Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2402988

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2402988
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté la requête de Mme A, qui contestait sa mise à la retraite d'office pour invalidité. La requête a été jugée manifestement irrecevable car Mme A n'a pas produit la décision attaquée malgré une demande de régularisation, en violation des articles R. 421-1 et R. 412-1 du code de justice administrative. De plus, l'avis consultatif du conseil médical n'est pas une décision faisant grief, et le tribunal ne peut ni attribuer une pension ni adresser des injonctions hors des cas prévus par les articles L. 911-1 et L. 911-2 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 9 juillet 2024, enregistrée le même jour au greffe du tribunal administratif d'Orléans, la présidente de la 2ème section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif d'Orléans, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête de Mme B A.

Par cette requête enregistrée le 9 juillet 2024, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 juin 2024 prononçant sa mise à la retraite d'office pour invalidité ;

2°) d'enjoindre à son établissement employeur de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service ;

3°) de lui attribuer une pension civile d'invalidité avec majoration pour l'assistance d'une tierce personne ;

4°) d'enjoindre au centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière de modifier les informations sur son document de mise à la retraite d'office.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ". Aux termes de l'article R. 412-1 de ce code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. D'une part, en dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée le 19 juillet 2024 et dont elle a accusé réception le 26 juillet suivant, Mme A n'a pas, à l'expiration du délai qui lui était imparti, régularisé sa requête par la production de la décision du 19 juin 2024 prononçant sa mise à la retraite d'office et n'a pas justifié de l'impossibilité de la produire.

4. D'autre part, à supposer que Mme A ait entendu demander au tribunal l'annulation de l'avis consultatif favorable à sa mise à la retraite pour invalidité, émis par le conseil médical réuni en formation plénière à l'issue de sa séance du 11 juin 2024, un tel avis, qui ne lie pas l'autorité décisionnaire, n'a pas le caractère d'une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

5. Enfin, il n'appartient pas à la juridiction administrative de se substituer à l'administration ou de lui adresser des injonctions en dehors des cas limitativement énoncés aux articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative. En l'espèce, il n'appartient pas au juge administratif d'attribuer à Mme A une pension civile d'invalidité ni d'enjoindre au centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière de modifier les informations la concernant figurant sur son " document de mise à la retraite d'office pour invalidité ".

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées par application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Orléans, le 09 septembre 2024.

La présidente de la 4ème chambre

Sophie LESIEUX

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.