Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2405157

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2405157
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du préfet de Loir-et-Cher suspendant le permis de conduire de M. A pour cinq mois suite à un excès de vitesse. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le requérant n'ayant pas démontré que la suspension portait une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation professionnelle de gérant de garage. Il a notamment relevé que M. A ne justifiait pas de l'impossibilité de déléguer le contrôle des réparations à un autre salarié pendant la durée de la suspension. La requête a été rejetée par ordonnance sans audience, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2024, M. B A, représenté par

Me Rémy Josseaume, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 10 novembre 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois à compter de la date de retrait du titre.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il a impérativement besoin de son permis de conduire pour exercer son activité professionnelle de gérant d'une société spécialisée dans les activités de réparation et d'entretien d'automobiles et que tout autre mode, y compris par transport collectif, est inadapté à sa situation professionnelle ;

- l'arrêté du 10 novembre 2024 a été pris par une autorité incompétente, n'est pas motivé, méconnaît les dispositions des articles L. 224-2 et suivants du code de la route et celles des articles L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, est entaché de détournement de procédure.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2404906 tendant à l'annulation de l'arrêté du

10 novembre 2024 du préfet de Loir-et-Cher.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D C en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L.521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes de l'article L.522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1. ".

2. En vertu des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension par le juge des référés de l'exécution d'une décision administrative est subordonnée, notamment, à la condition que " l'urgence le justifie " et que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier de l'urgence qui s'attache à la suspension de l'exécution de l'arrêté du

10 novembre 2024 du préfet de Loir-et-Cher suspendant la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois, le requérant soutient qu'il a impérativement besoin de son permis de conduire pour exercer son activité professionnelle de gérant d'une société spécialisée dans les activités de réparation et d'entretien d'automobiles et que tout autre mode, y compris par transport collectif, est inadapté à sa situation professionnelle. Il produit un extrait du répertoire SIRENE relatif à son entreprise et une attestation de son expert-comptable du 12 novembre 2024 selon laquelle il est le gérant de la Sarl Garage A et que son permis de conduire lui est indispensable pour lui permettre de contrôler la qualité des réparations, gage de sécurité dû aux clients et que cela ne peut se faire que par l'essai des véhicules dans des conditions normales de circulation. Toutefois, il ressort de l'arrêté attaqué qu'il a commis un excès de vitesse important en roulant à la vitesse retenue de 144 km/h sur une route limitée à 90 km/h. Par ailleurs, il ne justifie pas de l'impossibilité de faire contrôler la qualité des réparations des véhicules de ses clients par une autre personne de son garage pendant la durée de suspension de son permis de conduire ou que ce contrôle est absolument nécessaire avant de rendre le véhicule au client. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que l'arrêté attaqué porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant. Par suite, la condition d'urgence ne peut, en l'espèce, être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 10 novembre 2024 du préfet de Loir-et-Cher.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Orléans, le 5 décembre 2024.

Le juge des référés,

D C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.