mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2102467 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABARET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er avril 2021, M. A C, représenté par Me Cabaret, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 août 2020 par laquelle le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre subsidiaire, de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler à la suite de cet enregistrement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision contestée, au bas de laquelle aucun nom ne figure, ait été prise par une personne qui était compétente pour ce faire ;
- la décision est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il est entré en France muni de son passeport revêtu d'un visa long séjour valable du mois d'août 2018 au mois d'août 2019, que son entrée était régulière et qu'il n'était donc pas tenu de solliciter, à nouveau, un visa d'entrée en France ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet du Nord ne pouvait refuser sa demande sans apprécier le sérieux avec lequel il poursuivait ses études universitaires en France ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui, en dépit d'une mise en demeure du 7 février 2023, n'a pas produit de mémoire en défense.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. C par une décision du 1er février 2021.
La clôture de l'instruction a été fixée au 7 mars 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 7 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Fabre a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, né le 7 décembre 1997 au Maroc, de nationalité marocaine, est entré en France muni de son passeport revêtu d'un visa long séjour " étudiant " valable du 20 août 2018 au 20 août 2019. Le 28 juillet 2020, il a sollicité du préfet du Nord le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Par une décision du 26 août 2020, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Nord a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision contestée a été prise par le préfet du Nord, qui était compétent pour ce faire, sans qu'ait d'incidence à cet égard la circonstance que son nom ne figure pas sur la décision en litige.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-7, alors en vigueur, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant ". () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 313-2, alors en vigueur, du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues par les dispositions législatives du présent code, la première délivrance de la carte de séjour temporaire et celle de la carte de séjour pluriannuelle mentionnée aux articles L. 313-20, L. 313-21, L. 313-23, L. 313-24, L. 313-27 et L. 313-29 sont subordonnées à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 311-1. / () ".
4. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit, que M. A C est entré en France muni de son passeport revêtu d'un visa long séjour " étudiant " valable du 20 août 2018 au 20 août 2019 puis s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. Par suite, la demande de titre de séjour " étudiant " qu'il a présentée le 28 juillet 2020 doit être regardée comme une première demande et le préfet du Nord, sans commettre d'erreur de fait ou de droit et sans méconnaître les dispositions précitées de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a pu légalement lui opposer l'absence de visa long séjour pour rejeter sa demande.
5. En troisième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C, né le 7 décembre 1997 au Maroc, de nationalité marocaine, est entré en France en 2018, à l'âge de 21 ans pour y poursuivre des études, à savoir un DUT Informatique à l'IUT de Rodez. A l'issue de l'année 2018/2019, il n'a pas réussi ses examens et les notes extrêmement basses qu'il a obtenues dans la plupart des matières ne font l'objet d'aucune explication. S'il s'est inscrit ensuite en première année de licence SESI (" sciences exactes et sciences de l'ingénieur ") et qu'il n'est pas contesté qu'il a obtenu le passage en L2 bien qu'ayant été ajourné dans plusieurs matières, la situation de l'intéressé, par ailleurs dépourvu de toute famille ou lien social en France, n'est pas telle qu'en prenant la décision contestée le préfet du Nord a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Nord.
Copie en sera transmise pour information au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Fabre, président,
- M. Larue, premier conseiller,
- M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023
Le président-rapporteur,
Signé
X. FABRE
L'assesseur le plus ancien,
Signé
X. LARUE
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026