mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2402989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LE SQUER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juillet 2024, M. A B, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé pour une durée de deux ans son interdiction de retour sur le territoire français et ses effets juridiques dont le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 612-7, L. 612-10 et L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'annulation de la décision portant interdiction de retour doit entraîner l'effacement de du signalement aux fins de non-admission dans le système informatique Schengen.
Par un mémoire enregistré le 22 juillet 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Par un arrêté du 16 juillet 2024, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé le placement de M. B en rétention administrative.
Par une ordonnance du 19 juillet 2024, le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire d'Orléans a prolongé la rétention de M. B pour une durée de vingt-six jours.
Par une ordonnance du 21 juillet 2024, la présidente de chambre à la cour d'appel d'Orléans a confirmé l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du 19 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Best-De Gand pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Best-De Gand ;
- les observations de Me Le Squer qui reprend les moyens de la requête et de M. B assisté de M. D, interprète, qui précise qu'il veut retrouver sa liberté et l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français qui lui a été notifiée.
Le préfet de Seine-Maritime n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien, né le 15 juin 2001 à Djerba a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français prise le 6 janvier 2024 par le préfet de police de Paris et sous le nom de E F d'une seconde obligation de quitter le territoire français le 27 juin 2024. Le préfet de police de Paris a également pris à l'encontre de M. B une décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an le 24 mars 2024. Malgré ces mesures d'éloignement, M. B s'est maintenu sur le territoire français. A la suite d'une interpellation par les services de police le 15 juillet 2024, le préfet de Seine Maritime a par la décision attaquée du 16 juillet 2024 prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français dont fait l'objet M. B pour une durée de deux ans. Par un arrêté du 16 juillet 2024, le préfet de la Seine-Maritime a également ordonné le placement en rétention administrative de M. B.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 12 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, Mme C, chargée de mission auprès de la cheffe du bureau de l'éloignement de la direction des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Seine-Maritime, a reçu délégation du préfet à l'effet de signer les mesures d'éloignement des étrangers, les décisions relatives au délai de départ volontaire, à l'interdiction de retour sur le territoire français et celles fixant le pays de renvoi. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque donc en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des circonstances de fait et de droit qui en constitue le fondement et notamment les textes applicables ainsi que les conditions de séjour en France de M. B. Il est, par suite, suffisamment motivé.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; 2° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui avait été accordé ; 3° L'étranger est revenu sur le territoire français après avoir déféré à l'obligation de quitter le territoire français, alors que l'interdiction de retour poursuivait ses effets. / Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public ".
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet de deux mesures d'éloignement en 2024 auxquelles il n'a pas déféré et d'une interdiction de retour d'une durée d'un an prise le 24 mars 2024. M. B s'est ainsi maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui a été accordé le 6 janvier 2024. Pour ce seul motif, le préfet de Seine-Maritime pouvait prendre la décision de prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français attaquée.
6. D'autre part, la décision attaquée prolonge de deux ans l'interdiction de retour initiale qui était d'un an, soit une durée totale d'interdiction de retour d'une durée de trois ans, inférieure au délai maximal de cinq années, mentionné par les dispositions précitées. Ainsi, le préfet de Seine-Maritime n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prononçant à l'encontre de M. B, une prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, de même par voie de conséquence que ses conclusions tendant à l'effacement du signalement effectué aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Armelle BEST-DE GAND
La greffière,
Nathalie ARCHENAULT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026