Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404272
mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2404272 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 octobre 2024, Mme A B, représentée par Me Silvestre, demande au juge des référés :
1°) d'accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 30 août 2024 par laquelle la commission d'admission en master " Droit civil et judiciaire " de l'université d'Orléans a refusé de l'autoriser à redoubler ;
3°) d'enjoindre à l'université d'Orléans de permettre son inscription lors de l'année universitaire 2024/2025 en première année du master " Droit civil et judiciaire " dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance de référé, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'université d'Orléans une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil s'engage à renoncer à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'urgence résulte, en premier lieu, de ce que l'année universitaire a déjà débuté et qu'elle doit pouvoir bénéficier des travaux dirigés, du contrôle continu et de la faculté de passer en décembre prochain l'examen terminal pour la seule matière restant à valider, en deuxième lieu, de ce qu'elle ne peut désormais s'inscrire dans un autre master et, enfin, de ce que l'université ne peut sérieusement opposer l'insuffisance de places alors qu'elle ne doit assister aux cours et travaux dirigés que dans une seule matière ;
- l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée résulte, en premier lieu, de l'incompétence de la commission d'admission en master et de l'incompétence de la présidente de la commission pédagogique, en deuxième lieu, de l'irrégularité de la composition de la commission lorsqu'elle a examiné sa situation, en troisième lieu, d'une erreur de fait dès lors qu'elle n'avait pas qu'une seule matière à repasser lors de son redoublement et, enfin, de l'erreur manifeste d'appréciation compte tenu du nombre très réduit de points qui lui faisaient défaut, des conditions dans lesquelles la matière " droit des sûretés " a été évaluée et des graves difficultés personnelles qu'elle rencontre depuis plus de trois ans et demie.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2404271, enregistrée le 9 octobre 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision du 30 août 2024.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Les conclusions à fin d'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande d'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision en litige et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
3. Mme B, inscrite en première année de master " Droit civil et judiciaire " au cours de l'année 2021-2022 puis admise à redoubler au cours des années 2022-2023 et 2023-2024, n'a pas validé le semestre 7 à l'issue de la deuxième session de cette dernière année, n'obtenant qu'une note de 6/20 à la matière " droit des sûretés " et portant ainsi sa moyenne générale pour ce semestre à 9,966/20. Elle demande la suspension de l'exécution d'une décision du 30 août 2024 par laquelle la commission d'admission en master a refusé de l'autoriser à redoubler une nouvelle fois.
4. Pour fonder ses conclusions à fin de suspension d'exécution, Mme B soutient que l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée résulte, en premier lieu, de l'incompétence de la commission d'admission en master et de l'incompétence de la présidente de la commission pédagogique, en deuxième lieu, de l'irrégularité de la composition de la commission lorsqu'elle a examiné sa situation, en troisième lieu, d'une erreur de fait dès lors qu'elle n'avait pas qu'une seule matière à repasser lors de son redoublement et, enfin, de l'erreur manifeste d'appréciation compte tenu du nombre très réduit de points qui lui faisaient défaut, des conditions dans lesquelles la matière " droit des sûretés " a été évaluée et des graves difficultés personnelles qu'elle rencontre depuis plus de trois ans et demie. Aucun de ces moyens n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution de la décision attaquée et, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions à fin d'injonction.
Les frais de l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'université d'Orléans, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que réclame Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE:
Article 1er : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle est accordé à titre provisoire à Mme B.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Orléans, le 15 octobre 2024.
Le juge des référés,
Denis C
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.