Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404885

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2404885
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL ATMOS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de la société BS Environnement. Celle-ci contestait le rejet de son offre dans le cadre d'un marché public de traitement de déchets dangereux, en invoquant des manquements aux obligations de publicité et de mise en concurrence. Le juge a estimé que les sous-critères de la valeur technique et le critère des performances environnementales étaient suffisamment définis et objectivés, et que l'absence de justificatifs exigés pour ce dernier critère n'était pas irrégulière. La solution retenue est le rejet de la requête, le juge n'ayant pas retenu de manquement aux principes de transparence et d'égalité de traitement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 novembre 2024 et le 5 décembre 2024, la société BS Environnement, représentée par Me Sfez, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :

1°) d'annuler la décision du 8 novembre 2024 par laquelle le président de la communauté de communes Loches Sud Touraine a rejeté l'offre qu'elle a soumise dans le cadre la procédure de passation d'un marché public ayant pour objet la mise à disposition de contenants, transport et traitement des déchets dangereux ménagers (DDM) des huit déchèteries du territoire de Loches Sud Touraine, ensemble la procédure engagée par la communauté de communes Loches Sud Touraine à compter de l'examen des offres ;

2°) d'enjoindre au président de la communauté de communes Loches Sud Touraine de fournir les pièces ayant permis l'établissement de ses notes ;

3°) d'enjoindre à la communauté de communes Loches Sud Touraine de reprendre la procédure au stade de l'examen des offres, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cinq cents euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la communauté de communes Loches Sud Touraine la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision de rejet de son offre est illégale en ce qu'elle a été prise en violation des obligations de publicité et de mise en concurrence prescrites par le code de la commande publique car :

* les sous-critères d'évaluation de la valeur technique des offres à savoir " Organisation du service, moyens humains et matériels ", " Moyens mis en œuvre dans les échanges avec le pouvoir adjudicateur " et " Organisation déployée pour la gestion de la qualité et de la sécurité " portent en réalité sur les capacités générales des candidats, sans justification de l'influence significative de tels éléments sur le niveau d'exécution du marché, ce qui les rend inappropriés pour juger la valeur intrinsèque des offres ; l'application de ces sous-critères dans l'évaluation de la valeur technique des offres n'a pas permis de sélectionner objectivement l'offre la plus avantageuse dans la mesure où le pouvoir adjudicateur lui a attribué la même note (37,50/50) qu'à la société Recydis, attributaire du marché ;

* les documents de la consultation ne requièrent pas de pièces justificatives permettant de vérifier l'exactitude des informations fournies par les candidats concernant leurs " performances en matière de protection de l'environnement ", critère qui représente 10% de la notation globale de la valeur des offres, alors que le pouvoir adjudicateur doit être en mesure d'évaluer la valeur respective des offres, notamment en exigeant, si nécessaire, la production de justificatifs permettant de vérifier l'exactitude des informations fournies par les candidats concernant une caractéristique technique déterminante pour l'appréciation de la valeur des offres afin d'objectiver sa notation ; en l'absence de justificatifs requis par les documents de la consultation, les offres soumises par les candidats ont manifestement été évaluées sure la seule base des déclarations fournies par ces derniers et la note de 7,50/10, attribuée de manière identique aux deux candidats arrivés en tête du classement, ne traduit en rien la réalité de leurs performances respectives en matière de protection de l'environnement sachant que les centres de traitement des déchets de la société requérante et ceux de sa concurrente ne se situent pas à une distance équivalente, impliquant ainsi que leurs performances environnementales, notamment en termes d'émission de CO2, ne sauraient être identiques ; il en est de même du fait qu'elle intervient déjà sur les 8 déchetteries du territoire de la communauté de communes dans le cadre de l'exécution d'un autre marché dans les régions Centre-Val de Loire et le département de la Sarthe et est par suite en capacité de mieux optimiser l'efficacité environnementale des prestations objet du marché ne serait-ce qu'en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre dans les opérations de transport ; en retenant un critère dont l'imprécision de la notation la désavantage la communauté de communes a compromis l'égalité de traitement entre les candidats ; l'annexe 1 au règlement de la consultation ne suffit pas à objectiver la notation de la performance des candidats en matière de protection de l'environnement ;

* la grille de notation des critères d'attribution tenant à la valeur technique et aux performances des candidats en matière de protection de l'environnement présente des éléments imprécis, conférant à la communauté de communes une latitude totale dans la notation des critères et sous critères d'évaluation des offres qui n'a défini dans les pièces du marché les notions de " conforme au DCE " et de " Valeur ajoutée supérieur au projet du DCE " ni les éléments au regard desquels elle a pu apprécier la conformité ou la valeur ajoutée des offres au projet du DCE et par suite n'a pas mis les candidats en situation de formaliser leurs offres de manière à répondre aux critères de sélection des offres, ce qui lui a permis de modérer ou d'augmenter à sa guise et sans contrôle possible les notes des deux candidats, auxquels elle a attribué la même note pour les critères " valeur technique " et " performances en matière de protection de l'environnement " ;

- elle a été lésée par ces manquements tenant en une définition irrégulière des critères relatifs à la valeur technique et aux performances en matière de protection de l'environnement car les notes identiques attribuées aux deux sociétés sur ces derniers critères ont effectivement réduit leur poids relatif, laissant le critère du prix dominer.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2024, la communauté de communes Loches Sud Touraine, représentée par Me Dalibard, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la société BS Environnement la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

Elle soutient que :

- les moyens soulevés sont inopérants, la requérante ne justifiant pas avoir été lésée par les manquements qu'elle invoque puisque les notes attribuées à elle et à l'attributaire concernant tant la valeur technique que la valeur environnementale sont identiques et que c'est le seul critère du prix des prestations qui a permis de les départager ;

- les moyens soulevés sont infondés car les critères d'attribution des offres sont réguliers s'agissant tant de la valeur technique des offres que de leur valeur environnementale :

* il est possible de vérifier, au stade de l'examen des offres, les moyens assignés par le candidat à l'exécution du marché, indépendamment de la vérification antérieure de la recevabilité de sa candidature, le pouvoir adjudicateur pouvant valablement fixer pour l'appréciation de la valeur des offres, des critères tenant à aux moyens humains et matériels affectés par l'opérateur économique à l'exécution du marché et en l'espèce le moyen tiré de l'irrégularité du critère de la valeur technique est infondé car les sous-critères retenus au titre de la valeur technique se rapportent de manière classique aux moyens en personnel et en matériel affectés à l'exécution des prestations objet du marché et sont parfaitement adaptés à l'appréciation de la valeur intrinsèque des offres ;

- le moyen tiré de l'irrégularité du critère des performances en matière de protection de l'environnement est infondé ; le règlement de la consultation comportait l'ensemble des justificatifs attendus pour leur analyse au regard de chacun des différents critères et sous-critères ; au demeurant il n'appartient pas au juge du référé précontractuel d'examiner l'appréciation portée par le pouvoir adjudicateur à l'issue de la consultation sur les mérites respectifs de chacun des candidats et par conséquent, le moyen tiré de ce que l'offre de la requérante présenterait une meilleure efficacité environnementale est également pour ce motif inopérant ;

- le moyen tiré de l'irrégularité de la méthode de notation des offres est infondé ; aucune incertitude n'entoure l'application de cette méthode de notation qui est régulière et aucunement de nature à priver de leur portée les critères d'attribution ou neutraliser leur pondération ; au demeurant la méthode de notation des offres ne peut être utilement contestée devant le juge du référé précontractuel qu'en cas d'erreur de droit ou de discrimination illégale

Par un mémoire enregistré le 4 décembre 2024, la société Recydis, représentée par Me Braud, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la société BS Environnement la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative :

Elle soutient que :

- il n'appartient pas au juge du référé précontractuel de se prononcer sur le mérite respectif des offres déposées par les candidats ;

- la société requérante ne démontre pas avoir été lésée par les manquements qu'elle invoque ;

- les sous-critères d'évaluation étaient parfaitement appropriés ; l'article R. 2152-7 du code de la commande publique détaille les critères sur lesquels l'adjudicateur est susceptible de se fonder, dont notamment les moyens humains mis à disposition dans le cadre du marché ; en particulier dans le cadre de marchés liés à la gestion de déchets, il est primordial que les soumissionnaires proposent, au soutien de leur offre, un personnel suffisant pour répondre aux besoins de l'adjudicateur dans la mesure où le niveau d'exécution du marché sera directement lié aux moyens humains et techniques mis à disposition ainsi qu'à l'organisation des prestations par le futur attributaire dans le cadre de l'exécution du marché ;

- la communauté de communes, qui était libre de solliciter la production des justificatifs souhaités de la part des soumissionnaires au soutien de leurs offres, disposait d'informations parfaitement suffisantes pour apprécier les performances des candidats en matière de protection de l'environnement, l'annexe 1 du règlement de la consultation détaillant les informations qui étaient attendues de la part des candidats au soutien de leur offre, pour justifier de sa valeur environnementale ; en tout état de cause, saisi d'un moyen tenant à la précision d'un critère, le juge administratif prend en compte les éventuelles interrogations du requérant en cours de procédure et si la proximité des sites des candidats ou la circonstance qu'ils exécutaient des marchés analogues avaient été prises en compte, la consultation aurait été irrégulière ;

- la grille de notation, qui n'avait pas à être communiquée, était précise et il n'est pas démontré en quoi la méthode employée n'aurait pas permis de sélectionner l'offre économiquement la plus avantageuse ; au demeurant il est aisé de comprendre la différence entre les notions de " conforme au DCE " et " valeur ajoutée supérieure au projet " sachant que l'annexe 1 du règlement de la consultation détaillait de manière extrêmement précise les éléments qui étaient attendus des candidats dans le cadre de leur offre et sur la base desquels ils seraient notés.

Vu :

- la lettre reçue le 8 novembre 2024 par laquelle le président de la communauté de communes Loches Sud Touraine a informé la société BS Environnement que son offre n'était pas retenue ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Lefebvre-Soppelsa, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Anne Lefebvre-Soppelsa ;

- les observations de Me Monzala, substituant Me Sfez, représentant la société BS Environnement, qui a renoncé aux conclusions aux fins d'injonction de production des informations requises, lesdites informations ayant été communiquées le , et a persisté dans ses conclusions par les mêmes moyens et souligné que c'est en raison d'une appréciation biaisée s'agissant des critères techniques, ayant abouti à des notes identiques, que le départage des offres a été fait sur le seul critère du prix, et que cette appréciation biaisée est donc de nature à la léser ; qu'il n'est pas démontré que les données requises aux termes des sous-critères d'évaluation de la valeur technique des offres avaient une influence significative sur le niveau d'exécution du marché ; que faute de justificatifs objectivant la performance environnementale, le pouvoir adjudicateur avait toute latitude pour apprécier ce critère et les candidats ont été départagés sur la seule foi de leurs déclarations ; que les définitions de la grille de notation étaient imprécises et les documents listés dans l'annexe 1 insuffisants ;

- les observations de Me Thuilleaux, substituant Me Dalibard, représentant la communauté de communes Loches Sud Touraine qui a conclu au rejet de la requête par les mêmes moyens ;

- et les observations de Me De Rusquec, substituant Me Braud représentant la société Recydis qui a conclu au rejet de la requête par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, ou la délégation d'un service public () ". Aux termes de l'article L. 551-2 dudit code : " I. Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. () " et aux termes de l'article L. 551-10 du même code : " Les personnes habilitées à engager les recours prévus aux articles L. 551-1 et L. 551-5 sont celles qui ont un intérêt à conclure le contrat et qui sont susceptibles d'être lésées par le manquement invoqué () ".

2. La communauté de communes Loches Sud Touraine a initié le 11 juillet 2024 une procédure d'appel d'offres ouvert en vue de la conclusion d'un marché ayant pour objet la mise à disposition de contenants, le transport et le traitement d'environ 105 tonnes par an de déchets dangereux ménagers des huit déchèteries situées sur son territoire. La société BS Environnement a présenté une offre. Par courrier du 8 novembre 2024, la communauté de communes Loches Sud Touraine l'a informée du rejet de son offre et de ce que le marché était attribué à la société Recydis. Aux termes du règlement de consultation les critères retenus pour le jugement des offres étaient le " prix des prestations " critère pondéré à 40%, la " valeur technique " critère pondéré à 50% décomposé en 3 sous-critères : " Organisation du service, moyens humains et matériels " (30%), " Moyens mis en œuvre dans les échanges avec le pouvoir adjudicateur " (10%) et " Organisation déployée pour la gestion de la qualité et de la sécurité " (10%) et enfin les " Performances en matière de protection de l'environnement " critère pondéré à 10%. La société BS Environnement, classée 2ème sur 3, à laquelle la communauté de communes Loches Sud Touraine a communiqué les informations lui permettant de contester utilement le rejet de son offre, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative précité, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative d'annuler la décision du 8 novembre 2024, ensemble la procédure engagée par la communauté de communes Loches Sud Touraine à compter de l'examen des offres.

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 2152-7 du code de la commande publique : " Pour attribuer le marché au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse, l'acheteur se fonde : / 1° Soit sur un critère unique qui peut être : / a) Le prix, à condition que le marché ait pour seul objet l'achat de services ou de fournitures standardisés dont la qualité est insusceptible de variation d'un opérateur économique à l'autre ; / b) Le coût, déterminé selon une approche globale qui peut être fondée sur le coût du cycle de vie défini à l'article R. 2152-9 ; / 2° Soit sur une pluralité de critères non-discriminatoires et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution, parmi lesquels figure le critère du prix ou du coût et un ou plusieurs autres critères comprenant des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux. Il peut s'agir des critères suivants : / a) La qualité, y compris la valeur technique et les caractéristiques esthétiques ou fonctionnelles, l'accessibilité, l'apprentissage, la diversité, les conditions de production et de commercialisation, la garantie de la rémunération équitable des producteurs, le caractère innovant, les performances en matière de protection de l'environnement, de développement des approvisionnements directs de produits de l'agriculture, d'insertion professionnelle des publics en difficulté, la biodiversité, le bien-être animal ; / b) Les délais d'exécution, les conditions de livraison, le service après-vente et l'assistance technique, la sécurité des approvisionnements, l'interopérabilité et les caractéristiques opérationnelles ; / c) L'organisation, les qualifications et l'expérience du personnel assigné à l'exécution du marché lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d'exécution du marché. / D'autres critères peuvent être pris en compte s'ils sont justifiés par l'objet du marché ou ses conditions d'exécution. / () ". Il résulte de ces dispositions que si le pouvoir adjudicateur ne peut se fonder sur des critères portant sur les capacités générales de l'entreprise qu'au stade de l'examen des candidatures, il lui est loisible de retenir au stade de l'examen de la valeur intrinsèque des offres, à la condition qu'ils soient non discriminatoires et liés à l'objet du marché, des critères relatifs aux moyens en personnel et en matériel affectés par le candidat à l'exécution des prestations mêmes qui font l'objet du marché, afin d'en garantir la qualité technique.

4. D'une part, il résulte de l'instruction que l'annexe 1 du règlement de consultation dénommée " Cadre minimum du mémoire justificatif " précise de manière très détaillée, ainsi que le fait valoir la communauté de communes, chacun des critères et sous-critères d'attribution du marché, en sollicitant pour certains d'entre eux des justificatifs, notamment, s'agissant du sous-critère " Valeur environnementale ", la certification des installations, suivis, mesures concernant les impacts des installations et les caractéristiques environnementales des véhicules. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le pouvoir adjudicateur n'a exigé aucun justificatif permettant d'objectiver la notation de la performance des candidats en matière de protection de l'environnement.

5. D'autre part, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que soutient la société requérante, les trois sous-critères du critères " valeur technique " rappelés au point 2 et détaillés à l'annexe 1 du règlement de consultation qui se rapportent aux moyens en personnel et en matériel affectés par le candidat à l'exécution des prestations objet du marché sont liés à l'objet dudit marché et de nature à en garantir la qualité technique et par suite, qu'en les prenant en compte, la communauté de communes n'a pas porté de nouveau une appréciation sur les capacités générales des sociétés candidates ni procédé à une confusion des critères d'examen des candidatures et des offres mais a apprécié la valeur intrinsèque de chacune des offres.

6. Enfin, la société requérante ne peut utilement soutenir que ses performances environnementales ne pourraient pas être identiques à celles de la société attributaire, dès lors qu'il n'appartient pas au juge du référé précontractuel d'examiner l'appréciation portée par le pouvoir adjudicateur à l'issue de la consultation sur les mérites respectifs de chacun des candidats.

7. En second lieu, si la grille de notation des critères d'attribution tenant à la valeur technique et aux performances des candidats en matière de protection de l'environnement repose sur les notions de " conforme au DCE " et de " Valeur ajoutée supérieur au projet du DCE ", ces notions sont claires et cette méthode, régulière, n'est pas de nature à priver de leur portée les critères d'attribution ou à neutraliser leur pondération.

8. Il résulte de ce qui précède, et en tout état de cause, qu'en l'absence de manquement du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence, les conclusions de la société BS Environnement aux fins d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.

9. Les conclusions présentées par la société requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées, la communauté de communes Loches Sud Touraine n'étant pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la société requérante, en application de ces mêmes dispositions, la somme de 1 000 euros à verser à la communauté de communes Loches Sud Touraine et la somme de 1 000 euros à verser à la société Recydis, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société BS Environnement est rejetée.

Article 2 : La société BS Environnement versera à la communauté de communes Loches Sud Touraine la somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La société BS Environnement versera à la société Recydis la somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société BS Environnement, à la communauté de communes Loches Sud Touraine et à la société Recydis.

Fait à Orléans, le 9 décembre 2024.

La juge des référés,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2404885