Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juin 2026, Mme B... A..., représentée par Me Guyon, avocat, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision orale du 28 avril 2026 de la préfecture du Loiret portant fermeture administrative du gîte « domaine du Moulin de La Rochette » situé 25 route de Pithiviers à Aulnay-la-Rivière ;
2°) de suspendre l’exécution de l’arrêté n° A2023-11-15 du 10 novembre 2023 par lequel la maire d’Aulnay-la-Rivière a interdit l’accès du public au même établissement ;
3°) d’enjoindre à la commune d’Aulnay-la-Rivière d’autoriser la réouverture immédiate du gîte « domaine du Moulin de La Rochette » ;
4°) d’enjoindre au préfet du Loiret de réexaminer la situation du gîte « domaine du Moulin de La Rochette », dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
5°) d’assortir l’injonction d’une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
6°) de mettre une somme de 3 680 euros à la charge de l’Etat et de la commune d’Aulnay-la-Rivière, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2603878, enregistrée le 24 juin 2026, par laquelle Mme A... demande l’annulation des décisions susvisées.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C... pour statuer en qualité de juge des référés, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique (…) ». Enfin l’article L. 522-3 de ce code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».
2. Mme A... exploite un domaine situé à Aulnay-la-Rivière, comprenant des locaux à usage d’hébergement. A la suite d’une visite de la commission de sécurité de l’arrondissement de Pithiviers, qui a émis un avis défavorable à la poursuite de l’exploitation, la maire d’Aulnay-la-Rivière, par un arrêté n° A2023-11-15 du 10 novembre 2023, a prononcé la fermeture de cet établissement. Le courrier joint à cet arrêté comportait les précisions suivantes : « Cet arrêté est exécutoire dès le 8 novembre 2023 et aucune dérogation ne peut être obtenue. Vous proposez d’exploiter votre moulin à seulement 15 personnes. Sachez qu’il vous faut absolument condamner votre deuxième étage et faire en sorte de n’avoir que 15 couchages (pas de clic-clac, pas de lit enfant type « parapluie » et lit d’appoint). Nous attendons votre engagement écrit avec l’explication de votre procédure ». Si Mme A... fait état d’échanges avec la commune portant sur la possibilité d’exploiter les locaux en limitant la capacité d’accueil à quinze personnes, elle n’apporte aucun élément de nature à établir qu’elle aurait été autorisée à rouvrir son établissement, alors notamment, d’une part, que le passage, cité ci-dessus, du courrier de notification de l’arrêté ne saurait être regardé comme autorisant une telle réouverture, d’autre part, qu’il n’est pas allégué que l’arrêté du 10 novembre 2023 aurait été retiré, abrogé ou modifié. Lors d’une visite de contrôle inopinée du 19 juin 2025, la commission de sécurité de l’arrondissement de Pithiviers a relevé que l’établissement était toujours ouvert au public. Par un courrier du 13 avril 2026, Mme A... a été convoquée à une réunion de la commission de sécurité de l’arrondissement de Pithiviers qui s’est tenue le 28 avril 2026. Elle demande au juge des référés de suspendre l’exécution de la décision orale de fermeture administrative de l’établissement qui aurait été « prise, ou à tout le moins portée à [sa] connaissance » lors de cette réunion, ainsi que de l’arrêté n° A2023-11-15 du 10 novembre 2023.
3. Mme A... n’apporte aucun élément de nature à établir l’existence de la décision orale dont elle demande la suspension. En tout état de cause, si, pour justifier de l’existence d’une situation d’urgence, la requérante invoque les conséquences d’une fermeture totale de l’établissement, il résulte de ce qui est dit au point précédent que cette fermeture résulte de l’arrêté du 10 novembre 2023 lui-même. Par suite, la décision orale dont il est fait état, à supposer son existence établie, ne fait naître aucune situation d’urgence pour l’application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, la requérante ne conteste pas avoir reçu notification de l’arrêté du 10 novembre 2023 dès son intervention. Cet arrêté prévoyait, dans son article 2, la possibilité de réouverture des locaux au public après mise en conformité de l’établissement, visite de la commission de sécurité et autorisation de réouverture. Eu égard au délai écoulé depuis l’intervention de cet arrêté, Mme A..., qui n’a pas mis ce délai à profit pour mettre son établissement en conformité mais a continué à l’exploiter en méconnaissance de la mesure d’interdiction, ne peut se prévaloir d’aucune situation d’urgence.
4. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu, par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête de Mme A... dans toutes ses conclusions, y compris les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte et celles relatives aux frais exposés.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Orléans, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
Frédéric C...
La République mande et ordonne au préfet du Loiret en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.