Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2508107

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2508107
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 août 2025, M. A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 9 juillet 2025 par laquelle la caisse d’allocations familiales du Nord ne lui a pas accordé de remise de dette pour son indu de revenu de solidarité active.

Par une lettre du 25 août 2025, le tribunal a invité M. B... à régulariser sa requête dans le délai d’un mois en lui adressant le formulaire prévu par l’article R. 772-6 du code de justice administrative.

M. B... a retourné ce formulaire, enregistré le 8 septembre 2025 au greffe du tribunal.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’action sociale et des familles ;
le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / (…) ». L’article R. 772-6 du même code, en ce qui concerne les contentieux sociaux, dispose que : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ».


Aux termes de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles : « Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / (…) / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. (…) ». Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.


M. B... soutient, afin d’obtenir la remise de son indu de revenu de solidarité active d’un montant de 7 266,31 euros, que cet indu qui résulte d’une omission de déclaration ou d’une déclaration tardive de son changement de situation ne procède d’aucune volonté de dissimulation ou de fraude. Cette argumentation relative à son parcours social et professionnel est néanmoins sans incidence sur l’appréciation de sa bonne foi. Il ajoute que sa situation financière demeure précaire, dans la mesure où il a créé sa propre entreprise sous le statut d’entrepreneur individuel, laquelle ne génère que de faibles revenus, et ses ressources actuelles se limitent à la perception de l’allocation de retour à l’emploi. Toutefois, son argumentation n’est pas assortie des précisions suffisantes permettant au tribunal d’apprécier sa situation de précarité et de justifier une remise totale de sa dette, dès lors qu’il ne fournit aucune indication sur les ressources de son foyer alors qu’il mentionne sa conjointe, ni sur leurs charges et que la décision attaquée fait mention d’un quotient familial de 1 126,88 euros. Aussi, il a été invité, par lettre recommandée envoyée le 25 août 2025, à régulariser sa requête dans un délai d’un mois, en retournant un formulaire prérempli lui permettant de présenter une argumentation propre à établir sa bonne foi et sa situation de précarité. Ce formulaire a été retourné au tribunal et enregistré le 8 septembre 2025. M. B... s’est borné à réitérer le contenu de ses écritures initiales. Dans ces conditions, sa requête doit être regardée comme insuffisamment motivée et rejetée en application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.







Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée pour information à la caisse d’allocation familiales du Nord et au département du Nord.

Fait à Lille, le 3 août 2026.




Le président,

signé

O. Cotte

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme,
La greffière,