Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2502098

mercredi 15 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2502098
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté la requête de Mme A... contestant la décision du préfet d'Indre-et-Loire du 24 avril 2025 classant sans suite sa demande de naturalisation. Le tribunal a jugé que cette requête était irrecevable, car le classement sans suite, fondé sur le défaut de production de pièces complémentaires malgré une mise en demeure, ne constitue pas une décision faisant grief au sens de l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993. La requérante n'ayant pas démontré que son dossier était complet, le recours pour excès de pouvoir a été rejeté sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 avril 2025, Mme B... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 24 avril 2025 par laquelle le préfet d’Indre-et-Loire a classé sans suite sa demande de naturalisation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».

2. Aux termes de l’article 40 du décret susvisé du 30 décembre 1993 : « L’autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l’instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d’accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l’examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu’elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ». Il résulte de ces dispositions que le défaut de production de pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Dans le cas où le dossier présenté est incomplet, le courrier de classement sans suite de la demande d’acquisition de nationalité ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

3. La décision litigieuse du préfet d’Indre-et-Loire classant sans suite la demande de naturalisation de Mme A... est fondée sur la circonstance que la requérante n’a pas communiqué la totalité des pièces attendues dans la mise en demeure qui lui a été adressée au préalable. Si la requérante affirme avoir bien communiqué l’ensemble des pièces demandées et exprime son incompréhension face au refus qui lui a été opposé, elle ne précise ni les pièces qui lui ont été demandées par cette mise en demeure, ni celles qu’elle aurait effectivement transmises en réponse et les dates de ces transmissions. Par suite, elle ne justifie pas que son dossier était complet, de sorte que la décision de classement sans suite de sa demande de naturalisation ne fait pas grief et que sa requête doit être rejetée comme irrecevable.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Orléans, le 15 octobre 2025


Le président de la 2ème chambre,



Denis LACASSAGNE

La République mande et ordonne au préfet d’Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.