Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403823
jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403823 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL LIBRAJURIS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Silva, demande au juge des référés :
1) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 10 mai 2024 du ministre de l'intérieur portant invalidation de son permis de conduire ;
2) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est l'associé unique et le dirigeant de la société Montage et Développement basée à Dry, qui n'a pas de salarié, et que son activité de promotion immobilière, de marchand de biens, de montage et développement immobilier nécessite impérativement qu'il puisse se déplacer en véhicule sur les différents chantiers et clients à prospecter dans la région Centre ;
- il n'est pas concerné par les infractions des 18 juillet 2023 et 22 novembre 2023 dès lors que le véhicule avec lequel elles ont été commises ne lui appartient plus depuis qu'il l'a cédé en 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2403815 tendant à l'annulation de la décision 48SI en date du 10 mai 2024 du ministre de l'intérieur.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C Delandre en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delandre, juge des référés ;
- et les observations de Me Silva, avocat de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. En vertu des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension par le juge des référés de l'exécution d'une décision administrative est subordonnée, notamment, à la condition que " l'urgence le justifie " et que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et globalement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en prenant en considération l'intérêt général qu'il peut y avoir à maintenir le caractère exécutoire de cette décision. En outre, la condition d'urgence s'apprécie à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
3. Pour justifier de l'urgence qui s'attache à la suspension de l'exécution de la décision attaquée, le requérant soutient qu'il est l'associé unique et le dirigeant de la société Montage et Développement basée à Dry, qui n'a pas de salarié, et que son activité de promotion immobilière, de marchand de biens, de montage et développement immobilier nécessite impérativement qu'il puisse se déplacer en véhicule sur les différents chantiers et clients à prospecter dans la région Centre. Toutefois, il ne produit aucun élément de nature à établir la nécessité pour lui de disposer de son permis de conduire pour l'exercice de son activité professionnelle et dès lors qu'il ne pourrait exercer cette activité. Ainsi, il n'établit pas que la décision attaquée est susceptible de porter une atteinte grave et immédiate à l'exercice de sa profession. Par ailleurs, il ne conteste pas avoir commis l'infraction du 7 juillet 2022 pour le motif qu'il avait conduit sous l'emprise d'un état alcoolique. Enfin, alors qu'il a reçu la décision attaquée le 5 juin 2024, il n'a introduit la présente requête que le 12 septembre 2024. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut, en l'espèce, être regardée comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Fait à Orléans, le 3 octobre 2024.
Le juge des référés,
C DELANDRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.