Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2502890

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2502890
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantTSARANAZY NOMENJANAHARY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 octobre 2025 et 28 juillet 2026, Mme C... B... épouse A..., représentée par Me Tsaranazy, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite née le 28 mars 2025 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé d’abroger l’arrêté préfectoral du 7 juin 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

2°) d’enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de procéder au réexamen de sa demande d’abrogation, dans un délai d’un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Des pièces ont été enregistrées pour la préfète du Puy-de-Dôme les 20 et 31 juillet 2026.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... épouse A..., ressortissante nigériane née le 8 janvier 1992, demande au tribunal d’annuler la décision implicite née le 28 mars 2025 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé d’abroger l’arrêté préfectoral du 7 juin 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français.
2. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; ».
3. Dans le cas où le refus opposé à une demande d'abrogation d'un acte fait l'objet d'un recours pour excès de pouvoir et que l'administration procède, avant que le juge n'ait statué, à l'abrogation demandée, celle-ci, lorsqu'elle devient définitive, emporte des effets identiques à ceux qu'aurait l'annulation par le juge du refus initial. Dès lors, il n'y a pas lieu pour celui-ci de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi, alors même que l'acte abrogé aurait reçu exécution pendant la période où il était en vigueur.
4. Par une décision du 22 juin 2026, postérieure à l’introduction de la requête, et devenue définitive à la date de la présente ordonnance, la préfète du Puy-de-Dôme a décidé de procéder à l’abrogation demandée et de délivrer à Mme B... épouse A... une carte de séjour temporaire, Dès lors, les conclusions de la requérante à fin d’annulation de la décision implicite née le 28 mars 2025 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé d’abroger l’arrêté préfectoral du 7 juin 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français, sont devenues sans objet. Par suite, il n’y a pas lieu de statuer sur ces conclusions à fin d’annulation, ni sur les conclusions à fin d’injonction correspondantes.
5. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction de la requête de Mme B... épouse A....

Article 2 : L’Etat versera la somme de 800 euros à Mme B... épouse A... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... épouse A... et à la préfète du Puy-de-Dôme.



Fait à Clermont-Ferrand, le 1er septembre 2026.


Le président de la 3ème chambre,




C. BERTOLO


La République mande et ordonne à la préfète du Puy-de-Dôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.