Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2405054

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2405054
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A, qui contestait la décision implicite de refus de séjour née le 12 janvier 2023 du silence du préfet d'Eure-et-Loir sur sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié. Le juge a constaté que la requête, enregistrée le 27 novembre 2024, avait été présentée au-delà du délai raisonnable d'un an suivant la naissance de la décision implicite, et ce malgré une demande de communication des motifs effectuée seulement le 27 septembre 2024. Cette tardiveté a conduit au rejet de l'ensemble des conclusions, sans examen au fond des moyens soulevés (notamment la méconnaissance de l'article L. 435-1 du CESEDA et de l'article 8 de la CEDH). La décision se fonde sur l'article R. 222-1 4° du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Mohamed, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de refus de séjour née le 12 janvier 2023 du silence gardé par le préfet d'Eure-et-Loir sur sa demande en date du 12 septembre 2022 d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de " salarié " ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à titre principal de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour puis une carte de séjour temporaire, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- entré en France en 2014 de manière régulière, il démontre, depuis lors, une résidence stable et continue sur le territoire national ; il a saisi le 12 septembre 2022, le préfet d'Eure-et-Loir d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour mention " salarié " ; par un courrier recommandé en date du 24 septembre 2024 reçu le 27 septembre 2024, resté sans réponse, son conseil a demandé les motifs de la décision implicite de rejet née le 12 janvier 2023 du silence gardé sur sa demande de titre ;

- le refus de titre doit être annulé comme insuffisamment motivé dès lors qu'aucune réponse n'a été donné à sa demande de communication de motifs ;

- il n'y a pas eu d'examen de sa situation particulière ;

- le refus de titre a été pris en méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la circulaire " Valls " du 28 novembre 2012 et de la jurisprudence car il a présenté à son dossier la preuve de plus de 10 années de présence sur le territoire français et démontre une réelle intégration par le travail, en apportant plus de 24 fiches de paie à temps plein en tant que vendeur ;

- le refus de titre a été pris en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

3. M. B A demande au tribunal d'annuler la décision implicite de refus de séjour née le 12 janvier 2023 du silence gardé par le préfet d'Eure-et-Loir sur sa demande en date du 12 septembre 2022 d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de " salarié ". Toutefois, et alors qu'il n'a saisi le préfet d'Eure-et-Loir d'une demande de communication des motifs de cette décision implicite de refus de titre que le 27 septembre 2024, sa requête enregistrée le 27 novembre 2024, présentée au-delà du délai raisonnable d'un an, est manifestement tardive. Par suite, elle ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions comme manifestement irrecevable.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Orléans, le 2 décembre 2024.

La présidente de la 1ère chambre,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.