Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404925

lundi 16 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2404925
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. A... contestant la décision du préfet d'Indre-et-Loire du 30 septembre 2024 classant sans suite sa demande d'acquisition de la nationalité française. Le tribunal a jugé que ce refus d'enregistrement, motivé par le caractère incomplet du dossier malgré une mise en demeure, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de recours pour excès de pouvoir. La requête a donc été considérée comme manifestement irrecevable sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, en application du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2024, M. B... A... doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 30 septembre 2024 par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a classé sans suite sa demande présentée en vue d’acquérir la nationalité française.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

D’autre part, aux termes de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ».

Le refus d’enregistrer une demande tendant comme en l’espèce à l’acquisition de la nationalité française, au motif du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet.

M. A... ne justifie pas, par les pièces qu’il produit, avoir présenté au préfet d'Indre-et-Loire un dossier complet au soutien de sa demande d’acquisition de la nationalité française et ce, malgré la mise en demeure dont il ne conteste pas avoir été destinataire. Dans ces conditions, le refus d’enregistrement de sa demande en date du 30 septembre 2024 ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir. Par suite, la requête de M. A... est entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit, pour ce motif, être rejetée en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Orléans, le 16 juin 2025.


La présidente de la 4ème chambre,





Sophie LESIEUX


La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.