Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403955

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403955
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif d’Orléans a rejeté la requête de Mme A contestant le classement sans suite de sa demande d’acquisition de la nationalité française par le préfet d’Indre-et-Loire. La décision préfectorale était fondée sur l’absence de production des pièces demandées malgré une mise en demeure, conformément à l’article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993. Le tribunal a estimé que les moyens invoqués par la requérante, notamment l’impossibilité de fournir les actes de naissance dans les délais, n’étaient pas assortis de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. En application de l’article R. 222-1, 7° du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme manifestement infondée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 23 juillet 2024 par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a décidé de classer sans suite sa demande tendant à l'acquisition de la nationalité française.

Elle soutient que :

- elle n'a reçu ni mail ni courrier postal de la préfecture ;

- il lui a été demandé son acte de naissance C ainsi que les actes de naissance de ses parents C alors qu'aucun d'eux n'a la qualité de réfugié ;

- les délais de traitement C sont extrêmement longs ;

- elle n'a finalement pas pu transmettre son acte de naissance C qu'elle n'a reçu qu'après la notification de la décision de classement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;

- le code de la nationalité française ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a déposé auprès des services de la préfecture d'Indre-et-Loire une demande tendant à l'acquisition de la nationalité française. Par décision du 23 juillet 2024, le préfet d'Indre-et-Loire a décidé de procéder au classement sans suite de sa demande au motif qu'elle n'avait pas communiqué les pièces attendues en dépit de la mise en demeure qui lui avait été préalablement adressée. Mme A conteste cette décision.

2. Aux termes de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ". Le classement sans suite prononcé en application de ces dispositions constitue une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.

3. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative: " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

4. Mme A soutient sans en justifier qu'elle ne pouvait pas dans le cadre de l'instruction de sa demande produire son acte de naissance et ceux de ses parents puis qu'elle les a finalement obtenus mais les a produits au préfet après le délai qui lui avait alors été imparti. Ces deux moyens ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ni manifestement assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Sa requête doit dès lors être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1, 7° du code de justice administrative, étant précisé que la présente ordonnance ne préjuge en rien de l'issue d'une nouvelle demande que la requérante peut, si elle s'y croit fondée, déposer.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée pour information au préfet d'Indre-et-Loire.

Fait à Orléans, le 8 octobre 2024.

Le président de la 5e chambre,

Samuel DELIANCOURT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.