Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juin 2026, Mme B... A..., représentée par Me Diagne, demande à la juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 6 mai 2026 par laquelle la rectrice de l’académie de Clermont-Ferrand a annulé son inscription à l’examen du diplôme de comptabilité et de gestion pour la session 2026 ;
2°) d’enjoindre à la rectrice de l’académie de Clermont-Ferrand de réexaminer sa situation et de procéder à sa réinscription dans un délai d’un mois et de lui remettre, dans l’attente, un certificat de scolarité dans un délai de sept jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la condition d’urgence : elle est satisfaite en ce que l’exécution de la décision en litige la prive de son droit de poursuivre ses études et par conséquent de son droit au séjour ; elle produit des conséquences graves et immédiates sur sa situation professionnelle et financière ; elle la place en situation irrégulière sur le territoire français ; elle se trouve dans l’impossibilité de justifier de l’interruption de ses études en France ; la décision contestée annule un acte administratif individuel régulier et créateur de droit ;
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ;
- elle est entachée d’incompétence faute pour la rectrice de justifier de ce que la cheffe du bureau de l’éloignement et du contentieux a bien reçu délégation de signature régulièrement publiée ;
- elle est insuffisamment motivée faute de mention de sa situation scolaire personnelle ;
- elle n’a pas été précédée de l’examen sérieux de son dossier ;
- elle est fondée sur des dispositions inapplicables ; elle justifie remplir l’ensemble des conditions pour son inscription au diplôme ; en exigeant la production d’une attestation de comparabilité, la rectrice a ajouté une condition non prévue par les dispositions en vigueur ;
- la décision procède illégalement au retrait d’un acte individuel créateur de droit ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
- la requête enregistrée sous le n° 2602447 par laquelle Mme B... A... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme Michaud, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Par une décision du 6 mai 2026, la rectrice de l’académie de Clermont-Ferrand a annulé l’inscription de Mme A... à l’examen du diplôme de comptabilité et de gestion pour la session 2026.
Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».
L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
Pour justifier de l’urgence de la situation, Mme A... fait valoir que l’exécution de la décision en litige la prive de son droit de poursuivre ses études et par conséquent de son droit au séjour, produit des conséquences graves et immédiates sur sa situation professionnelle et financière alors qu’elle la place en situation irrégulière sur le territoire français, qu’elle se trouve dans l’impossibilité de justifier de l’interruption de ses études en France. Toutefois, il résulte de l’instruction que la décision contestée a seulement comme effet d’annuler l’inscription de Mme A... au diplôme de comptabilité et gestion pour la session 2026 sans que Mme A... ne justifie que l’absence d’inscription à ce diplôme pour la session 2026 aurait pour effet d’interrompre la poursuite de ses études ou de mettre fin à son droit au séjour en France. En tout état de cause, il résulte des écritures de la requérante elle-même que la décision d’annulation de son inscription en date de 6 mai 2026 concernait la session d’examen 2026 qui s’est tenue fin mai 2026. Dans ces conditions, elle n’apporte pas la démonstration, qui lui incombe, de l’existence d’une situation d’urgence justifiant que la décision soit suspendue à bref délai.
Par suite, il y a lieu de faire application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Clermont-Ferrand, le 1er juillet 2026.
La juge des référés,
H. MICHAUD
La République mande et ordonne à la préfète du Puy-de-Dôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.