Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2501835

mercredi 7 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2501835
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAIT ALI

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B... contre la décision du préfet d'Indre-et-Loire ajournant à deux ans sa demande de naturalisation. En application de l'article 45 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993, le recours administratif préalable obligatoire auprès du ministre chargé des naturalisations n'avait pas donné lieu à une décision explicite ou implicite, et la requérante n'a attaqué que la décision préfectorale initiale, non la décision ministérielle qui s'y substitue. La requête a donc été rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 avril 2025, Mme A... B..., représentée par Me Aitali, demande au tribunal d’annuler la décision du 1er août 2024 par laquelle le préfet d’Indre-et-Loire a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

D’autre part, aux termes de l’article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. / Ce recours, pour lequel le demandeur peut se faire assister ou être représenté par toute personne de son choix, doit exposer les raisons pour lesquelles le réexamen de la demande est sollicité. Il constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. / Le silence gardé par le ministre chargé des naturalisations sur ce recours pendant plus de quatre mois vaut décision de rejet du recours ».

L’institution d’un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l’autorité compétente pour en connaître le soin d’arrêter définitivement la position de l’administration. Il s’ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu’elle est seule susceptible d’être déférée au juge de la légalité.

Si Mme B... produit à l’appui de sa requête la copie d’un recours hiérarchique formé le 13 octobre 2024 auprès du ministre chargé des naturalisations, elle ne justifie pas qu’une décision explicite ou implicite, seule susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir, serait intervenue. En tout état de cause, la requérante ne dirige ses conclusions à fin d’annulation, et ce de manière manifestement irrecevable, que contre la décision du préfet d’Indre-et-Loire du 1er août 2024. Dans ces conditions, et sans préjudice du droit de l’intéressée à mieux se pourvoir, si elle s’en croit recevable et fondée, devant le tribunal administratif de Nantes territorialement compétent en vertu de l’article R. 312-18 du code de justice administrative, il y a lieu de rejeter la requête par application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Orléans, le 7 mai 2025.


La présidente de la 4ème chambre,





Sophie LESIEUX

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.