Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404216
lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2404216 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2024, Mme A, représentée par Me Cruchaudet, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution d'une décision implicite de rejet du 15 septembre 2024 par laquelle le directeur du centre hospitalier Victor Jousselin de Dreux a refusé de la déclarer auprès de France Travail en tant que non-démissionnaire de ses différents contrats de vacation et de contrats de travail à durée déterminée intervenus entre le 1er février 2023 et le 3 juin 2024 ;
2°) de suspendre l'exécution d'une décision implicite de rejet du 15 septembre 2024 par laquelle le directeur du centre hospitalier Victor Jousselin de Dreux a refusé de requalifier ses différents contrats de vacataire en contrat à durée déterminée pour la période continue du 1er février 2023 au 3 juin 2024 ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier Victor Jousselin de Dreux de reconstituer sa carrière ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier Victor Jousselin de Dreux une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle n'a plus de revenus, qu'elle est surendettée et que la suspension de l'exécution des décisions attaquées lui permettrait d'être rétablie dans ses droits notamment par la perception de l'allocation d'aide au retour à l'emploi et de retrouver des conditions de vie normales et décentes ;
- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige est également remplie car elle aurait dû être recrutée en qualité de contractuelle du 24 janvier 2023 au 3 janvier 2024, qu'elle n'a jamais exprimé le souhait de ne pas poursuivre sa relation contractuelle après cette date et qu'elle ne peut être considérée comme étant démissionnaire de son emploi ; en conséquence, son employeur aurait dû indiquer à France Travail qu'elle avait été involontairement privée d'emploi ce qui lui aurait permis de percevoir l'allocation de retour à l'emploi.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 octobre 2024 sous le n° 2404215 par laquelle Mme A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Pour l'application de ces dispositions, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été recrutée par le centre hospitalier Victor Jousselin de Dreux en qualité d'agent de service hospitalier vacataire, plusieurs jours par mois, entre janvier et août 2023. Elle a ensuite été recrutée par le même centre hospitalier en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié par un contrat à durée déterminée du 4 septembre 2023, renouvelé à deux reprises jusqu'au 31 mars 2024. Elle a enfin effectué des vacations en tant qu'agent de service hospitalier les 9, 10, 15 et 25 avril 2024, les 2, 22 et
28 mai 2024 et le 3 juin 2024. Par un courrier du 14 juin 2024, le directeur de l'agence France Travail de Dreux a informé Mme A que le versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi lui était refusé aux motifs qu'elle avait perdu volontairement un emploi et qu'elle ne justifiait pas, depuis son départ volontaire, d'au moins 65 jours travaillés ou 455 heures de travail. Par un courrier du 15 juillet 2024, Mme A, par l'intermédiaire de son conseil, a demandé au centre hospitalier Victor Jousselin de Dreux d'indiquer à France Travail qu'elle ne s'est jamais opposée à la poursuite de leurs relations de travail après le 3 juin 2024 et de requalifier en contrats à durée déterminée les contrats de vacation conclus entre le 24 janvier 2023 et le 3 juin 2024. Elle demande à la juge des référés de suspendre l'exécution des décisions implicites par lesquelles le directeur du centre hospitalier Victor Jousselin de Dreux a refusé de faire droit à ses demandes.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de ces décisions, Mme A soutient qu'elle n'a plus de revenus, qu'elle se trouve en situation de surendettement et qu'elle doit être rétablie dans ses droits " notamment par la perception de l'allocation d'aide au retour à l'emploi ". Toutefois, il ressort des mentions non contestées du courrier du 29 juillet 2024 du directeur du centre hospitalier Victor Jousselin de Dreux que l'intéressée a elle-même, par un courrier du 10 avril 2024, expressément refusé de renouveler le contrat à durée déterminée qui prenait fin le 31 mars 2024, qu'il en a en conséquence informé France Travail et a par ailleurs déclaré les vacations effectuées en avril, mai et juin 2024. Il en résulte que la perte de revenus dont se prévaut la requérante, liée au refus de l'agence France Travail de Dreux de lui octroyer l'allocation de retour à l'emploi, n'est pas lié aux effets des décisions en litige. Par suite, l'existence de conséquences graves et immédiates de ces décisions sur la situation de Mme A n'est pas établie. Dès lors, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être considérée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, que les conclusions de Mme A tendant à la suspension de leur exécution doivent être rejetées, sans instruction ni audience, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'elle présente au titre des frais liés au litige doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera transmise pour information au centre hospitalier Victor Jousselin de Dreux.
Fait à Orléans, le 14 octobre 2024.
La juge des référés,
Sophie C
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.