Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mars 2026, M. C... A... et Mme D... B... épouse A... demandent au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de leur délivrer à chacun un récépissé ou une attestation de prolongation d’instruction de leur demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance ;
2°) d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de procéder au traitement de leurs demandes de renouvellement de titre de séjour dans les meilleurs délais.
La requête a été communiquée au préfet d’Indre-et-Loire qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. (…). ».
2. Aux termes de l’article R* 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite mentionnée à l’article R* 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. / (…). ».
3. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l’article L. 521-3 susvisé du code de justice administrative, aux fins d’enjoindre à l’administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d’urgence et d’utilité, qu’elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
4. En premier lieu, il résulte des pièces du dossier que M. A..., ressortissant libanais né le 1er janvier 1987 à Beyrouth (République libanaise), titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « talent-salarié qualifié » valide jusqu’au 2 février 2026, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur la plateforme de l’Administration numérique pour les étrangers en France (Anef) le 2 novembre 2025. Le silence gardé par le préfet d’Indre-et-Loire sur cette demande a fait naître, conformément aux dispositions des articles R* 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile précités, une décision implicite de rejet au terme d’un délai de quatre mois suivant le dépôt de la demande, soit à compter du 3 mars 2026.
5. En deuxième lieu, il résulte des pièces du dossier que Mme B... épouse A..., ressortissante arménienne née le 21 octobre 1993 en République libanaise, titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « passeport talent (famille) » valide jusqu’au 2 février 2026, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur la plateforme Anef le 16 décembre 2025. Le silence gardé par le préfet d’Indre-et-Loire sur cette demande a fait naître, conformément aux dispositions des articles R* 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile précités, une décision implicite de rejet au terme d’un délai de quatre mois suivant le dépôt de la demande, soit à compter du 17 avril 2026. Au surplus, M. A... ne justifie pas d’un mandat de son épouse, Mme B... épouse A..., pour déposer un recours en son nom en sorte que, pour ce motif, les conclusions concernant Mme B... épouse A... sont irrecevables.
6. Dans ces conditions, la requête de M. A... et Mme B... épouse A... fait obstacle à l’exécution des décisions de rejet nées du silence gardé par le préfet sur leurs demandes. Par suite, la condition posée à l’article L. 521-3 du code de justice administrative et tenant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative n’est pas remplie.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... et Mme B... épouse A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... et Mme B... épouse A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A..., à Mme D... B... épouse A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet d’Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
G. GIRARD-RATRENAHARIMANGA
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.