Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2505645

samedi 25 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2505645
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCABINET STRATEM AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a été saisi par M. B... d'un recours contestant le refus de France Travail d'effacer sa dette d'allocation d'aide au retour à l'emploi. Le juge a rejeté la requête pour incompétence de la juridiction administrative, estimant que le litige relève de l'ordre judiciaire. Cette solution est fondée sur les articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail, qui maintiennent la compétence judiciaire pour les prestations d'assurance chômage servies par France Travail.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2025, M. A... B..., représenté par Me A..., demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 17 septembre 2025 par laquelle France Travail (agence de Joué-lès-Tours) a refusé d’effacer sa dette d’allocation d’aide au retour à l’emploi dont le montant s’élève à 47 275,90 euros ;

2°) d’enjoindre à France Travail de réexaminer la demande d’effacement de sa dette d’allocation d’aide au retour à l’emploi dans un délai de deux ;

3°) de mettre à la charge de l’État et solidairement de France Travail la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les magistrats (…) ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; (…) ».

2. En vertu de l’article L. 5312-1 du code du travail, France Travail est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière qui a pour mission de : « 4° Assurer, pour le compte de l’organisme gestionnaire du régime d’assurance chômage, le service de l’allocation d’assurance (…) et, pour le compte de l’État, le service des allocations de solidarité (…) ». Aux termes de l’article L. 5312-12 du même code : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l’institution, pour le compte de l’organisme chargé de la gestion du régime d’assurance chômage ou de l’État sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution ». Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l’organisation du service public de l’emploi dont elles sont issues, que le législateur a souhaité que la réforme, qui s’est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi à l’Agence nationale pour l’emploi et aux associations pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (Assédic) devenu France Travail, reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s’agissant des prestations servies au titre du régime d’assurance chômage.

3. Il résulte de ce qui précède que la présente requête, par laquelle M. A... B... conteste le refus d’effacement de sa dette d’allocation d’aide au retour à l’emploi, alors qu’il ne résulte pas de l’instruction que le versement de cette allocation devrait être effectué en application d’une convention de gestion prévue par l’article L. 5424-2 du code du travail, relève de la compétence de la juridiction de l’ordre judiciaire. Par suite, la requête présentée par M. B... doit être rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Orléans, le 25 octobre 2025.


Le magistrat désigné,




G. GIRARD-RATRENAHARIMANGA


La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision