Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2502446

jeudi 22 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2502446
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A B, ressortissant tunisien, qui contestait le rejet implicite de sa demande de renouvellement de carte de résident. Le juge a constaté que la requête était manifestement irrecevable, car elle ne contenait ni conclusions explicites ni exposé des moyens, et n'était pas accompagnée d'une requête distincte en annulation, en violation des articles R. 411-1 et R. 522-1 du code de justice administrative. En application de l'article L. 522-3 du même code, la demande a été rejetée sans examen de l'urgence ou du fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 mai 2025, M. D A B indique au juge des référés que le rejet implicite de sa demande du 9 décembre 2024 de renouvellement de sa carte de résident le place dans une situation difficile.

Il soutient que :

- ce refus a eu pour effet d'interrompre le versement des prestations sociales ;

- il risque d'entrainer la perte de son emploi et de son logement alors qu'il a deux enfants mineurs à charge.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 13 novembre 1977 et titulaire d'une carte de résident valable du 18 février 2015 au 17 février 2025, a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour le 9 décembre 2024. Il doit être regardé comme soutenant devant le juge des référés que le silence gardé sur cette demande par le préfet d'Eure-et-Loir pendant quatre mois a fait naitre une décision implicite de rejet.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

3. Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. / A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. "

4. Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

5. La requête de M. A B, d'une part, ne comporte ni conclusion explicite ni l'exposé de moyens, en méconnaissance de l'article R. 411-1 précité, et, d'autre part, n'est pas accompagnée de la production d'une copie de la requête distincte à fin d'annulation de la décision attaquée, en méconnaissance de l'article R. 522-1 précité. Elle est donc manifestement irrecevable. Il y a donc lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A B.

ORDONNE:

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A B.

Fait à Orléans, le 22 mai 2025.

Le juge des référés,

Denis C

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.