Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403039
mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403039 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2024, Mme B A demande à la juge des référés saisie sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre la contrainte émise à son encontre par France Travail et de procéder à la mainlevée de la saisie-attribution effectuée sur ses comptes bancaires.
Elle soutient que :
- elle a été saisie sur son compte-courant et sur son livret A d'une somme qui pour France Travail lui avait été versée à tort ; cette saisie injustifiée lui a causé beaucoup de stress et un préjudice financier ;
- la procédure suivie est entachée d'illégalité : la saisie a été effectuée avant que les commissaires de justice ne la lui notifient ;
- la saisie n'est pas fondée : elle a toujours effectué ses déclarations et actualisations dans les délais ; il n'est jamais apparu qu'elle n'aurait plus dû percevoir d'allocations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Best-De Gand, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Relèvent de la compétence de la juridiction administrative les litiges relatifs à l'ouverture du droit à l'allocation d'assurance-chômage, notamment à l'allocation de retour à l'emploi, à son versement ou à sa récupération en cas d'indu, quand ils opposent un agent public, privé de son emploi, soit à l'Etat, soit à Pôle emploi dans les cas où l'Etat a confié à cet organisme la gestion de cette allocation.
3. Mme A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la contrainte émise par France Travail, anciennement Pôle Emploi, à son encontre et d'ordonner la mainlevée de la saisie-attribution effectuée sur ses comptes bancaires dans le cadre de la procédure engagée par France Travail. Toutefois un tel litige afférent à une contrainte émise à l'encontre de Mme A, salariée de droit privé, visant au recouvrement d'un trop-perçu d'allocation d'assurance-chômage qui lui avait été accordée par Pôle emploi, ressortit à la compétence de la juridiction judiciaire. Dès lors que la requête de Mme A ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, elle doit, pour ce motif, être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Orléans, le 23 juillet 2024.
La juge des référés,
Armelle BEST-DE GAND
La République mande et ordonne à la ministre du Travail, de la Santé et de la Solidarité en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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