mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402516 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL DEREC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 20 juin et 4 novembre 2024, Mme A B, représentée par la Scp Giroire Revalier, demande au juge des référés :
1) d'annuler la décision implicite de rejet, née le 15 juin 2024, par laquelle le centre hospitalier régional universitaire de Tours a rejeté sa demande de provision ;
2) sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner le centre hospitalier régional universitaire de Tours à lui verser la somme provisionnelle de 146 417,96 euros en réparation de ses préjudices subis à la suite de sa prise en charge du 5 au 7 octobre 2021 ;
3) de déclarer le jugement commun à la caisse primaire d'assurance maladie de la Vienne ;
4) de mettre à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Tours les dépens et la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le 4 octobre 2021, elle a bénéficié d'une transplantation rénale à la suite de laquelle une complication est apparue sous forme de thrombose veineuse du greffon nécessitant une transplantectomie le jour même ;
- le lendemain, elle s'est plainte de douleurs à la jambe ;
- un échodoppler et un angioscanner ont mis en évidence l'existence d'une thrombose de l'artère iliaque externe justifiant une troisième intervention chirurgicale en urgence ;
- elle a été prise en charge pour cette intervention en chirurgie vasculaire du 5 au 7 octobre 2021 afin de désobstruer l'artère iliaque externe droite et de mettre en place un stent ;
- à la suite de l'intervention, elle s'est plainte de douleurs abdominales diffuses non soulagées par des antalgiques et d'un déficit du quadriceps droit en lien avec une blessure survenue au cours de l'intervention de transplantectomie ;
- elle a de nouveau été opérée le 26 octobre 2021 en raison d'une infection au niveau de la cicatrice du Scarpa ;
- souffrant de douleurs persistantes ainsi que de vomissements, elle a été hospitalisée le 17 février 2022 et il lui a été diagnostiqué une pancréatite chronique Balthazar E d'évolution défavorable ;
- elle a regagné son domicile le 19 février 2022 ;
- le 15 juin 2022, elle a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux afin d'obtenir une indemnisation de son préjudice ;
- les experts désignés par la commission ont conclu à la responsabilité du centre hospitalier pour accident médical fautif intervenu lors de la réparation artérielle dans les suites de la transplantation rénale droite consistant en la lésion du nerf crural droit ;
- elle a saisi le centre hospitalier d'une demande de provision le 9 avril 2024 ;
- à défaut de réponse, elle demande au tribunal une somme provisionnelle de 146 417,96 euros en réparation des préjudices subis à la suite de la lésion de son nerf crural droit.
Par une ordonnance du 17 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 octobre 2024 à 12 heures.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2024, le centre hospitalier régional universitaire de Tours, représenté par la Selarl Derec, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la créance de la requérante est sérieusement contestable dès lors que la responsabilité pour faute du centre hospitalier n'est pas établie et que ses préjudices ne sont pas justifiés.
Par une ordonnance du 21 octobre 2024, l'instruction a été rouverte.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de la Vienne qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application des articles L. 222-2-1 et L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que le 4 octobre 2021, Mme B a bénéficié au centre hospitalier régional universitaire de Tours d'une transplantation rénale à la suite de laquelle une complication est apparue sous forme de thrombose veineuse du greffon nécessitant une transplantectomie le jour même. Le lendemain, elle s'est plainte de douleurs à la jambe. Un échodoppler et un angioscanner ont mis en évidence l'existence d'une thrombose de l'artère iliaque externe justifiant une troisième intervention chirurgicale en urgence. Elle a été prise en charge pour cette intervention en chirurgie vasculaire du 5 au 7 octobre 2021 afin de désobstruer l'artère iliaque externe droite et de mettre en place un stent. A la suite de l'intervention vasculaire réalisée le 6 octobre 2021, elle s'est plainte de douleurs abdominales diffuses non soulagées par des antalgiques et d'un déficit du quadriceps droit en lien avec une blessure survenue au cours de l'intervention de transplantectomie. Elle a de nouveau été opérée le 26 octobre 2021 en raison d'une infection au niveau de la cicatrice du Scarpa. Souffrant de douleurs persistantes ainsi que de vomissements, elle a été hospitalisée le 17 février 2022 et il lui a été diagnostiqué une pancréatite chronique Balthazar E d'évolution défavorable. Elle a regagné son domicile le 19 février 2022. Le 15 juin 2022, elle a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux afin d'obtenir une indemnisation du préjudice dont elle estimait avoir été victime lors de son hospitalisation. Les trois experts désignés par la commission ont remis leur rapport le 6 janvier 2023. Estimant que selon ce rapport, les praticiens du centre hospitalier avaient commis une faute, elle a saisi le centre hospitalier d'une demande de provision le 9 avril 2024. A défaut de réponse, elle demande au juge des référés d'annuler la décision implicite, née le 15 juin 2024, de rejet de sa demande de versement d'une provision et de condamner le centre hospitalier régional universitaire de Tours à lui verser une somme provisionnelle de 146 417,96 euros en réparation des préjudices qu'elle prétend avoir subis.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de la réclamation indemnitaire de Mme B :
2. La requérante demande, d'une part, l'annulation de la décision implicite, née le 15 juin 2024, du centre hospitalier régional universitaire de Tours rejetant sa réclamation préalable tendant au versement d'une somme provisionnelle en réparation de son préjudice lié à la faute commise par les praticiens du centre hospitalier lors de sa prise en charge du 5 au 7 octobre 2021 et, d'autre part, la condamnation du centre hospitalier à lui verser une somme provisionnelle. La décision implicite du centre hospitalier a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de la requérante qui, en formulant les conclusions sus-analysées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par suite, les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de sa réclamation préalable du 9 avril 2024 ne sont pas recevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions de Mme B aux fins de déclaration de jugement commun à la caisse primaire d'assurance maladie de la Vienne :
3. Seuls peuvent se voir déclarer commun un jugement rendu par une juridiction administrative, les tiers dont les droits et obligations à l'égard des parties en cause pourraient donner lieu à un litige dont la juridiction saisie eût été compétente pour connaître et auxquels pourrait préjudicier ledit jugement dans des conditions leur ouvrant droit à former tierce-opposition à ce jugement. En l'espèce, la caisse primaire d'assurance maladie de la Vienne a été mise en cause par le tribunal de céans dans le cadre de l'instruction de la requête et elle est, par suite, devenue partie à l'instance. Dès lors, les conclusions de la requérante tendant à ce que la présente ordonnance soit déclarée commune et opposable à la caisse primaire d'assurance maladie de la Vienne sont sans objet et doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires de Mme B :
4. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
5. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
6. Il résulte des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle qui résulte du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
7. Pour justifier sa demande de provision, la requérante soutient que selon le rapport des experts désignés par la commission de conciliation et d'indemnisation, le dommage qu'elle a subi consiste en une lésion du nerf crural droit, dûment authentifiée par l'EMG, au cours de la réparation artérielle dont elle a été l'objet dans les suites d'une transplantation rénale droite et que cette lésion résulte d'une faute dans la réalisation de l'opération qui engage, sans aucun doute, la responsabilité du centre hospitalier. Toutefois, si lors de sa réunion du 18 avril 2023, la commission de conciliation et d'indemnisation, se prononçant au vu du rapport des experts, mentionne que la lésion du nerf crural survenue au décours de l'opération de transplantectomie relève d'une maladresse chirurgicale, que le geste n'a donc pas été conforme dans la mesure où est survenu un dérapage de l'instrument chirurgical responsable de lésions et qu'il s'agit d'un geste fautif qui, si le chirurgien maîtrise l'usage de l'instrument, ne doit pas survenir, les experts ont indiqué, dans leur rapport, que la blessure du nerf crural est une maladresse chirurgicale sans, à aucun moment, préciser si, compte tenu des circonstances dans lesquelles l'opération de désobstruction de l'artère iliaque externe droite et de mise en place d'un stent a été réalisée, cette maladresse était fautive ou constituait un accident médical ou un aléa thérapeutique. Au demeurant, la commission indique que la lésion du nerf crural est survenue au décours de l'opération de transplantectomie laquelle a été réalisée le 4 octobre 2021 alors que les experts indiquent que cette lésion est intervenue lors de l'opération de réparation de l'artère iliaque externe droite laquelle a été réalisée le 6 octobre suivant. Dans ces conditions, il n'est pas établi, avec un degré suffisant de certitude, que le dommage subi par la requérante lors de l'opération du 6 octobre 2021 est la conséquence d'une faute chirurgicale et que, par suite, l'obligation dont se prévaut l'intéressée ne serait pas sérieusement contestable. Par suite, sa demande d'allocation provisionnelle ne peut qu'être rejetée.
Sur les dépens :
8. Si la requérante demande de condamner le centre hospitalier régional universitaire de Tours aux dépens, elle ne justifie pas de ces dépens. Par suite, et en tout état de cause, sa demande ne peut être accueillie.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au centre hospitalier régional universitaire de Tours et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Vienne.
Fait à Orléans, le 4 décembre 2024.
Le juge des référés,
Jean-Michel C
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026