Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — Décision N° TA63-2603018

samedi 1 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
SectionTribunal Administratif de Clermont-Ferrand
N° DossierTA63-2603018
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2026, M. C... B..., par le biais de sa fille A... B..., demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard, au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, de lui délivrer un laissez-passer consulaire dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat les entiers dépens.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite, dès lors qu’il est à son domicile à Marrakech et sans aucune prise en charge médicale ; chaque jour passé au Maroc, seul, loin de sa famille et sans suivi adapté constitue une aggravation de son état de santé ;
- la situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d’aller et venir, à son droit de mener une vie familiale normale et au droit au respect de sa dignité humaine ;

Vu l’ensemble des pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Brun, conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.





Considérant ce qui suit :

M. C... B..., ressortissant français âgé de 80 ans, réside au Maroc. Se déclarant dans un état de santé extrêmement grave, il demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative d’enjoindre au Ministère de l’Europe et des affaires étrangères de lui délivrer sous 24 heures un laissez-passer consulaire.

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. »

Aux termes de l’article R. 522-8-1 du code de justice administrative : « Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance ».

Aux termes, d’une part, de l’article R. 312-1 du code de justice administrative : Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée (…) ». Et aux termes du premier alinéa de l’article R. 312-18 de ce même code : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises en matière d'autorisations de voyage et de visas d'entrée sur le territoire de la République française relevant des autorités consulaires ressortissent à la compétence du tribunal administratif de Nantes ».

5. Il résulte des dispositions précitées que les litiges relatifs au rejet d’une demande de laissez-passer en vue de voyager à destination du territoire de la République française relèvent de la compétence territoriale du tribunal administratif de Nantes, alors même que la mesure sollicitée constitue par ailleurs une mesure de police. Par suite, le juge des référés du tribunal administratif de Clermont-Ferrand n’est pas compétent pour se prononcer sur le refus des autorités consulaires de France à Marrakech de délivrer à M. B... un laissez-passer en urgence. Il s’ensuit que la requête de ce dernier doit donc être rejetée comme étant portée devant un tribunal territorialement incompétent, en application des dispositions de l’article R. 522-8-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B....



Fait à Clermont-Ferrand, le 1er août 2026.


Le juge des référés,





J. BRUN


La République mande et ordonne au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.