Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté comme tardive l’opposition formée par Mme A... contre une contrainte émise par France Travail pour le recouvrement d’un indu d’allocation solidarité spécifique de 2 240,74 euros. La contrainte avait été notifiée le 3 mars 2025, et le délai de quinze jours pour former opposition, prévu à l’article R. 5426-22 du code du travail, expirait le 18 mars 2025. La requête, enregistrée le 22 janvier 2026, était manifestement irrecevable, ce qui a conduit à son rejet sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 janvier 2026, des mémoires enregistrés les 23 et 27 janvier 2026 et un mémoire enregistré le 1er avril 2026, qui n’a pas été communiqué, Mme B... A... doit être regardée comme :
1°) formant opposition à la contrainte émise le 26 février 2025 par France Travail pour le recouvrement d’un indu au titre de l’allocation solidarité spécifique d’un montant de 2 240,74 euros pour la période du 30 octobre 2023 au 29 février 2024 ;
2°) demandant au tribunal d’enjoindre à l’administration de lui rembourser les sommes prélevées et de rétablir ses droits à l’allocation solidarité spécifique sur la période du 30 octobre 2023 au 29 février 2024.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2026, France Travail Auvergne-Rhône-Alpes conclut, d’une part, à la tardiveté de la requête et, d’autre part, à son rejet.
Vu l’ensemble des pièces du dossier ;
Vu :
le code du travail ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
Aux termes de l’article R. 5426-21 du code du travail : « La contrainte est notifiée au débiteur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice (…) ». En outre, aux termes de l’article R. 5426-22 du même code : « Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification (…) ».
Il résulte des dispositions précitées de l’article R. 5426-22 du code du travail, que l’opposition à contrainte doit être adressée à la juridiction compétente, c’est-à-dire expédiée en cas d’envoi postal, avant le terme du délai de quinze jours à compter de la signification de la contrainte, qui n’est pas un délai franc mais est seulement susceptible de prorogation jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé.
Il résulte de l’instruction que la contrainte émise le 26 février 2025 par France Travail pour le recouvrement d’un indu au titre de l’allocation solidarité spécifique d’un montant de 2 240,74 euros pour la période du 30 octobre 2023 au 29 février 2024, qui comporte la mention des voies et délais de recours, a été notifiée à Mme A... le 3 mars 2025. Ainsi, à compter de cette date, Mme A... disposait d’un délai de quinze jours pour saisir le tribunal d’un recours contentieux. Par suite, la requête de Mme A..., enregistrée au greffe du tribunal le 22 janvier 2026, soit après l’expiration du délai de quinze jours imparti pour former l’opposition, est tardive.
Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... est entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit être rejetée en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et à France Travail Auvergne-Rhône-Alpes.
Copie en sera adressée pour information à la caisse d’allocations familiales du Puy-de-Dôme.
Fait à Clermont-Ferrand, le 1er juin 2026.
La présidente du tribunal,
J. FÉMÉNIA
La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.