Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402653
vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402653 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juin 2024, M. A B, représenté par Me Thiam, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté de la préfète du Loiret du 18 décembre 2023 portant refus de renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail valable jusqu'à ce qu'il ait été statué au fond sur la légalité de l'arrêté du 18 décembre 2023, dans un délai de huit jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision qui lui est opposée est un refus de renouvellement de son titre de séjour ; cette décision préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation dans la mesure où l'entreprise qui l'employait ne veut plus lui confier de missions d'intérim le privant ainsi de ressources financières ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué dans la mesure où l'arrêté a été signé par une personne ne bénéficiant pas d'une délégation de signature pour ce faire ; l'arrêté est insuffisamment motivé et n'a pas été précédé d'un examen sérieux et approfondi de sa situation personnelle ; la préfète n'a pas saisi la commission du titre de séjour en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-13 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2024, la préfète du Loiret, représentée par Me Termeau conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête au fond est tardive et qu'aucune des deux conditions posées à l'article L. 521-1 ne sont satisfaites.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 22 juin 2024 sous le n° 2402603 par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés présentés sur le fondement des dispositions des articles L. 521-1 à L. 521-4 de ce code.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juillet 2024 à 11 h 15 :
- le rapport de Mme C ;
- les observations de Me Thiam, représentant M. B qui a soutenu que sa requête au fond était recevable, l'arrêté attaqué n'ayant pas été notifié à l'adresse postale qu'il avait fournie dans le cadre de la demande de renouvellement de son titre de séjour, et a repris l'argumentation développée dans ses écritures sur l'urgence et l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision tout en indiquant abandonner le moyen tiré de l'incompétence de son signataire ; il a précisé qu'il entendait obtenir qu'il soit enjoint à la préfète de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans l'attente de la décision à intervenir sur la requête au fond ;
- les observations de Me Jacquard, représentant la préfète du Loiret, qui a repris ses écritures en insistant sur la tardiveté de la requête au fond et l'absence d'urgence.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 décembre 2023, la préfète du Loiret a refusé de renouveler le titre de séjour mention " vie privée et familiale " de M. B, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. B demande à la juge des référés de suspendre l'exécution de la décision préfectorale portant refus de renouvellement de son titre de séjour.
Sur les conclusions de la requête :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. B, analysés ci-dessus, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 18 décembre 2023 par laquelle la préfète du Loiret a refusé de renouveler le titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " qui avait été délivré au requérant.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions de M. B à fin de suspension de l'exécution de la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour doivent être rejetées. Il doit en être de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction et présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète du Loiret.
Fait à Orléans le 12 juillet 2024.
La juge des référés,
Mélanie C
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.