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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2402816

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402816

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402816
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMARIETTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Mariette, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet d'Eure-et-Loir du 7 mars 2024 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail valable jusqu'à ce qu'il ait été statué au fond sur la légalité de l'arrêté du 7 mars 2024, dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de

150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il occupait à la date de l'arrêté attaqué un emploi en contrat à durée indéterminée en qualité de canalisateur depuis septembre 2023 ; depuis l'adoption de l'arrêté, il n'est plus autorisé à travailler ce qui a conduit son employeur à suspendre son contrat de travail ; il est compétent et indispensable à son employeur auquel il donne entière satisfaction ; il ne perçoit plus de salaire et a donc perdu tout moyen de subsistance le plaçant dans une situation de grande précarité ; l'arrêté préjudicie donc de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision portant refus de séjour qui est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le préfet ne peut retenir sans commettre d'erreur de droit qu'il ne justifie pas d'une durée de présence suffisante ; les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'implique pas qu'il soit isolé dans son pays d'origine ; le préfet n'a pas apprécié le caractère réel et sérieux des études poursuivies ; il a poursuivi des études avec réussite et occupe un emploi dans lequel il donne entière satisfaction depuis septembre 2023 ; l'avis de la structure d'accueil ne remet pas en cause son insertion ; son père étant décédé, seules sa mère et sœur résident encore en Côte d'Ivoire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 16 mai 2024 sous le n° 2402032 par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté attaqué.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés présentés sur le fondement des dispositions des articles L. 521-1 à L. 521-4 de ce code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Aucun des deux moyens invoqués par M. A à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour du 7 mars 2024 n'est manifestement de nature, au vu de la demande, à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de M. A selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Orléans, le 10 juillet 2024.

La juge des référés,

Mélanie C

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance

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