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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2501642

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2501642

mercredi 4 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2501642
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. B... visant à annuler le rejet de sa demande de remise gracieuse d'un trop-perçu de RSA. Le juge a estimé que l'indu provenait d'omissions répétées de déclaration de salaires et qu'aucun élément ne démontrait une situation de précarité financière justifiant la remise. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, qui exclut la remise en cas de fausse déclaration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 avril 2025 et 5 février 2026, M. A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 5 mars 2025 par laquelle la caisse d’allocations familiales du Loiret a rejeté sa demande de remise gracieuse de la somme de 2 790,93 euros de revenu de solidarité active indument perçue au titre de la période de septembre 2023 à mai 2024.

Il soutient qu’il ne peut rembourser la somme réclamée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2026, le département du Loiret conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient pas présentes, ni représentées.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles relatif au revenu de solidarité active : « La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ». Il résulte de ces dispositions qu’un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d’une remise gracieuse de la dette résultant d’un paiement indu d’allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l’indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s’entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d’une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

2. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l’examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l’administration. Lorsque l’indu résulte de ce que l’allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l’intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l’inverse, portent sur des ressources dépourvues d’incidence sur le droit de l’intéressé aux allocations ou à leur montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l’information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l’omission, des justifications données par l’intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l’allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu’il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l’allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l’information reçue, ignorer qu’il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l’omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

3. Il résulte de l’instruction que l’indu de revenu de solidarité active d’un montant de de 2 790,93 euros a pour origine l’omission de déclaration par le requérant de l’intégralité de ses salaires sur une période d’environ six mois. Le requérant ne conteste pas le bien-fondé de l’indu mais soutient qu’il ne peut rembourser la somme réclamée. Il n’invoque pas de circonstance de nature à établir qu’il pouvait de bonne foi ignorer qu’il était tenu de déclarer les ressources omises. Par ailleurs, le département soutient, sans être contredit, que le requérant ne rapportait pas la preuve d’une situation financière dégradée au point d’être dans l’impossibilité de rembourser la somme qui lui a été indûment versée. Par suite, compte tenu de l’ensemble des éléments précités, il ne résulte pas de l’instruction que, à la date du présent jugement, la situation de précarité de l’intéressé serait telle qu’il devrait être fait droit à sa demande de remise gracieuse de la somme précitée.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au département du Loiret.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2026.


Le magistrat désigné,

Le greffier,






Jean-Michel DELANDRE
Laurent BOUSSIERES


La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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