Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402751

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402751
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, M. B, représenté par Me François Vieillemaringe, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder provisoirement le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 31 mai 2024 par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande d'admission au séjour au titre de " travailleur temporaire " ;

3°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans l'attente de la décision rendue sur le fond, dans un délai de 72 heures, sous astreinte de 100 euros par heure de retard suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de la renonciation de ce conseil à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

M. B soutient que :

S'agissant de condition d'urgence :

Dans la mesure où il a obtenu un récépissé le 13 novembre 2023 et que la décision attaquée modifie sa situation juridique, il bénéficie d'une présomption d'urgence.

Selon la note d'information du Groupe SOS Jeunesse du 25 juin 2024, la décision attaquée va entraîner la fin de sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance de la Seine-Saint-Denis et par voie de conséquence de son hébergement au sein de cette association.

Le refus de séjour porte une atteinte grave à ses intérêts et à sa situation personnelle.

Il se trouve dans une situation personnelle extrêmement précaire du fait du refus de séjour.

S'agissant du doute sérieux sur la légalité du refus de séjour contesté :

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

- elle présente un défaut de motivation ;

- elle a été prise sans examen sérieux de sa situation ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des circonstances humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est affectée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation à l'aune des conditions posées à l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 28 juin 2024 sous le n° 2402695 par laquelle M. B demande l'annulation des décisions du 31 mai 2024.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

1. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par M. B.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

3. M. B, ressortissant tchadien né le 2 mai 2005 à N'Djaména, est, selon ses déclarations, entré en France en février 2020 alors qu'il était mineur. Il a été confié en qualité de mineur isolé au service de l'aide sociale à l'enfance par des jugements du 9 mai et du 30 novembre 2022 du juge des enfants au tribunal judiciaire de Bobigny (93). Il a été pris en charge en mars 2023 par l'association Groupe SOS Jeunesse. Il a présenté le 9 novembre 2023 un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 31 mai 2024, le préfet d'Indre-et-Loire rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par sa requête, M. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision distincte du 31 mai 2024 par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande de titre de séjour.

4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. B n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus de séjour contestée. Il suit de là, alors même que le requérant se prévaut d'une présomption d'urgence, que la demande du requérant tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 31 mai 2024 par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande d'admission au séjour doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

5. Par voie de conséquence du rejet des conclusions en suspension présentées par M. B ses conclusions à fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet d'Indre-et-Loire.

Fait à Orléans, le 4 juillet 2024.

Le juge des référés,

Benoist GUÉVEL

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.