Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404346

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2404346
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de M. A... concernant l'interdiction d'exercer des fonctions dans le sport pendant cinq ans, prononcée par la préfète du Loiret sur la base de l'article L. 212-13 du code du sport. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, les arguments du requérant (impossibilité de participer à des compétitions et atteinte à sa réputation) ne caractérisant pas une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation. En conséquence, la requête a été rejetée sans examen des moyens de fond, y compris les conclusions relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2024, M. B... A..., représenté par Me Acheampong, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 21 juin 2024 par laquelle la préfète du Loiret a prononcé à son encontre, sur le fondement de l’article L. 212-13 du code du sport, pendant une durée de cinq ans, une interdiction d’exercer toutes les fonctions mentionnées aux articles L. 212-1 et L. 223-1 du code du sport ou d’intervenir auprès de mineurs au sein des établissements d’activités physiques et sportives mentionnées à l’article L. 322-1 du code du sport ;

2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée lui interdit de participer à toute compétition sportive et à toute activité organisée par la fédération française de parachutisme (FFP) pendant cinq ans et porte atteinte à son honneur et à sa réputation ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée car :
* elle méconnaît le champ d’application des articles L. 212-13, L. 212-1 et L. 212-2 du code du sport et est entachée d’une erreur de droit ;
* la matérialité des faits n’est pas établie ;
* la mesure est disproportionnée au regard de la proposition de la conciliatrice, désignée par le Comité national olympique et sportif français, de réduire à deux ans, dont un avec sursis, l’interdiction de licence décidée par le comité de discipline d’appel de la FFP ;
* la décision méconnaît son droit au respect de sa vie privée en ce qu’elle fait état de ses relations avec son ex-compagne et fait mention de ses difficultés à gérer ses émotions ;

* elle a été prise à l’issue d’une procédure irrégulière puisqu’il n’a pas eu accès à son dossier à l’ouverture de l’enquête administrative et qu’il n’a pas disposé d’un temps suffisant pour s’expliquer devant la formation spécialisée du conseil départemental de la jeunesse, des sports et de la vie associative (CDJSVA) ;
* les faits reprochés ont déjà fait l’objet de poursuites pénales et ne peuvent servir de fondement à une procédure en matière de police administrative en vertu du principe « non bis in idem ».

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 14 octobre 2024 sous le n° 2404345 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code du sport ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C... pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

L’urgence justifie la suspension de l’exécution d’un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence s’apprécie objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.

Pour justifier l’urgence qui s’attache, selon lui, à la suspension de l’exécution de la décision de la préfète du Loiret du 21 juin 2024, M. A..., chef d’établissement scolaire et pilote largueur, non professionnel, licencié de la fédération française de parachutisme (FFP), se borne à faire valoir que cette décision lui interdit, pendant cinq ans, de participer aux compétitions sportives et aux activités organisées par la FFP et qu’elle porte gravement atteinte à son honneur et à sa réputation. De telles considérations ne caractérisent pas une situation d’urgence au sens des dispositions citées au point 1. Par suite, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l’existence d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, la requête de M. A... ne peut qu’être rejetée, sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, et ce, y compris ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 de ce code.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Orléans, le 15 octobre 2024.


La juge des référés,





Sophie C...

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.