Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402636

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402636
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B, qui contestait un arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 1er février 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai. La juridiction a constaté que la décision avait été notifiée le 1er février 2024 avec mention des voies et délais de recours, et que M. B avait déjà saisi le tribunal de Montreuil dans le délai de 48 heures, lequel avait rejeté son recours le 7 mai 2024. La nouvelle requête, enregistrée le 26 juin 2024 au tribunal d'Orléans, était tardive et donc irrecevable. Cette solution s'appuie sur les articles L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er février 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Par un mémoire enregistré le 28 août 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024, notamment le IV de son article 86 ;

- le décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024, notamment son article 9 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 351-4 du code de justice administrative : " Lorsque tout ou partie des conclusions dont est saisi un tribunal administratif, une cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat relève de la compétence d'une de ces juridictions administratives, le tribunal administratif, la cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat, selon le cas, est compétent, nonobstant les règles de répartition des compétences entre juridictions administratives, pour rejeter les conclusions entachées d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance () ". Aux termes de l'article R. 222-1 du même code : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable en l'espèce : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure () ". Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative, applicable en l'espèce : " () I. - Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 1er février 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a fait obligation à M. B de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, a été notifié à l'intéressé par voie administrative le 1er février 2024. Cette notification, qui comportait l'indication des voies et délais de recours, a fait courir le délai de quarante-huit heures prévu par les dispositions citées au point 2. Dans ce délai, M. B a saisi le tribunal administratif de Montreuil d'une requête que cette juridiction a rejetée par un jugement du 7 mai 2024. Si, le 26 juin 2024, M. B a formé devant le tribunal administratif d'Orléans une nouvelle requête contre l'arrêté du 1er février 2024, cette requête, présentée après l'expiration du délai de recours, est ainsi en tout état de cause tardive et par suite manifestement irrecevable. Il y a lieu dès lors de la rejeter par application des dispositions citées au point 1.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis. Copie en sera adressée, pour information, au préfet d'Indre-et-Loire.

Fait à Orléans, le 10 septembre 2024.

Le président,

Frédéric DORLENCOURT

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.