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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2403302

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403302

vendredi 9 août 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403302
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMARIETTE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de Mme H C F, ressortissante péruvienne, qui contestait le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français et la rétention de son passeport pris par le préfet d'Eure-et-Loir. Le tribunal a relevé d'office que la requête, enregistrée le 1er août 2024, était tardive car introduite après l'expiration du délai de recours contentieux de trente jours suivant la notification de l'arrêté du 3 mai 2024. En conséquence, les conclusions dirigées contre l'arrêté du 3 mai 2024 et la décision de rétention du passeport du 22 mai 2024 ont été jugées irrecevables.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er août 2024 à 20 h 16, Mme H C F, représentée par Me Mariette, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 3 mai 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'annuler la décision en date du 22 mai 2024 par laquelle le préfet d'Eure-et-Loir a retenu le passeport délivré par les autorités péruviennes dont elle est titulaire ;

3°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, subsidiairement, et sous la même condition d'astreinte, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente et dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision à intervenir, une autorisation provisoire de séjour et de travail ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle est familiale, dès lors qu'elle entretient depuis plusieurs années une vie de couple avec un compatriote en situation régulière, qu'elle veille à s'insérer dans la société française, notamment en prenant des cours de français et en faisant du bénévolat, et dans le respect de la loi - ce qui fait obstacle à ce qu'elle puisse occuper un emploi, ce que ne peut lui reprocher le préfet -, qu'elle n'a plus d'attaches au Pérou, puisqu'elle n'a jamais connu son père et que sa mère, avec laquelle elle vivait, est décédée ; pour les mêmes motifs, la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que son compagnon a le centre de ses intérêts personnels et professionnels en France, où il occupe un emploi au sein de la même société depuis plus de dix ans, et que, très bien inséré en France, il n'a pas vocation à retourner vivre au Pérou ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de destination et la décision portant rétention du passeport sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité des décisions dont elles découlent.

Le 7 août 2024, le préfet d'Eure-et-Loir a informé le tribunal que par un arrêté du 28 juin 2024, il avait assigné Mme C F à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Par un mémoire enregistré le 8 août 2024, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme C F a été rejetée par une décision du 10 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :

- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, relatif à la simplification des règles du contentieux, notamment son article 86 ;

- le décret n° 2024-799 du 15 juillet 2024 pris pour l'application du titre VII de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme G pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme G, qui a informé les parties, en application des dispositions des articles R. 611-7 et R. 776-25 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la tardiveté de la requête ;

- les observations de Mme C F, assisté de M. I E D, son compagnon, qui a assuré la bonne compréhension des échanges en raison de l'absence de l'interprète en langue espagnole dont le concours avait été demandé par ce tribunal ; la requérante, par le truchement de M. E D, indique qu'une demande d'aide juridictionnelle a été déposée mais a été rejetée et qu'en l'absence de maîtrise de la langue française, il lui a été difficile de comprendre comment contester les mesures prises à son encontre puis difficile de trouver un avocat ; que la relation de couple qu'elle entretient avec M. E D a commencé en 2015, qu'elle est venue régulièrement en France pour le rejoindre en décembre 2019 mais n'a pas pu repartir au Pérou en raison du confinement ; qu'ils résident ensemble depuis son entrée sur le territoire français et qu'ils ont conclu un pacte civil de solidarité le 20 juillet 2023 ; qu'elle n'a plus de famille au Pérou, et personne pour l'y accueillir, alors que son compagnon, qui est en situation régulière, dispose d'un emploi stable et est propriétaire de la maison dans laquelle ils vivent ; qu'il ne peut lui être raisonnablement opposé qu'elle n'a pas d'enfant avec son compagnon, alors que les circonstances de la vie, et particulièrement son âge actuel, ont fait qu'ils n'ont pas pu en avoir ; qu'il ne peut pas non plus lui être raisonnablement opposé de ne pas travailler alors que sa situation sur le territoire français y fait obstacle ; qu'avec son compagnon, ils prennent soin d'un jardin familial et qu'aux côtés de son compagnon et en situation régulière, elle pourra s'intégrer à la société française.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de ces observations orales, à 15 h 09.

Considérant ce qui suit :

1. Mme H C F, ressortissante péruvienne née le 8 mai 1973, est entrée en France le 13 décembre 2019 sous couvert d'un passeport en cours de validité, délivré par les autorités du Pérou, Etat dont les ressortissants sont exemptés de l'obligation de visa pour les séjours en France d'une durée n'excédant pas 90 jours. Le 1er février 2022 - selon la date mentionnée sur le document de demande de titre de séjour produit par le préfet d'Eure-et-Loir à l'appui de ses écritures -, elle a demandé son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par un arrêté du 3 mai 2024, notifié le 22 mai 2024, le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de faire droit à cette demande, a fait obligation à Mme C F de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par une décision du 22 mai 2024, notifiée le jour même, le préfet d'Eure-et-Loir a retenu le passeport de Mme C F. Par un arrêté en date du 28 juin 2024, notifié le jour, le préfet d'Eure-et-Loir a assigné Mme C F à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de quarante-cinq jours. Par une requête enregistrée au greffe de ce tribunal le 1er août 2024, Mme C F demande l'annulation de l'arrêté du 3 mai 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, ensemble la décision en date du 22 mai 2024 par laquelle le préfet d'Eure-et-Loir a retenu le passeport délivré par les autorités péruviennes dont elle est titulaire.

Sur la recevabilité de la requête et la compétence du magistrat désigné :

2. Il ressort des pièces du dossier que, préalablement à la saisine de ce tribunal, une demande d'aide juridictionnelle a été présentée par le conseil de la requérante dans le délai de recours contentieux et qu'il a été statué sur cette demande par une décision du président de section du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire d'Orléans du 10 juillet 2024. Par suite, la requête présentée est recevable et il n'y a pas lieu de retenir le moyen relevé d'office à l'audience.

3. Par ailleurs, dès lors que les mesures dont l'annulation est demandée sont antérieures à l'entrée en vigueur des dispositions du décret n° 2024-799 du 15 juillet 2024, le contentieux de ces mesures est régi par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du code de justice administrative dans leur version antérieure à l'entrée en vigueur de ce décret.

4. Par suite, et dès lors que l'intéressée a été assignée à résidence, le magistrat désigné par le président du tribunal en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est compétent pour connaître des conclusions de la requête dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination prises par arrêté du 3 mai 2024, de celles dirigées contre la décision du 22 mai 2024 portant rétention du passeport de la requérante, ainsi que des conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 3 mai 2024 en tant qu'il rejette la demande de titre de séjour de Mme C F, ainsi que sur les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent. Il y a lieu dès lors de renvoyer à la formation collégiale du tribunal les conclusions de la requête dirigées contre la décision de refus de titre de séjour opposée à Mme C F, les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent ainsi que les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, de la décision fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement :

5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Mme C F soutient, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, par la voie de l'exception, que la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les stipulations précitées.

7. Il ressort des pièces du dossier que la requérante réside en France depuis le 13 décembre 2019 et est, depuis cette date, hébergée par M. I E D, un compatriote né, comme elle, à Cajamarca, en situation régulière sur le territoire français, dans le dernier état sous couvert d'une carte de résident valable jusqu'au 14 juin 2033. Ainsi qu'il a été précisé à l'audience, lorsque a expiré la période de quatre-vingt-dix jours pendant laquelle Mme C F était autorisée à résider en France sans être titulaire d'un visa de long séjour ou d'un titre de séjour, les mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid 19 ont fait obstacle à son retour au Pérou et elle est demeurée chez M. E D. Si aucun élément n'est produit à l'appui de l'affirmation selon laquelle, ainsi qu'en atteste M. E D, leur relation a débuté en 2015 et qu'il s'est ensuite rendu tous les ans au Pérou pour y passer ses vacances jusqu'en septembre 2019, cette affirmation n'est pas sérieusement contredite par le préfet d'Eure-et-Loir. Mme C F et M. E D ont conclu un pacte civil de solidarité le 20 juillet 2023. Il est constant que M. E D, qui est propriétaire du logement commun, dispose d'une situation professionnelle stable en qualité de soudeur dans la même entreprise depuis le 13 janvier 2009. Ainsi, alors même qu'il n'existe aucun obstacle juridique à ce que le couple se reforme au Pérou, il n'en demeure pas moins que M. E D n'a, dans les faits, pas vocation à quitter la France, où il est installé de longue date et bien inséré. Par ailleurs, Mme C F produit l'acte de décès de sa mère, Mme B F, avec laquelle il n'est pas contesté qu'elle résidait jusqu'à son décès en 2016. Il n'est pas établi, alors même qu'elle a vécu jusqu'à l'âge de 46 ans au Pérou, qu'elle y aurait conservé des attaches familiales, en particulier son père, qu'elle indique " n'avoir jamais connu " - sans que cette affirmation soit infirmée par la mention du nom de M. A C, son père, sur le formulaire de demande de titre de séjour. Dans ces conditions et dans les circonstances très particulières de l'espèce, Mme C F est fondée à soutenir qu'en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, le préfet d'Eure-et-Loir a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et, par suite, que l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de ce refus de titre.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 3 mai 2024 portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, la décision fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement et la décision du 22 mai 2024 portant rétention du passeport de l'intéressée.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

9. D'une part, aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13 et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

10. Ainsi qu'il a été dit au point 4 du présent jugement, il n'appartient pas au magistrat désigné de se prononcer sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour. En revanche, en application des dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, lorsqu'une obligation de quitter le territoire est annulée, l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas et il est mis fin aux mesures de surveillance prévues notamment à l'article L. 731-1 du même code. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de réexaminer la situation de Mme C F dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen et dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

11. D'autre part, aux termes de l'article L. 721-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1 ". Aux termes de l'article L. 814-1 du même code : " L'autorité administrative compétente, les services de police et les unités de gendarmerie sont habilités à retenir le passeport ou le document de voyage des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière () ".

12. L'exécution du présent jugement implique nécessairement la restitution à la requérante du passeport qu'elle a remis à l'autorité préfectorale en exécution de la décision du 22 mai 2024. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de restituer à Mme C F son passeport péruvien dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de Mme C F dirigées contre le refus de séjour contenu dans l'arrêté du 3 mai 2024, ainsi que les conclusions accessoires à fin d'injonction qui s'y rattachent et les conclusions relatives aux frais de l'instance, sont renvoyées devant la formation collégiale de ce tribunal.

Article 2 : Les décisions du 3 mai 2024, prises à l'encontre de Mme C F, portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de de destination de cette mesure d'éloignement et la décision du 22 mai 2024 portant rétention du passeport péruvien de l'intéressée sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint au préfet d'Eure-et-Loir de procéder au réexamen de la situation de Mme C F dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement et, dans l'attente de ce réexamen et dans un délai de quinze jours, d'une part, de la munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et, d'autre part, de lui restituer son passeport péruvien.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme H C F et au préfet d'Eure-et-Loir.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2024.

La magistrate désignée,

Véronique G

Le greffier,

Sébastien BIRCKEL

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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