jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2309027 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | RIVIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Rivière, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 12 octobre 2023 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de lui délivrer, en l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) en cas d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 800 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 en contrepartie de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement entre ses mains de la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision faisant interdiction de retour :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des circonstances humanitaires dont il se prévaut.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bonhomme en application de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonhomme, magistrate désignée ;
- les observations de Me Clinquennois, substituant Me Riviere, avocat de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; il déclare abandonner le moyen tiré de l'incompétence de l'arrêté attaqué ; il soulève à l'encontre de la décision faisant obligation de quitter le territoire français le moyen tiré de la violation du droit à être entendu ainsi que le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de sa situation ; il développe à l'encontre de cette même décision les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation ; il développe à l'encontre de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne présente pas de risque de fuite ; il soulève enfin à l'encontre de la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français le moyen tiré du caractère excessif de la durée de cette interdiction au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il déclare maintenir les autres moyens de la requête ;
- les observations de Me Rannou, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés ;
- les observations de M. B, assisté de Mme C, interprète en langue géorgienne.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant géorgien né le 9 septembre 1994, est entré en 2015 selon ses déclarations. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides par une décision du 10 novembre 2015, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 8 septembre 2017. Il a déposé une nouvelle demande d'asile auprès de l'OFPRA qui a été rejetée par une décision du 29 janvier 2018. Par un arrêté en date du 12 octobre 2023, dont M. B demande l'annulation, le préfet du Nord a fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a fait interdiction à l'intéressé de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Enfin, aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
5. Le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été entendu par les services de police lors d'une audition réalisée le 11 octobre 2023, et qu'il était alors assisté d'un interprète en langue géorgienne, langue qu'il parle et qu'il comprend. Lors de cette audition, il a été interrogé sur sa situation personnelle et sur sa situation administrative en France. S'il n'a pas été informé lors de cette audition qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement, il a été néanmoins questionné sur son souhait ou non de retourner dans son pays d'origine et il lui a été demandé s'il était recherché en Géorgie. Enfin, il a été invité à faire état de tout autre élément de sa situation. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que son droit à être entendu a été méconnu. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient M. B, les problèmes de santé dont il s'est prévalu en audition ont été pris en compte par l'autorité préfectorale dans la décision attaquée ainsi que sa situation familiale. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de sa situation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. B est arrivé en France en 2015. Il est célibataire et sans enfant. Il fait valoir qu'il a obtenu en 2016, à la suite du premier refus de l'OFPRA de lui accorder une protection, un titre de séjour en tant qu'" étranger malade " pour une durée d'un an. S'il indique à l'audience avoir bénéficié d'un traitement psychiatrique qui a permis l'amélioration de son état, il ne produit aucun document attestant qu'il serait toujours suivi médicalement et, en tout état de cause, que le traitement de sa pathologie nécessiterait son maintien en France. En outre, si M. B fait valoir qu'il travaille dans le bâtiment, cette activité est irrégulière et il ne produit aucune pièce de nature à démontrer l'ampleur de cette activité et à attester d'une insertion professionnelle certaine en France. Enfin, si M. B se prévaut de la présence de sa mère en France, qui souffre de problèmes de santé etavec laquelle il réside, il ne produit une nouvelle fois aucun élément démontrant que l'état de santé de cette dernière nécessiterait sa présence à ses côtés, et ce, alors qu'il ressort au surplus de ses déclarations à l'audience que sa mère est en situation irrégulière sur le territoire national. De la même manière, il ne justifie pas que son frère, qu'il indique voir quotidiennement, séjournerait régulièrement en France. Il ne démontre pas davantage qu'il serait dans l'incapacité de se réinsérer dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 21 ans. Dans ces conditions, nonobstant la durée de présence du requérant en France et la relation d'amitié que celui-ci démontre entretenir sur le territoire national avec un compatriote en situation régulière, dont il est parrain de l'enfant et qui est présent à l'audience, le préfet du Nord n'a pas, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis par cette mesure. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne les décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et faisant interdiction de retour sur le territoire français :
10. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin, l'article L. 612-3 du même code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () ".
11. Pour refuser à M. B l'octroi d'un délai de départ volontaire, le préfet du Nord a retenu qu'il existait un risque que l'intéressé se soustraie à la mesure d'éloignement, au motif qu'il avait déclaré vouloir s'installer en France et qu'il n'avait pas présenté de document d'identité ou de voyage lors de sa garde à vue. Toutefois, s'il ressort du procès-verbal d'audition du requérant du 11 octobre 2023 que celui-ci, à la question " Avez-vous l'intention de vous installer en France ' ", a répondu " j'aimerais ", et à la question " Voulez-vous retourner dans votre pays d'origine ' ", " non ", ces propos ne sauraient attester d'une volonté explicite de l'intéressé de ne pas se conformer à la mesure d'éloignement. Par ailleurs, il ressort de cette même audition que M. B a déclaré à plusieurs reprises disposer d'une carte d'identité géorgienne dont il a indiqué, sans que cela ne soit contesté, qu'elle était restée, à la demande des policiers, dans le véhicule dans lequel il a été interpellé. La circonstance que le requérant n'ait pas été en mesure de présenter de passeport ne saurait à elle-seule caractériser un risque de fuite, alors qu'il ressort des pièces du dossier et n'est au surplus pas contesté, que M. B dispose, ainsi qu'il vient d'être dit, d'une carte d'identité géorgienne, qu'il a fait des démarches pour régulariser sa situation administrative, en sollicitant l'asile et un titre de séjour en raison de son état de santé, qu'il n'a jamais fait l'objet de précédente mesure d'éloignement et qu'il dispose d'une résidence effective et stable dans un local d'habitation. Dans ces conditions, en refusant d'accorder au requérant un délai de départ au motif qu'il présentait un risque de fuite, le préfet du Nord a méconnu les dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire. Il y a lieu, par conséquent, d'annuler la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés contre cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification ".
14. Il résulte de ces dispositions que lorsque le tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin, ou la juridiction d'appel, prononce l'annulation d'une décision de ne pas accorder un délai de départ volontaire à un étranger obligé de quitter le territoire français, il lui appartient uniquement de rappeler à l'étranger l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative, sans qu'il appartienne au juge administratif d'enjoindre au préfet de fixer un délai de départ.
15. L'annulation des décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et faisant interdiction à M. B de retour sur le territoire français n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
16. M. B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Rivière, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Rivière de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 00 euros sera versée à M. B.
DÉCIDE :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Les décisions du 12 octobre 2023 par lesquelles le préfet du Nord a refusé à M. B l'octroi d'un délai de départ volontaire et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an sont annulées.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Rivière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à Me Rivière, avocate de M. B, la somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 (mille) euros sera versée à M. B.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Eurielle Rivière et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
La magistrate désignée,
Signé,
F. BONHOMMELa greffière,
Signé,
N. BELHARRET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026