Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403541
jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403541 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 août 2024, M. A B, représenté par Me Jugieau, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre la décision du 18 juillet 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité lui a retiré sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité ;
3°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de lui restituer, à titre provisoire, sa carte professionnelle, dans un délai de 6 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision de retrait de sa carte professionnelle le prive de la possibilité d'exercer son activité d'agent de sécurité privée et le place dans une situation financière précaire compte tenu de la composition et des charges de sa famille ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cette décision, qui n'est pas motivée et n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire, sans que soit justifiée d'urgence particulière à décider le retrait de sa carte professionnelle ;
- le moyen tiré de ce que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure est, de même, de nature à faire naître un doute sérieux quant à sa légalité dès lors qu'il n'a eu aucun comportement récent incompatible avec les fonctions qu'il exerce depuis plusieurs années.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2024, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que la carte professionnelle a été restituée à M. B.
Par un mémoire, enregistré le 11 septembre 2024, M. B conclut, à titre principal, à ce qu'il soit donné acte au Conseil national des activités privées de sécurité de sa décision de restituer sa carte professionnelle, à titre subsidiaire, aux mêmes fins que sa requête, et en tout état de cause à la mise à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité d'une somme de 2 000 euros au titre des frais liés au litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 21 août 2024 sous le n°2403540 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour son application ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique du 11 septembre 2024 à 14h30 à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture d'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B était titulaire, depuis le 24 juillet 2020, d'une carte professionnelle d'agent de gardiennage ou de surveillance humaine pouvant inclure l'usage de moyens électroniques, valable jusqu'au 24 juillet 2025. Le 24 avril 2024, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a fait droit à sa demande d'extension de sa carte professionnelle aux activités d'agent cynophile et lui a délivré une nouvelle carte professionnelle valable jusqu'au 23 avril 2029. Par une décision du 18 juillet 2024, il a prononcé le retrait de cette carte professionnelle. M. B demande à la juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret du 20 décembre 2020 : " L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Il y a lieu, en application de ces dispositions, de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. Par une décision du 11 septembre 2024, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a restitué sa carte professionnelle à M. B. Par suite, les conclusions de l'intéressé aux fins de suspension de l'exécution de la décision du 18 juillet 2024 et d'injonction à ce que sa carte professionnelle lui soit restituée ont perdu leur objet. Il n'y a pas lieu pour la juge des référés d'y statuer.
Sur les conclusions présentées au titre des frais d'instance :
6. M. B ayant été provisoirement admis à l'aide juridictionnelle et n'établissant pas avoir exposé d'autres frais que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, sa demande tendant à ce que le Conseil national des activités privées de sécurité lui verse la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée. Cependant, dans les circonstances de l'espèce, dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros lui sera versée par le Conseil national des activités privées de sécurité sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. B.
Article 3 : Si M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le Conseil national des activités privées de sécurité lui versera la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Orléans, le 12 septembre 2024.
La juge des référés,
Sophie C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.