vendredi 8 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2404035 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DEGRACES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 septembre 2024 et le 24 octobre 2024, Mme A C, épouse B, représentée par Me Degrâces, avocate, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Loiret a rejeté sa demande de titre de séjour, ensemble la décision du 10 octobre 2024 par laquelle la préfète du Loiret a clôturé sa demande ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un certificat de résidence valable dix ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier de ses écritures, que :
- faute pour la préfète d'avoir répondu à sa demande de communication des motifs la décision implicite attaquée devra être annulée ;
- la décision expresse du 10 octobre 2024 est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît les stipulations du b) de l'alinéa 4 de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la préfète du Loiret ne pouvait, sans erreur de droit et sans ajouter à l'accord franco-algérien une condition qui n'y figure pas, rejeter sa demande au motif qu'elle disposait d'un visa D " visiteur " ;
- la décision du 10 octobre 2024 est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il lui est demandé de présenter sa demande comme " visiteur " ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée à la préfète du Loiret qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lardennois,
- et les observations de Me Sadeg, substituant Me Degrâces, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Les décisions par lesquelles l'administration refuse la délivrance d'un titre de séjour sont au nombre des décisions individuelles défavorables soumises à l'obligation de motivation en application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, épouse B, ressortissante algérienne née le 28 novembre 1958, est entrée sur le territoire français le 14 septembre 2023 munie d'un passeport revêtu d'un visa D portant la mention " visiteur " délivré par les autorités consulaires françaises le 27 juin 2023 et valable jusqu'au 25 septembre 2023, et que le 23 septembre 2023, elle a sollicité des services de la préfecture du Loiret la délivrance d'un certificat de résidence valable dix ans en application des stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Il n'est pas contesté par la préfète du Loiret, qui n'a pas produit de mémoire en défense, que le dossier présenté par Mme B était complet et d'ailleurs, il ressort notamment de la réponse du 20 juin 2024 faite par les services de la préfecture à un courrier de relance adressé par l'intéressée que le dossier de la requérante était en cours d'instruction. Dans ces conditions, le silence gardé par la préfète du Loiret pendant plus de quatre mois a fait naître, le 23 janvier 2024, une décision implicite de rejet susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir sans que la circonstance que soit intervenue le 10 octobre 2024 une décision expresse de clôture de la demande de titre de séjour, qui ne s'est pas substituée à la décision implicite de rejet, ait d'incidence. Par un courrier du 17 juin 2024, reçu en préfecture le 19 juin suivant, Mme B a demandé la communication des motifs de cette décision. Aucune réponse n'a été apportée à ce courrier dans le délai d'un mois fixé par l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, la requérante est fondée à soutenir que la décision implicite de rejet attaquée ne satisfait pas à l'obligation de motivation.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler la décision implicite de rejet de la préfète du Loiret ainsi que, par voie de conséquence, la décision du 10 octobre 2024 portant clôture de la demande de titre de séjour de Mme B.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement, eu égard au motif d'annulation retenu, implique seulement que la préfète du Loiret procède au réexamen de la demande de titre de séjour de Mme B. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Loiret de procéder à ce nouvel examen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et dans cette attente de munir la requérante d'un récépissé valant autorisation provisoire de séjour. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme B d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle la préfète du Loiret a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B et la décision du 10 octobre 2024 portant clôture de la demande de titre de séjour sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Loiret de procéder au réexamen de la demande de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et dans cette attente de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, épouse B et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2025, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2025.
Le rapporteur,
Stéphane LARDENNOIS
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026