Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403998
vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403998 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Sourty, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Eure et Loire en date du 11 septembre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français ;
3°) d'enjoindre audit préfet de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.800 € au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
* la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale au motif que :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure pour méconnaissance du principe général du droit européen d'être entendu ;
- elle méconnaît l'article 8 de la CEDH car il a 2 enfants et vit depuis de nombreuses années en France.
* la décision supprimant le départ de délai volontaire est illégale car :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence de toute raison de refuser un délai ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
* la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale car :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
- Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant bulgare né 25 mars 1984 à Provadiya (Bulgarie), demande au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet de l'Eure-et-Loir en date du 11 septembre 2024 qu'il indique s'être vu notifier le jour même l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". Selon l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. ".
3. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au juge administratif d'inviter l'auteur d'une requête entachée d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte en cours d'instance à la régulariser et qu'il doit être procédé à cette invitation par lettre remise contre signature ou par tout autre dispositif permettant d'attester la date de réception.
4. M. B indique dans sa requête ne pas s'être vu délivrer de copie de l'arrêté dont il sollicite l'annulation. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée par courrier du 1er octobre 2024 via l'application Télérecours et lu le lendemain, M. B n'a pas, à l'expiration du délai de 15 jours qui lui était imparti, produit l'acte attaqué, ni justifié de l'impossibilité de le produire, ni même avoir accompli toutes les diligences qu'il pouvait effectuer afin de se procurer ladite décision. Dans ces conditions, sa requête qui n'a pas été régularisée est entachée d'irrecevabilité manifeste et doit, par suite, être rejetée. Il n'y a pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire dès lors que son action est manifestement vouée au rejet en application des dispositions de l'article 7 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée pour information au préfet d'Eure-et-Loir.
Fait à Orléans, le 18 octobre 2024.
Le président de la 5ème chambre,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.