Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403021

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403021
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2024, et une pièce complémentaire reçue le 23 juillet 2024, M. A B, représenté par Me de Saint Rémy, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 21 juin 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée ;

2°) d'enjoindre au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée l'empêche de pouvoir exercer la profession d'agent de sécurité alors qu'il dispose d'une promesse d'embauche qu'il risque de perdre ; il est contraint d'exercer des missions en intérim sans aucune stabilité financière ; son état de santé rend difficile ses recherches d'emploi ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée au regard des dispositions des articles L. 612-20 et L. 612-22 du code de la sécurité intérieure dès lors que les mentions opposées dans la décision attaquée ont été effacées et n'apparaissent plus sur le fichier des antécédents judiciaires.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 19 juillet 2024 sous le n° 2403020 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Best-De Gand, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité du 21 juin 2024, M. A B se prévaut d'une attestation du gérant de la société Sud Ouest Sécurité (SOS) et d'une promesse d'embauche valable deux mois. Toutefois, l'autorisation sollicitée a seulement pour objet de permettre au requérant d'accéder à une formation, sans que ne soient garanties ni la réussite de l'intéressé à l'acquisition des aptitudes professionnelles requises, ni la délivrance ultérieure de la carte professionnelle prévue à l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. Par suite, la suspension du refus contesté ne permettrait pas, en toute hypothèse, à M. B d'être recruté par la société SOS en vue d'exercer une activité privée de sécurité. Si le requérant fait valoir également qu'il est contraint d'effectuer des missions d'intérim sans stabilité financière et que son état de santé rend difficile ses recherches d'emploi, ces circonstances ne sont pas de nature à établir une urgence. Dans ces circonstances, l'exécution de la décision contestée ne porte pas une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation de M. A B pour justifier de la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Dès lors, la requête de M. A B doit être rejetée, y compris la demande présentée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Orléans, le 23 juillet 2024.

La juge des référés,

Armelle BEST-DE GAND

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.