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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2402887

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402887

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402887
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSELARLU HAGEGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I/ Par une requête enregistrée le 13 juillet 2024 et un mémoire enregistré le 16 juillet 2024, sous le numéro 2402887, M. B A, représenté par Me Hagège, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 12 juillet 2024 par lequel le préfet de la Nièvre lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Cher pris le 12 juillet 2024 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Nièvre de réexaminer sa situation sans délai ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français sans délai :

- la décision est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- la décision est entachée d'une erreur de fait quant à sa situation professionnelle ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour d'une durée de douze mois :

- la décision est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- la décision a été prise en méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 juillet 2024, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens ne sont pas fondés.

II/ Par une requête enregistrée le 13 juillet 2024 sous le numéro 2402888, et un mémoire enregistré le 16 juillet 2024, M. B A représenté par Me Hagège, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel le préfet du Cher l'a assigné à résidence dans le département du Cher pour une durée de quarante-cinq jours, lui a interdit de sortir sans autorisation du département et a fixé les obligations de pointage ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la mesure d'assignation à résidence est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai prise à son encontre ;

- la décision est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- la décision est entachée d'une erreur de fait ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 juillet 2024, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article L. 776-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C ;

- les observations de Me Le Bouill, représentant M. A qui reprend les moyens de ses requêtes.

Les préfets de la Nièvre et du Cher n'étant ni présents, ni représentés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A ressortissant tunisien, né le 1er juin 1991, est, entré en France selon ses déclarations en novembre 2021. Après un contrôle des forces de police consécutivement à un accident de la voie publique, par un premier arrêté attaqué du 12 juillet 2024, le préfet de la Nièvre l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par sa requête n° 2402887, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2024 du préfet de la Nièvre. M. A a été assigné à résidence par un arrêté du préfet du Cher du 12 juillet 2024 dont il demande également l'annulation dans sa requête n° 2402888.

2. Les requêtes n°s 2402887 et 2402888 présentées par M. A présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français sans délai et de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français sans délai :

3. En premier lieu, l'arrêté du 12 juillet 2024 attaqué vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment ses articles L. 611-1, L. 612-2, L. 612-6, L. 612-10 et L. 613-1, et l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Il précise que M. A a été interpellé à la suite d'un accident de circulation, qu'il est apparu qu'il a bénéficié d'un visa mais n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. L'arrêté précise encore que si M. A soutient travailler, il ne dispose d'aucune autorisation de travail. Ainsi, l'obligation de quitter le territoire français attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et est suffisamment motivée. Il ne ressort pas de cette motivation ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Nièvre n'aurait pas procédé à un examen attentif et particulier de la situation de M. A notamment quant à sa situation professionnelle.

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () /3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 dudit code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () /2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".

5. En deuxième lieu, si M. A soutient que l'obligation de quitter le territoire français attaquée est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle ne reprend pas son activité professionnelle alors qu'il l'a présentée lors du rendez-vous en préfecture, il est constant que le requérant n'a pas déposé de demande de titre de séjour et n'a donc pas sollicité de rendez vous avec les services de la préfecture. Par ailleurs, comme énoncé au point 3, il ressort de la motivation de l'obligation de quitter le territoire français attaquée que l'activité professionnelle de M. A a bien été prise en compte par le préfet de la Nièvre dans l'examen de la situation du requérant. Le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. M. A est entré récemment sur le territoire français. S'il établit par la production de bulletins de salaires et de contrats de travail, avoir travaillé en qualité de poseur de fibre depuis son entrée sur le territoire français en novembre 2021, l'intensité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France ressortent insuffisamment des pièces du dossier. Il n'est par ailleurs, ni établi, ni allégué qu'il ne conserverait pas d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 20 ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. Cette décision n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur la situation personnelle de M. A.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

8. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. /Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

9. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

10. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

11. En premier lieu, l'interdiction de retour attaquée vise les articles L. 612-6, L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle est justifiée par le fait que l'intéressé ne justifie depuis son entrée en novembre 2021 sur le territoire français d'aucune démarche en vue de régulariser sa situation administrative, de ce qu'il ne justifie ni d'une intégration sociale, ni d'une intégration professionnelle légale et de ce qu'il n'est pas démontré que le centre de ses intérêts privés et familiaux serait sur le territoire français. Il est par ailleurs mentionné enfin qu'une telle interdiction ne porte pas d'atteinte disproportionnée au droit de M. A au regard de sa vie privée et familiale. Par ailleurs, il ressort de ce qui a été dit au point 10, que le préfet de la Nièvre n'était pas tenu de mentionner expressément que la présence de l'intéressé ne représentait pas une menace pour l'ordre public dès lors qu'il ne retenait pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision. Ainsi, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

12. Il ne ressort pas de cette motivation, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen attentif et particulier de la situation de M. A.

13. En deuxième lieu, d'une part, M. A fait valoir qu'il n'est jamais reparti en Tunisie depuis son entrée sur le territoire français en novembre 2021 et justifie être pleinement inséré dans la société française où il exerce une activité professionnelle depuis son entrée sur le territoire. Toutefois, l'intensité et la stabilité de ses liens en France ressortent ainsi insuffisamment des pièces du dossier. Dès lors, M. A ne peut être regardé comme présentant des circonstances humanitaires justifiant qu'il ne soit pas prononcé d'interdiction de retour à son encontre. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

14. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la durée fixée de l'interdiction de retour opposée au requérant, fixée à un an, serait excessive au regard de la situation personnelle de M. A telle que mentionnée aux points 7 et 13 du présent jugement.

15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement, la décision attaquée ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2024 pris par le préfet de la Nièvre portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an doivent être rejetées, de même par voie de conséquence que les conclusions à fin d'injonction liées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel le préfet du Cher a assigné M. A à résidence :

17. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; /2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français prise en application des articles L. 612-6,

L. 612-7 et L. 612-8 ; () ". Aux termes de l'article L. 731-2 du même code : " L'étranger assigné à résidence en application de l'article L. 731-1 peut être placé en rétention en application de l'article L. 741-1, lorsqu'il ne présente plus de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3. Les modalités d'application de la présente section sont fixées par décret en Conseil d'Etat ".

18. En premier lieu, ainsi qu'énoncés aux points 3 à 16 du présent jugement, l'obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée de douze mois n'étant pas illégale, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de ce que l'assignation à résidence prise par le préfet du Cher serait privée de base légale.

19. En deuxième lieu, la décision portant assignation à résidence vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment ses articles L. 731-1 et

L. 732-1. Elle précise que M. A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sans délai et que l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français demeure une perspective raisonnable. Elle rappelle enfin que M. A justifie résider à Bourges. Ainsi, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et est par suite, suffisamment motivée. Le moyen doit être écarté. Il ne ressort pas de cette motivation, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen attentif et particulier de la situation de M. A.

20. En troisième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les obligations de pointage imposées à M. A l'empêcheraient de mener une activité professionnelle pour laquelle il ne dispose au demeurant d'aucune autorisation de travail. Ainsi, les moyens tirés de l'erreur de fait entachant la décision et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences que l'assignation emporte sur sa situation personnelle doivent être écartés.

21. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement, la décision attaquée ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A.

22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du préfet du Cher du 12 juillet 2024 assignant M. A à résidence doivent être rejetées.

Sur les frais restant en litige :

23. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans les deux litiges, les conclusions du requérant tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Nièvre et au préfet du Cher.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Armelle C

La greffière,

Florence PINGUET

La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre et au préfet du Cher chacun en ce qui les concernent ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2402887

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