Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403161

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403161
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCOHEN

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B qui demandait l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 6 juin 2024 annulant son permis de conduire pour perte de points. Le tribunal a constaté que cette décision avait été retirée par le ministre avant l'introduction de la requête, rendant celle-ci irrecevable. Le retrait étant définitif et non contesté, il n'y avait plus lieu de statuer sur le fond. La requête a donc été rejetée en totalité, sans qu'il soit fait droit aux demandes de restitution du permis ou de condamnation de l'État.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2024, M. A B, représenté par

Me Cohen, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 juin 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur a annulé son permis de conduire pour perte totale de points ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire affecté d'un capital de points ;

3°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer en faisant valoir que la décision attaquée a été retirée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; /() ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; /(). ".

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.

3. Par une décision du 30 novembre 2023, antérieure à l'introduction de la requête, le ministre de l'intérieur a retiré la décision attaquée. Ce retrait est devenu définitif faute d'avoir été contesté dans le délai du recours contentieux. Ainsi, la requête de M. B est irrecevable et ne peut qu'être rejetée en totalité.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Fait à Orléans, le 28 novembre 2024.

Le président du tribunal,

B. GUEVEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.