Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2603776
mercredi 1 juillet 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2603776 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LECLERCQ |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juin 2026, M. A... C..., représenté par Me Leclercq, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou, à défaut, un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
La requête a été communiquée au préfet d’Indre-et-Loire qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D... en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l’article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 susvisée : « Dans les cas d’urgence, sous réserve de l’application des règles relatives aux commissions ou désignations d’office, l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ». Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur la requête de M. B..., de prononcer l’admission provisoire de l’intéressé à l’aide juridictionnelle avec comme avocate Me Leclercq.
Sur les conclusions au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. / (…). ».
4. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l’article L. 521-3 susvisé du code de justice administrative, aux fins d’enjoindre à l’administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d’urgence et d’utilité, qu’elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
5. Il résulte de l’instruction et des pièces du dossier que M. B..., ressortissant congolais né le 27 juillet 1996 à Kinshasa (République démocratique du Congo), a fait l’objet d’un arrêté du 15 novembre 2024 par lequel le préfet d’Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pouvait être renvoyé. Par une décision no 2405417 du 10 avril 2026, le tribunal administratif d’Orléans a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet d’Indre-et-Loire de statuer à nouveau sur la demande de titre de séjour de M. B... dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement. Par deux courriels envoyés respectivement les 25 avril et 28 mai 2026, le requérant a sollicité en vain les services de la préfecture d’Indre-et-Loire afin de se voir délivrer un récépissé. Il ressort des pièces du dossier que l’absence de titre de séjour, ou a minima de récépissé, a pour effet de bloquer les démarches entreprises par M. B... relativement à sa formation au diplôme d’État d’éducateur spécialisé et à son inscription pour obtenir un permis de conduire. Dans ces conditions, M. B... demande à titre principal au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou, à défaut, un récépissé l’autorisant à travailler.
6. Il ressort de tout ce qui a été dit au point précédent que le requérant justifie d’une situation d’urgence et du caractère utile de la demande de délivrance d’un récépissé l’autorisant à travailler. Enfin, il ne résulte pas de l’instruction que cette demande se heurte à une contestation sérieuse et ne fasse obstacle à l’exécution d’une décision administrative. Dans ces conditions, il y a lieu d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de délivrer à M. B..., au plus tard le vendredi 10 juillet 2026 à 17 heures, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.
Sur les frais liés au litige :
7. M. B... a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, et sous réserve que M. B... soit admis définitivement à l’aide juridictionnelle et Me Leclercq, avocate de ce dernier, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État, de mettre à la charge de l’État le versement de 1 200 euros à Me Leclercq. Dans l’hypothèse où M. B... ne serait pas admis à l’aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire avec comme avocate Me Leclercq.
Article 2 : Il est enjoint au préfet d’Indre-et-Loire de délivrer à M. B..., au plus tard le vendredi 10 juillet 2026 à 17 heures, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.
Article 3 : L’État versera à Me Leclercq, conseil de M. B..., une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l’admission définitive de M. B... à l’aide juridictionnelle et sous réserve que Me Leclercq renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État. Dans l’hypothèse où M. B... ne serait pas admis à l’aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B... est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet d’Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 1er juillet 2026
Le juge des référés,
G. D...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 18 juin 2026, M. A... C..., représenté par Me Leclercq, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou, à défaut, un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
La requête a été communiquée au préfet d’Indre-et-Loire qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D... en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l’article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 susvisée : « Dans les cas d’urgence, sous réserve de l’application des règles relatives aux commissions ou désignations d’office, l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ». Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur la requête de M. B..., de prononcer l’admission provisoire de l’intéressé à l’aide juridictionnelle avec comme avocate Me Leclercq.
Sur les conclusions au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. / (…). ».
4. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l’article L. 521-3 susvisé du code de justice administrative, aux fins d’enjoindre à l’administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d’urgence et d’utilité, qu’elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
5. Il résulte de l’instruction et des pièces du dossier que M. B..., ressortissant congolais né le 27 juillet 1996 à Kinshasa (République démocratique du Congo), a fait l’objet d’un arrêté du 15 novembre 2024 par lequel le préfet d’Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pouvait être renvoyé. Par une décision no 2405417 du 10 avril 2026, le tribunal administratif d’Orléans a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet d’Indre-et-Loire de statuer à nouveau sur la demande de titre de séjour de M. B... dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement. Par deux courriels envoyés respectivement les 25 avril et 28 mai 2026, le requérant a sollicité en vain les services de la préfecture d’Indre-et-Loire afin de se voir délivrer un récépissé. Il ressort des pièces du dossier que l’absence de titre de séjour, ou a minima de récépissé, a pour effet de bloquer les démarches entreprises par M. B... relativement à sa formation au diplôme d’État d’éducateur spécialisé et à son inscription pour obtenir un permis de conduire. Dans ces conditions, M. B... demande à titre principal au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou, à défaut, un récépissé l’autorisant à travailler.
6. Il ressort de tout ce qui a été dit au point précédent que le requérant justifie d’une situation d’urgence et du caractère utile de la demande de délivrance d’un récépissé l’autorisant à travailler. Enfin, il ne résulte pas de l’instruction que cette demande se heurte à une contestation sérieuse et ne fasse obstacle à l’exécution d’une décision administrative. Dans ces conditions, il y a lieu d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de délivrer à M. B..., au plus tard le vendredi 10 juillet 2026 à 17 heures, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.
Sur les frais liés au litige :
7. M. B... a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, et sous réserve que M. B... soit admis définitivement à l’aide juridictionnelle et Me Leclercq, avocate de ce dernier, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État, de mettre à la charge de l’État le versement de 1 200 euros à Me Leclercq. Dans l’hypothèse où M. B... ne serait pas admis à l’aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire avec comme avocate Me Leclercq.
Article 2 : Il est enjoint au préfet d’Indre-et-Loire de délivrer à M. B..., au plus tard le vendredi 10 juillet 2026 à 17 heures, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.
Article 3 : L’État versera à Me Leclercq, conseil de M. B..., une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l’admission définitive de M. B... à l’aide juridictionnelle et sous réserve que Me Leclercq renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État. Dans l’hypothèse où M. B... ne serait pas admis à l’aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B... est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet d’Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 1er juillet 2026
Le juge des référés,
G. D...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.