation de domiciliation auprès de la Croix-Rouge établie en août 2022, produite par le requérant.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
Le magistrat désigné, Le greffier,
Jean-Luc B Sébastien BIRCKEL
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.