mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2107424 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL YAHIA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 septembre 2021 et 2 janvier 2023, la société par actions simplifiée Clinique Jules Verne, représentée par Me Moulin, demande au tribunal :
1°) d'annuler dix-neuf titres exécutoires émis à son encontre par le directeur général du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille, à savoir :
- le titre exécutoire n° 2298681 émis le 22 janvier 2019 aux fins de recouvrement d'une somme de 8'270,10 euros ;
- le titre exécutoire n° 114177 émis le 14 mars 2019 aux fins de recouvrement d'une somme de 4'511,70 euros ;
- le titre exécutoire n° 1207539 émis le 05 avril 2019 aux fins de recouvrement d'une somme de 12'031,20 euros ;
- le titre exécutoire n° 1373462 émis le 13 mai 2019 aux fins de recouvrement d'une somme de 4'900,50 euros ;
- le titre exécutoire n° 1933634 émis le 16 octobre 2019 aux fins de recouvrement d'une somme de 21 249 euros ;
- le titre exécutoire n° 2133518 émis le 10 décembre 2019 aux fins de recouvrement d'une somme de 4'511,70 euros ;
- le titre exécutoire n° 1135567 émis le 13 mars 2020 aux fins de recouvrement d'une somme de 1 503,90 euros ;
- le titre exécutoire n° 1243640 émis le 14 avril 2020 aux fins de recouvrement d'une somme de 3'088,80 euros ;
- le titre exécutoire n° 1280789 émis le 15 mai 2020 aux fins de recouvrement d'une somme de 60'860,70 euros
- le titre exécutoire n° 1433743 émis le 16 juillet 2020 aux fins de recouvrement d'une somme de 34'784,10 euros ;
- le titre exécutoire n° 1562756 émis le 12 août 2020 aux fins de recouvrement d'une somme de 1'503,90 euros ;
- le titre exécutoire n° 1669278 émis le 17 septembre 2020 aux fins de recouvrement d'une somme de 6'617,70 euros ;
- le titre exécutoire n° 1754376 émis le 13 octobre 2020 aux fins de recouvrement d'une somme de 2'205,90 euros ;
- le titre exécutoire n° 1845689 émis le 13 novembre 2020 aux fins de recouvrement d'une somme de 2'205,90 euros ;
- le titre exécutoire n° 1975371 émis le 15 décembre 2020 aux fins de recouvrement d'une somme de 1 699,30 euros ;
- le titre exécutoire n° 1131689 émis le 15 mars 2021 aux fins de recouvrement d'une somme de 7 767,90 euros ;
- le titre exécutoire n° 1237865 émis le 13 avril 2021 aux fins de recouvrement d'une somme de 5 764,50 euros ;
- le titre exécutoire n° 1592843 émis le 13 juillet 2021 aux fins de recouvrement d'une somme de 2 400,20 euros ;
- le titre exécutoire n° 1681604 émis le 10 août 2021 aux fins de recouvrement d'une somme de 2 205,90 euros ;
2°) de prononcer la décharge de la somme globale de 188 085 euros mise à sa charge par ces titres ;
3°) de mettre à la charge du CHRU de Lille la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est recevable à contester les titres litigieux dès lors que le CHRU de Lille n'apporte pas la preuve de sa notification ou de la date à laquelle elle en a eu connaissance, laquelle est intervenue, au plus tôt, à l'occasion de la notification de la mise en demeure de payer du 26 août 2021 ;
- ni les bordereaux de titres, ni les titres de recettes litigieux n'ont été signés par leur auteur ;
- les titres de recettes ne comportent pas le nom, le prénom et la qualité de leur auteur ;
- la mention des bases de liquidation est insuffisante en ce que les analyses médicales objets des titres ne sont pas identifiables ;
- il appartient au CHRU de Lille de prendre en charge le montant des analyses qui ont été réalisées par son laboratoire avant la publication de la circulaire du 16 avril 2018 ;
- elle n'a pas bénéficié de la dotation " mission d'enseignement, de recherche, de référence et d'innovation " (MERRI) G03 et le CHRU de Lille ne l'a pas informée des tarifs en méconnaissance de l'article L. 6211-19 du code de la santé publique et de l'article R. 612-17 du code de la sécurité sociale ;
- elle n'est pas à l'origine de la prescription, de la réalisation et de la transmission des prélèvements objets des créances litigieuses ;
- il appartient au CHRU de Lille de produire les prescriptions relatives aux analyses biologiques en cause.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 novembre 2022, le CHRU de Lille, représenté par Me Yahia, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SAS Clinique Jules Verne la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable comme tardive en ce qui concerne les titres n° 2298681 émis le 22 janvier 2019, n° 114177 émis le 14 mars 2019, n° 1207539 émis le 05 avril 2019 et n° 1373462 émis le 13 mai 2019 dont la société Clinique Jules Verne avait connaissance, au plus tard, à l'occasion de la contestation de ces mêmes titres par sa requête enregistrée sous le n° 2000418 ;
- elle est irrecevable dès lors qu'elle n'a pas été présentée dans un délai raisonnable d'un an ;
- elle est irrecevable en ce qui concerne les titres n° 2298681 émis le 22 janvier 2019, n° 114177 émis le 14 mars 2019, n° 1207539 émis le 05 avril 2019, n° 1373462 émis le 13 mai 2019, n° 1933634 émis le 16 octobre 2019, n° 2133518 émis le 10 décembre 2019, n° 1135567 émis le 13 mars 2020, n° 1243640 émis le 14 avril 2020, n° 1280789 émis le 15 mai 2020, n° 1433743 émis le 16 juillet 2020, n° 1562756 émis le 12 août 2020 et n° 1669278 émis le 17 septembre 2020 en vertu du 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;
- les titres litigieux comportent le prénom, le nom et la qualité de la personne qui les a émis et les bordereaux ont été signés par une personne disposant d'une délégation de signature ;
- il a joint aux titres litigieux adressés à la clinique requérante un état détaillé des actes objets des créances litigieuses ;
- les tarifs qu'il pratique pour les analyses réalisées sont disponibles sur internet ; ils peuvent être transmis postérieurement à la prescription et à la réalisation de ces actes ;
- en application de la circulaire du 23 décembre 2009 et de l'instruction du 31 juillet 2015, les prélèvements effectués avant la publication de la circulaire du 16 avril 2018 doivent être pris en charge par la clinique requérante ; certains actes facturés ont été réalisés après la publication de la circulaire du 16 avril 2018 et avant la publication de l'instruction du 31 juillet 2015 ;
- la clinique requérante n'apporte pas la preuve de ce qu'elle ne serait pas à l'origine des prescriptions et des prélèvements objets des créances litigieuses.
Par une ordonnance du 3 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 février 2023.
Vu les autres pièces de ces dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- l'arrêté du 4 mai 2017 fixant la liste des structures, des programmes, des actions, des actes et des produits financés au titre des missions d'intérêt général mentionnées aux articles D. 162-6 et D. 162-7 du code de la sécurité sociale, ainsi que la liste des missions d'intérêt général financées au titre de la dotation mentionnée à l'article L. 162-23-8 ;
- l'arrêté du 23 juillet 2018 fixant la liste des structures, des programmes, des actions, des actes et des produits financés au titre des missions d'intérêt général mentionnées aux articles D. 162-6 et D. 162-7 du code de la sécurité sociale, ainsi que la liste des missions d'intérêt général financées au titre de la dotation mentionnée à l'article L. 162-23-8 ;
- l'arrêté du 18 juin 2019 fixant la liste des structures, des programmes, des actions, des actes et des produits financés au titre des missions d'intérêt général mentionnées aux articles D. 162-6 et D. 162-7 du code de la sécurité sociale, ainsi que la liste des missions d'intérêt général financées au titre de la dotation mentionnée à l'article L. 162-23-8 ;
- la circulaire n° DHOS/F4/2009/387 du 23 décembre 2009 ;
- l'instruction n° DGOS/PF4/2015/258 du 31 juillet 2015 ;
- la circulaire n° DGOS/R1/2017/164 du 9 mai 2017 ;
- l'instruction n° DGOS/PF4/DSS/1A/2018/46 du 23 février 2018 ;
- l'instruction n° DGOS/PF4/DSS/1A/2018/101 du 16 avril 2018 ;
- la circulaire n° DGOS/R1/2019/233 du 7 novembre 2019 relative à la campagne budgétaire des établissements de santé pour l'année 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lançon,
- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique
- et les observations de Me Yahia, représentant le CHRU de Lille.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Clinique Jules Verne exploite un établissement de santé privé pluridisciplinaire situé à Nantes développant un pôle ophtalmologique traitant notamment les maladies rares. Par dix-neuf titres exécutoires, émis entre le 22 janvier 2019 et le 10 août 2021, à l'encontre de cette société, le directeur général du CHRU de Lille a mis en recouvrement la somme globale de 188 085 euros correspondant au coût d'analyses biologiques moléculaires consistant en des tests d'amplification génétique et de détection de génomes parasitaires ou fongiques effectuées par le laboratoire de ce centre. La société Clinique Jules Verne s'est vu notifier une mise en demeure, datée du 26 août 2021, de payer la somme de 275 790,72 euros. Par sa requête, la SAS Jules Verne demande au tribunal d'annuler les titres litigieux et de la décharger des sommes mises en recouvrement par ceux-ci.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. " Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois suivant la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / () / 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public vaut notification de ladite ampliation. / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. / () ". Il en résulte que le non-respect de l'obligation d'informer le débiteur sur les voies et les délais de recours, prévue par la première de ces dispositions, ou l'absence de preuve qu'une telle information a été fournie, est de nature à faire obstacle à ce que le délai de forclusion, prévu par la seconde, lui soit opposable.
3. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable.
4. S'agissant des titres exécutoires, sauf circonstances particulières dont se prévaudrait son destinataire, le délai raisonnable ne saurait excéder un an à compter de la date à laquelle le titre, ou à défaut, le premier acte procédant de ce titre ou un acte de poursuite a été notifié au débiteur ou porté à sa connaissance. Un débiteur qui saisit la juridiction judiciaire, alors que la juridiction administrative était compétente, conserve le bénéfice de ce délai raisonnable dès lors qu'il a introduit cette instance avant son expiration. Un nouveau délai de deux mois est décompté à partir de la notification ou de la signification du jugement par lequel la juridiction judiciaire s'est déclarée incompétente.
5. La règle énoncée ci-dessus, qui a pour seul objet de borner dans le temps les conséquences de la sanction attachée au défaut de mention des voies et délais de recours, ne porte pas atteinte à la substance du droit au recours, mais tend seulement à éviter que son exercice, au-delà d'un délai raisonnable, ne mette en péril la stabilité des situations juridiques et la bonne administration de la justice, en exposant les défendeurs potentiels à des recours excessivement tardifs. Il appartient, dès lors, au juge administratif d'en faire application au litige dont il est saisi, quelle que soit la date des faits qui lui ont donné naissance.
6. En premier lieu, par une requête enregistrée le 16 janvier 2020 sous le n° 200418, la SAS Clinique Jules Verne a demandé l'annulation des quatre titres exécutoires no 2298681 émis le 22 janvier 2019, n° 1114177 émis le 14 mars 2019, n° 1207539 émis le 5 avril 2019, n° 1373462 émis le 13 mai 2019. Par conséquent, la société requérante doit être regardée comme ayant eu connaissance de ces actes, dont elle demande l'annulation par la présente requête, à la date d'enregistrement de sa première requête dirigée contre ces titres. Par suite, ayant été formée plus d'un an à compter du 16 janvier 2020, la requête est tardive en tant qu'elle tend à l'annulation des titres précités et est, dès lors, irrecevable.
7. En deuxième lieu, le titre n°2229053 émis le 31 décembre 2018 n'est pas contesté dans la présente instance. La fin de non-recevoir tirée ce que la requête serait tardive en tant qu'elle est dirigée contre ce titre manque en fait et ne peut qu'être écartée.
8. En troisième et dernier lieu, il résulte de l'instruction et est constant que les titres nos 1933634, 2133518, 1135567, 1243640, 1280789, 1433743, 1562756, 1669278, 1754376, 1845689, 1975371, 1131689, 1237865, 1592843 et 1681604 ne comportent aucune mention des voies et délais de recours en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 421-5 du code de justice administrative. Le délai de recours contentieux n'était donc pas opposable à la société requérante. Si le CHRU de Lille fait cependant valoir en défense que la requête a été, concernant ces titres, présentée au-delà d'un délai raisonnable d'un an, il se borne à produire, pour les titres précités, des avis de sommes à payer ne faisant état d'aucune date de notification du titre litigieux, ainsi qu'il l'admet. Conformément à ce qui a été exposé ci-dessus, la société requérante doit en conséquence être regardée comme ayant eu connaissance du titre litigieux le 26 août 2021, date non contestée, de la mise en demeure de payer qui lui a été adressée. La requête ayant été enregistrée au greffe du tribunal moins d'un mois après cette date, elle ne saurait être regardée comme tardive concernant ces quinze titres. Par suite, la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :
En ce qui concerne le bien-fondé des créances litigieuses :
9. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre.
10. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge.
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 162-1-7 du code de la sécurité sociale : " I. La prise en charge ou le remboursement par l'assurance maladie de tout acte ou prestation réalisé par un professionnel de santé, dans le cadre d'un exercice libéral ou d'un exercice salarié auprès d'un autre professionnel de santé libéral, ou en centre de santé, en maison de santé, en maison de naissance ou dans un établissement ou un service médico-social, ainsi que, à compter du 1er janvier 2005, d'un exercice salarié dans un établissement de santé, à l'exception des prestations mentionnées à l'article L. 165-1, est subordonné à leur inscription sur une liste établie dans les conditions fixées au présent article. () ". Aux termes de l'article L. 162-22-6 du même code : " Un décret en Conseil d'Etat, pris après avis des organisations nationales les plus représentatives des établissements de santé, détermine les catégories de prestations donnant lieu à facturation pour les activités mentionnées au 1° de l'article L. 162-22 qui sont exercées par les établissements suivants : / a) Les établissements publics de santé, à l'exception des établissements dispensant des soins aux personnes incarcérées mentionnés à l'article L. 6141-5 du code de la santé publique ; / b) Les établissements de santé privés à but non lucratif qui ont été admis à participer à l'exécution du service public hospitalier à la date de publication de la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires ; / c) Les établissements de santé privés à but non lucratif ayant opté pour la dotation globale de financement en application de l'article 25 de l'ordonnance n° 96-346 du 24 avril 1996 portant réforme de l'hospitalisation publique et privée ; / d) Les établissements de santé privés autres que ceux mentionnés aux b et c ayant conclu un contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens avec l'agence régionale de santé ; / e) Les établissements de santé privés autres que ceux mentionnés aux b, c et d. / () ". Aux termes de l'article L. 162-22-13 du même code : " Il est créé, au sein de l'objectif national de dépenses d'assurance maladie prévu au 3° de l'article LO 111-3-5, une dotation nationale de financement des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation des établissements de santé mentionnés aux a, b, c et d de l'article L. 162-22-6. Cette dotation participe notamment au financement de la recherche (). Elle participe également au financement des engagements relatifs () à la mise en œuvre de la politique nationale en matière d'innovation médicale () ". Aux termes de l'article D. 162-6 du même code : " Peuvent être financées par la dotation nationale de financement des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation mentionnée à l'article L. 162-22-13 les dépenses correspondant aux missions d'intérêt général suivantes : / 1° L'enseignement, la recherche, le rôle de référence et l'innovation. Notamment, à ce titre : / () / d) Les activités de soins réalisées à des fins expérimentales ou la dispensation des soins non couverts par les nomenclatures ou les tarifs ; / () ". Enfin, aux termes de l'article D. 162-8 du même code : " Un arrêté précise la liste des structures, des programmes et des actions ainsi que des actes et produits pris en charge par la dotation nationale mentionnée à l'article L. 162-22-13 au titre des missions mentionnées aux articles D. 162-6 et D. 162-7 () ". Si la société requérante fait valoir qu'elle a demandé à ses médecins de cesser la prescription des actes de biologie moléculaire hors nomenclature auprès du CHRU de Lille à compter de 2019 et que les prescriptions à l'origine des titres litigieux sont nécessairement antérieures à cette date, elle ne l'établit pas, alors que le CHRU de Lille, qui évoque des examens réalisés entre 2018 et 2020, produit des avis de sommes à payer pour neuf des titres restant en litige, nos 1933634, 2133518, 1135567, 1243640, 1280789, 1433743, 1562756, 1669278 et 1754376, dont il ressort que les examens de biologie médicale ont été réalisées en 2019 et 2020. Par suite, les arrêtés prévus par les dispositions précitées de l'article D. 162-8 du code de la sécurité sociale applicables en l'espèce sont ceux visés ci-dessus intervenus successivement le 4 mai 2017, le 23 juillet 2018 et le 18 juin 2019. Ces arrêtés prévoient que peuvent être pris en charge au titre des missions mentionnées au d) du 1° de l'article D. 162-6 du code de la sécurité sociale précité, sous le libellé de mission d'enseignement, de recherche, de référence et d'innovation (MERRI) G03 les actes de biologie non inscrits sur la liste prévue par les dispositions précitées de l'article L. 162-1-7 du même code ou aux nomenclatures.
12. Il résulte de ces dispositions qu'hors l'hypothèse d'un autre financement prévu par un texte réglementaire ou législatif, les actes de biologie inscrits dans le référentiel des actes innovants hors nomenclature (RIHN) sont exclusivement financés au titre de la MERRI G03.
13. L'instruction n° DGOS/PF4 n° 2015-258 du 31 juillet 2015 décrit les nouvelles modalités de prise en charge d'actes de biologie et d'anatomocytopathologie hors nomenclature (HN) au titre de la dotation MERRI G03, en vigueur à compter de l'année 2015. L'objectif étant de favoriser le développement de l'innovation en santé par la prise en charge financière d'actes de biologie destinés à permettre la réalisation et l'évaluation d'actes innovants de biologie, cette instruction prévoyait, à son point 1.4, le financement de ces actes par la dotation MERRI G03 par attribution aux établissements de santé sur la base de déclaration par ces derniers via le PMSI (FICHSUP), selon des modalités décrites au point 3 de l'instruction. Le point 3 de l'instruction définit les établissements de santé éligibles au financement par la dotation MERRI G03 comme étant ceux visés aux a, b, c et d de l'article L. 162-22-6 du code de la sécurité sociale, ce qui exclut certains établissements de santé privés, visés au e de cet article. Il résulte de l'instruction, que la société requérante exploite un établissement de santé relevant du d) de l'article L. 162-22-6 du code de la sécurité sociale et est donc éligible au financement par la dotation MERRI G03.
14. En deuxième lieu, si l'instruction du 31 juillet 2015 visée ci-dessus prévoit expressément qu'il appartient seulement à l'établissement réalisant l'acte d'analyse de renseigner FICHSUP, y compris pour les actes réalisés sur prescription d'un autre établissement, cette disposition n'est applicable qu'en ce qui concerne les relations entre établissements publics de santé et n'entraîne en tout état de cause pas le versement automatique de la dotation MERRI G03 à l'établissement ayant réalisé l'acte d'analyse. Cette instruction ne renverse donc pas le principe défini par la circulaire du 23 décembre 2009 visée ci-dessus selon laquelle l'établissement exécutant doit facturer à l'encontre de l'établissement demandeur ou du laboratoire privé le montant des analyses réalisées, le demandeur pouvant alors solliciter une dotation. Les dispositions du point 4 de l'annexe VIII de la circulaire du 9 mai 2017 ne prévoyant que de manière provisoire un versement de la dotation MERRI G03 aux seuls établissements ayant réalisé les actes biologiques hors nomenclature " dans l'attente d'une fiabilisation des données, pour l'année 2017 ", la société requérante ne saurait en déduire que ce principe a été rendu applicable par l'instruction de 2015. Par ailleurs, l'instruction du 16 avril 2018 visée ci-dessus, qui abroge la circulaire du 23 décembre 2009 et fait référence à l'instruction du 31 juillet 2015 précitées, prévoit que les établissements de santé mentionnés au a), b), c) et d) de l'article L. 162-22-6 du code de la sécurité sociale peuvent bénéficier du financement MERRI G03, qu'un tel financement est possible en cas d'acte prescrit et réalisé dans des établissements distincts. Selon cette même instruction, lorsque l'acte est éligible au financement par la dotation, l'établissement prescripteur peut demander un financement via le logiciel dédié à la remontée de l'activité mis en place par l'agence technique de l'information sur l'hospitalisation (ATIH), c'est-à-dire le FICHSUP du PMSI. L'établissement " effecteur ", qui a réalisé tout ou partie d'une ou plusieurs phases de l'acte pour l'établissement prescripteur, peut adresser une facture à l'établissement prescripteur pour couvrir les coûts de réalisation de la ou des phase(s) de l'acte effectuées dans son établissement, sur la base des valorisations indicatives figurant sur les listes publiées sur le site du ministère chargé de la santé. Dès lors, l'instruction du 16 avril 2018 précitée ne modifie pas le principe énoncé par l'instruction du 31 juillet 2015 précitée et ci-dessus énoncé. Enfin, si la circulaire du 7 novembre 2019 visée ci-dessus indique, dans son annexe V, que " En complément de la circulaire susvisée du 7 mai 2019 relative à la campagne tarifaire et budgétaire 2019 des établissements de santé, la présente circulaire vise à préciser les conditions d'allocation des ressources complémentaires versées aux établissements de santé de vos régions ", il ressort de cette circulaire que celle-ci ne concerne que les ressources complémentaires, à hauteur de 75% de la dotation totale de la MERRI G03 pour 2019, les 25% restants relevant de la circulaire du 7 mai 2019 visée ci-dessus. En conséquence, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'instruction du 16 avril 2018 ou la circulaire du 7 mai 2019 précitées auraient modifié les règles prévues par l'instruction du 31 juillet 2015 précitée.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 221-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Sauf s'il en est disposé autrement par la loi, une nouvelle réglementation ne s'applique pas aux situations juridiques définitivement constituées avant son entrée en vigueur ou aux contrats formés avant cette date. "
16. Si la société requérante soutient que l'instruction du 16 avril 2018 ne pouvait, comme elle le prévoit pourtant, être appliquée aux actes de biologie médicale hors nomenclature réalisés antérieurement à sa publication, il résulte du principe applicable depuis l'entrée en vigueur de l'instruction du 31 juillet 2015 que la dotation MERRI G03 est versée au cours d'une année pour les actes réalisés l'année précédente déclarés sur FICHSUP. Par suite, le principe de l'application rétroactive des règles de l'instruction du 16 avril 2018 qui était déjà prévu par l'instruction visée ci-dessus du 23 février 2018 qu'elle a abrogé, soit avant le versement de la dotation MERRI G03 pour les actes réalisés en 2017, ne saurait être regardé comme s'étant appliqué à une situation définitivement constituée au sens des dispositions précitées. Par suite, ces dispositions trouvaient légalement à s'appliquer pour les actes réalisés au cours de l'année 2017. En tout état de cause, il résulte de ce qui a été dit au point 10, que les actes à l'origine des titres litigieux ont été réalisés entre 2018 et 2020.
17. Il résulte de ce qui précède que les créances litigieuses doivent être regardées comme trouvant leur fondement dans le principe figurant dans l'instruction du 16 avril 2018.
18. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 6211-8 du code de la santé publique : " Un examen de biologie médicale est réalisé sur le fondement d'une prescription qui contient les éléments cliniques pertinents. / () ". Aux termes de l'article L. 6211-11 du même code : " Le biologiste-responsable du laboratoire de biologie médicale auquel le patient s'est adressé conserve la responsabilité de l'ensemble des phases de l'examen de biologie médicale, y compris lorsque l'une d'elles, dans les cas prévus au présent titre, est réalisée, en tout ou en partie, par un autre laboratoire de biologie médicale que celui où il exerce, ou en dehors d'un laboratoire de biologie médicale. " Aux termes de l'article L. 6211-19 du même code : " I. - Lorsqu'un laboratoire de biologie médicale n'est pas en mesure de réaliser un examen de biologie médicale, il transmet à un autre laboratoire de biologie médicale les échantillons biologiques à des fins d'analyse et d'interprétation. / () / Les laboratoires de biologie médicale transmettent une déclaration annuelle des examens de biologie médicale qu'ils ont réalisés au directeur général de l'agence régionale de santé, dans des conditions fixées par décret. / II. - Le laboratoire de biologie médicale qui transmet des échantillons biologiques à un autre laboratoire n'est pas déchargé de sa responsabilité vis-à-vis du patient. / La communication appropriée du résultat d'un examen de biologie médicale dont l'analyse et l'interprétation ont été réalisées par un autre laboratoire de biologie médicale est, sauf urgence motivée, effectuée par le laboratoire qui a transmis l'échantillon conformément aux dispositions du 3° de l'article L. 6211-2. Celui-ci complète l'interprétation dans le contexte des autres examens qu'il a lui-même réalisés. / () ". Aux termes de l'article D. 6211-14 du même code en vigueur depuis le 29 janvier 2016 : " Avant le 31 mars de chaque année, chaque laboratoire de biologie médicale déclare par voie électronique, auprès de l'agence régionale de santé dans le ressort de laquelle il est établi, le nombre total des examens de biologie médicale, tels que définis à l'article D. 6211-13, qu'il a réalisés pendant l'année civile écoulée. / Cette déclaration distingue : / 1° Le nombre d'examens effectués à partir de prélèvements qu'il a réalisés ou qui ont été réalisés sous sa responsabilité et dont la phase analytique a été effectuée par le laboratoire ou, en application de l'article L. 6211-18, sous sa responsabilité ; / 2° Le nombre d'examens effectués à partir de prélèvements qu'il a réalisés ou qui ont été réalisés sous sa responsabilité et transmis à un autre laboratoire de biologie médicale à des fins d'analyse et d'interprétation ; / 3° Le nombre d'examens effectués à partir de prélèvements transmis par un autre laboratoire de biologie médicale à des fins d'analyse et d'interprétation. / () ". Aux termes de l'article R. 162-17 du code de la sécurité sociale : " I.-Le laboratoire de biologie médicale qui transmet à un autre laboratoire un échantillon biologique dans les conditions mentionnées à l'article L. 6211-19 du code de la santé publique accompagne la fiche de transmission de cet échantillon d'une copie de la prescription médicale mentionnée à l'article L. 6211-8 du même code. Lorsqu'un examen de biologie médicale est réalisé à la demande de l'assuré, la fiche de transmission mentionne l'accord de l'assuré pour cette transmission. Dans tous les cas, lorsqu'un examen n'est pas remboursé, la fiche de transmission mentionne l'accord de l'assuré dûment informé du tarif applicable. / Le laboratoire de biologie médicale qui a effectué cet examen de biologie médicale adresse au laboratoire transmetteur le compte rendu des résultats interprétés sur le papier à en-tête du laboratoire comportant le nom et la signature du biologiste médical responsable. / () ".
19. L'instruction du 16 avril 2018 vise, cite et analyse les dispositions précitées des articles L. 6211-8 et D. 6211-14 du code de la santé publique et doit en conséquence être regardée comme devant s'appliquer dans le cas de transmission par un laboratoire d'échantillons qu'il a prélevé à un autre laboratoire pour analyse et interprétation des résultats.
20. Il est constant que l'ensemble des actes de biologie médicale hors nomenclature réalisés par le CHRU de Lille a été prescrit par le Dr A qui dispose d'un cabinet au sein de la clinique Jules Verne. Si la société requérante fait valoir que celui-ci demeure un praticien libéral exerçant au sein de la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Ophtalliance, elle ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations. En défense, le CHRU de Lille produit une prescription jointe aux échantillons à analyser qui lui ont été transmis, sur laquelle figure le nom de ce praticien immédiatement après l'expression " service et médecin ophtalmologiste demandeur " suivie des coordonnées de la clinique requérante. Il n'est pas contesté que l'ensemble des prescriptions adressées au CHRU de Lille présentent ces mêmes mentions, la société requérante ne faisant valoir aucune circonstance particulière l'empêchant de produire, dans la présente instance, les prescriptions en cause, effectuées par un praticien qui exerce dans ses locaux. Il ne résulte par suite pas de l'instruction que le CHRU de Lille, qui fait valoir sans être contredit n'avoir été destinataire que de telles prescriptions, pouvait avoir connaissance, avant l'édiction des titres litigieux, de ce que le Dr A n'était pas un praticien de la clinique requérante et de ce que sa patientèle se distinguait de celle de cette société.
21. Si la SAS Clinique Jules Verne soutient en outre qu'un laboratoire domicilié en son sein et appartenant à la société d'exercice libéral par actions simplifiée Laboratoire Synlab Bioliance, qui lui est distincte, est à l'origine des échantillons transmis et est en conséquence débitrice des créances litigieuses, elle n'apporte aucun élément de nature à établir ses allégations alors qu'elle a été en mesure de produire les statuts de cette autre société. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à obtenir la décharge des montants des actes objets des titres exécutoires litigieux.
En ce qui concerne la régularité des titres litigieux :
22. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales qu'un titre de recettes émis par un établissement public de santé n'a pas à être signé à l'inverse de son bordereau. Le moyen tiré du défaut de signature des titres litigieux doit en conséquence être écarté.
23. En deuxième lieu, à le supposer soulevé, le moyen tiré du défaut d'indication du nom, du prénom et de la qualité de l'auteur des titres manque en fait, comme l'admet la clinique requérante.
24. En troisième lieu, le centre hospitalier en défense produit les bordereaux des titres de recettes en cause, qui sont signés. Le moyen tiré du défaut de signature des bordereaux manque en fait et doit être écarté.
25. En quatrième lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 visé plus haut : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. / () ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
26. En l'espèce, si les titres litigieux ne comprennent pas les bases de liquidation des créances, le CHRU de Lille soutient sans être contredit qu'était joint à chaque titre un état des actes demandés et produit ceux des titres nos 1933634, 2133518, 1135567, 1243640, 1280789, 1433743, 1562756, 1669278 et 1754376 qui comprennent les mentions, pour chaque acte, outre la mention des références apposées sur les prescriptions, une date, un code de nomenclature, une quantité, une cotation et le tarif de l'acte. Il résulte en outre de l'instruction que les documents joints aux 9 titres précités comportent également des noms des patients ayant fait l'objet des prélèvements analysés. En mentionnant comme débiteur la clinique requérante, l'émetteur des titres, qui n'avait pas à préciser l'identité du médecin prescripteur, a nécessairement considéré que la prescription de l'examen émanait de la clinique, ce qui permettait à cette dernière de contester ce point, ce qu'elle fait au demeurant dans la présente requête. La société requérante disposait par suite de suffisamment d'éléments, contrairement à ce qu'elle soutient, pour identifier les actes dont le montant a été mis en recouvrement par le CHRU de Lille. Le moyen doit en conséquence être écarté.
27. En cinquième et dernier lieu, si la société requérante soutient que le CHRU de Lille ne lui a pas transmis les tarifs qu'il entendait appliquer sur les actes de biologie médicale en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 162-17 du code de la sécurité sociale, cet article ne prévoit pas une obligation de transmission des tarifs des analyses préalablement à la facturation, ni une obligation de publicité de ces tarifs. Par suite, en informant la société requérante des tarifs qu'il a appliqué par le biais des documents joints aux titres litigieux, le CHRU de Lille n'a pas vicié la procédure préalable à l'édiction de ces titres. Le moyen présenté en ce sens doit par suite être écarté.
28. Il résulte de ce qui précède que la SAS Clinique Jules Verne n'est pas fondée à solliciter l'annulation des titres litigieux.
Sur les frais liés au litige :
29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHRU de Lille, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société requérante la somme demandée par le CHRU de Lille au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Clinique Jules Verne est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la centre hospitalier régional universitaire de Lille au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Clinique Jules Verne, au centre hospitalier régional universitaire de Lille et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée, pour information, au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et au trésorier du centre hospitalier régional universitaire de Lille.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
L.-J. Lançon
Le président,
signé
J.-M. Riou
La greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
No 2107424
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026