Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juin 2026, M. A... C..., représenté par Me Leclercq, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou, à défaut, un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
La requête a été communiquée au préfet d’Indre-et-Loire qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D... en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l’article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 susvisée : « Dans les cas d’urgence, sous réserve de l’application des règles relatives aux commissions ou désignations d’office, l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ». Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur la requête de M. B..., de prononcer l’admission provisoire de l’intéressé à l’aide juridictionnelle avec comme avocate Me Leclercq.
Sur les conclusions au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. / (…). ».
4. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l’article L. 521-3 susvisé du code de justice administrative, aux fins d’enjoindre à l’administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d’urgence et d’utilité, qu’elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
5. Il résulte de l’instruction et des pièces du dossier que M. B..., ressortissant congolais né le 27 juillet 1996 à Kinshasa (République démocratique du Congo), a fait l’objet d’un arrêté du 15 novembre 2024 par lequel le préfet d’Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pouvait être renvoyé. Par une décision no 2405417 du 10 avril 2026, le tribunal administratif d’Orléans a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet d’Indre-et-Loire de statuer à nouveau sur la demande de titre de séjour de M. B... dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement. Par deux courriels envoyés respectivement les 25 avril et 28 mai 2026, le requérant a sollicité en vain les services de la préfecture d’Indre-et-Loire afin de se voir délivrer un récépissé. Il ressort des pièces du dossier que l’absence de titre de séjour, ou a minima de récépissé, a pour effet de bloquer les démarches entreprises par M. B... relativement à sa formation au diplôme d’État d’éducateur spécialisé et à son inscription pour obtenir un permis de conduire. Dans ces conditions, M. B... demande à titre principal au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou, à défaut, un récépissé l’autorisant à travailler.
6. Il ressort de tout ce qui a été dit au point précédent que le requérant justifie d’une situation d’urgence et du caractère utile de la demande de délivrance d’un récépissé l’autorisant à travailler. Enfin, il ne résulte pas de l’instruction que cette demande se heurte à une contestation sérieuse et ne fasse obstacle à l’exécution d’une décision administrative. Dans ces conditions, il y a lieu d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de délivrer à M. B..., au plus tard le vendredi 10 juillet 2026 à 17 heures, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.
Sur les frais liés au litige :
7. M. B... a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, et sous réserve que M. B... soit admis définitivement à l’aide juridictionnelle et Me Leclercq, avocate de ce dernier, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État, de mettre à la charge de l’État le versement de 1 200 euros à Me Leclercq. Dans l’hypothèse où M. B... ne serait pas admis à l’aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire avec comme avocate Me Leclercq.
Article 2 : Il est enjoint au préfet d’Indre-et-Loire de délivrer à M. B..., au plus tard le vendredi 10 juillet 2026 à 17 heures, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.
Article 3 : L’État versera à Me Leclercq, conseil de M. B..., une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l’admission définitive de M. B... à l’aide juridictionnelle et sous réserve que Me Leclercq renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État. Dans l’hypothèse où M. B... ne serait pas admis à l’aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B... est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet d’Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 1er juillet 2026
Le juge des référés,
G. D...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.