Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402747

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402747
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, Mme B, représentée par Me Kévin Gomez, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 juin 2024 par lequel la préfète du Loiret lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination, lui a imposé une obligation de présentation au commissariat de police de Montargis (45) et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou du moins un récépissé avec autorisation de travail, jusqu'à la décision rendue au fond, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocate de la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, moyennant la renonciation de ce conseil à percevoir la contribution attribuée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Mme A soutient que :

Sur la condition d'urgence :

- elle s'est vu notifier un arrêté portant obligation de quitter le territoire français et aurait dès à présent vocation à être expulsée du territoire français, y compris sous la contrainte ;

- la condition d'urgence doit en conséquence être considérée comme acquise sur cette seule base ;

- ayant noué une relation amoureuse stable et pérenne avec un ressortissant français, sa vie privée et familiale s'en trouverait bouleversée en cas d'exécution de la mesure d'éloignement ;

- du fait de son passé de femme ayant subi des mutilations et un traumatisme, la mise en œuvre de la mesure d'éloignement aurait des répercussions sur son état de santé.

Sur le doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté :

- l'arrêté présente une insuffisance de motivation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français présente une motivation particulièrement alambiquée et en tout cas insuffisante ;

- elle est affectée de contradiction de motifs et d'erreur d'appréciation.

Vu :

- la requête enregistrée le 3 juillet 2024 sous le n° 2402746 par laquelle Mme A demande l'annulation de l'arrêté du 12 juin 2024 de la préfète du Loiret ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Mme A, ressortissante de la République de Guinée née le 6 février 1983 à Conakry, déboutée du droit d'asile, a demandé au tribunal, par une requête enregistrée le 3 juillet 2024 sous le n° 2402746, d'annuler l'arrêté du 12 juin 2024 par lequel la préfète du Loiret lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination, lui a imposé une obligation de présentation chaque mardi et chaque jeudi à 9h30 au commissariat de police de Montargis (45) et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par une requête enregistrée le même jour sous le n° 2402747, elle demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cet arrêté.

3. Toutefois, les dispositions des articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoient que le recours dirigé à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français et des décisions distinctes qui l'assortissent a un effet suspensif, font obstacle, à raison de l'exception de recours parallèle, à ce que Mme A puisse demander au juge des référés la suspension des effets de l'arrêté du 12 juin 2024 de la préfète du Loiret portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixation du pays de destination, obligation de présentation et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Dès lors, la requête de Mme A est irrecevable. Par suite, elle ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n° 2402747 de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C.

Copie en sera adressée à la préfète du Loiret.

Fait à Orléans, le 4 juillet 2024.

Le juge des référés,

Benoist GUÉVEL

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.