Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2502847

mardi 10 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2502847
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B qui demandait la suspension de l'arrêté du préfet de Loir-et-Cher suspendant son permis de conduire pour cinq mois. La solution retenue est un rejet pour incompétence territoriale, le juge estimant que le tribunal compétent est celui de Nantes, en application des articles R. 221-3 et R. 312-8 du code de justice administrative, car le requérant résidait en Sarthe à la date de la décision attaquée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 juin 2025, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 2 juin 2025 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois à compter de la date de retrait du titre.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la mesure de suspension porte une atteinte grave et immédiate à sa situation professionnelle car il ne peut se rendre sur les lieux de ses activités ;

- il ne conteste pas la matérialité de l'infraction mais la décision porte atteinte à sa situation professionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D C en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1. ".

2. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".

3. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 312-8 du code de justice administrative : " Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leur pouvoir de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. ".

4. Enfin, aux termes de l'article R. 221-3 du code de justice administrative : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : () Nantes : Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Vendée () ".

5. L'arrêté attaqué du 2 juin 2025 du préfet de Loir-et-Cher constitue une mesure de police administrative. Cette décision mentionne comme adresse de l'intéressé " 4 La Caboche à Valennes (72320 )" comme d'ailleurs la requête. Ainsi, à la date de l'arrêté attaqué, le requérant résidait dans la commune de Valennes dans le département de la Sarthe. Par suite, en application des dispositions précitées des articles R. 221-3 et R. 312-18 du code de justice administrative, le tribunal administratif de Nantes est territorialement compétent pour connaître de la présente requête.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article R. 522-8-1 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. B.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet de Loir-et-Cher.

Fait à Orléans, le 10 juin 2025.

Le juge des référés,

D C

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.